La filière automobile française s’inquiète d’une possible suppression des CEE

Dans un communiqué publié le 30 septembre 2026, cinq grands représentants du secteur automobile français tirent la sonnette d’alarme face à une éventuelle suppression des Certificats d’économies d’énergie (CEE). Dans le contexte de la crise énergétique actuelle, certains responsables politiques ont évoqué la possibilité de supprimer ce dispositif afin de faire baisser le prix à la pompe, qui atteint des niveaux records. En effet, les CEE sont financés par les fournisseurs d’énergie qui répercutent la facture sur les clients des produits fossiles.
La PFA, Mobilians, l’Avere France, Sesamlld et la Csiam s’élèvent contre cette idée et rappellent l’importance des CEE dans le marché automobile actuel. Depuis juillet 2025, une partie des dispositifs de soutien à l’achat de véhicules électriques et au déploiement des infrastructures de recharge est en effet financée par ce mécanisme, et non par le budget de l’État.
Pour les cinq organisations, les CEE constituent aujourd’hui le principal levier de financement des aides destinées à accompagner la transition vers la mobilité électrique et à soutenir le marché automobile. "Les dispositifs de soutien à l’achat de véhicules électriques sur l’ensemble des segments et au déploiement d'une partie des infrastructures de recharge s’appuient depuis juillet 2025, non sur le budget de l’État, mais sur les Certificats d'économies d'énergie (CEE)", rappellent-elles.
Anticiper au lieu de supprimer brutalement
Dans un contexte déjà difficile pour le secteur automobile européen, la filière estime que ces aides permettent "d’amortir le choc" et de soutenir la demande en faveur des véhicules électrifiés. Elle appelle ainsi à "anticiper toute évolution du dispositif" et à ne pas supprimer les CEE sans avoir préalablement défini de solution alternative.
La filière met également en avant les conséquences potentielles pour les ménages et les professionnels. La disparition du dispositif réduirait, selon elle, leur capacité à accéder à des véhicules moins coûteux à l’usage et à limiter leur exposition aux fluctuations des prix des produits pétroliers.
Les cinq organisations alertent enfin sur les conséquences pour l’industrie automobile française, "alors que le secteur a déjà perdu 50 000 emplois depuis 2020", selon les chiffres cités dans le communiqué. Elles estiment qu’une suppression des CEE risquerait d’aggraver cette situation et de fragiliser les entreprises françaises ayant engagé des investissements importants dans l’électrification.
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