Prime CEE : près de 20 000 voitures d'occasion composent l'offre éligible

Cela n'aura échappé à personne, avec le mois de septembre 2026 est apparue une toute nouvelle aide pour les acheteurs de voitures d'occasion. Le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE), bien connu pour les exemplaires neufs, s'est étendu aux voitures électriques de seconde main sous certaines conditions.
Selon les données compilées par Leparking, la plateforme d'agrégation des annonces, quelque 18 500 voitures électriques d'occasion étaient en vente sur les pages professionnelles des infomédiaires opérant en France.
Des véhicules issus d'un premier tri excluant d'abord les exemplaires accusant plus de 1 800 kg sur la balance et ensuite dont le prix de revente dépasse les 25 000 euros fixés par le ministère des Transports et de la Transition énergétique.
De même, tous les produits listés ne sont pas systématiquement éligibles. En fonction des versions, la masse peut dépasser les 1 800 kg. "Nous ne pouvons pas certifier non plus que la première immatriculation d'un véhicule a été faite en France, ce qui est une condition sine qua non", souligne avec prudence Fabrice Fournier, le fondateur de Leparking.
Sur cette base d'analyse, le modèle le plus présent sur les sites s'avère être la Fiat 500e avec 2 100 exemplaires à revendre. Le podium est complété par la Peugeot 208 (1 740 exemplaires) et la Renault Megane (1 700 exemplaires). La marque au losange place en outre la Twingo (1 500 exemplaires) et la Zoe (1 470 exemplaires) dans la suite directe du classement.
Rappelons que ces derniers mois, il y avait en France entre 55 000 et 63 000 voitures électriques d'occasion en vente tous canaux confondus à chaque instant, selon Leparking.
Autre critère que les annonces ne révèlent pas toujours : l'état de santé de la batterie (SOH). Pour profiter du dispositif CEE, les voitures électriques d'occasion doivent faire l'objet d'un test certifiant que la batterie dispose encore de 80 % de sa capacité initiale, en plus d'avoir une autonomie résiduelle supérieure à 200 km. Ce qui n'apparaît pas forcément dans les annonces, mais qui devrait éliminer, par exemple, une large partie de l'offre de Renault Zoe et des Fiat 500e.
"D'un point de vue statistique, il est encore impossible de faire la distinction", lâche Fabrice Fournier. Sa remarque braque le projecteur sur l'un des gros chantiers initiés par cette aide : les distributeurs ont désormais la tâche d'industrialiser les tests dès la prise de possession d'un VE à revendre.
Les fournisseurs de SOH attendent leur heure
L'annonce faite par le gouvernement au milieu du mois d'août 2026 n'a pas fait bouger les lignes comme les spécialistes des rapports SOH l'espéraient. "La période a été assez calme, il faudra attendre la fin septembre pour voir la situation se décanter", se projetait Pierre-Amans Lapeyre, le fondateur de Bib Batteries.
Un discours qu'on tient à nuancer chez PowerCheck Control (PKC), l'éditeur italien. "Le dispositif a généré plus de demandes, car les professionnels ont conscience de la valeur rassurante, mais nous attendons encore les signatures de contrats", intervient Stéphane Serrano, le commercial de la solution.
Il n'empêche que les éditeurs se réjouissent "d'avoir pour la première fois une obligation légale de SOH". Une mesure appréciée sans détour par Hervé Eloin, le fondateur de My Battery Health : "Globalement, cette idée de prime, aussi modeste soit-elle, est bienvenue. Pour ce qui concerne nos activités de fournisseurs de solutions, nous aurons des retombées à terme".
Pour ces entreprises encore jeunes, l'enjeu consiste surtout à se mettre en conformité avec le mécanisme de certification. En signant le Pacte de confiance avec des constructeurs et des institutions représentatives de la filière, l'État a posé de nouvelles bases, sonnant la fin des disparités dans le monde du SOH et des méthodes de test.
Sur le sujet, Moba avance en confiance. Sa technologie d'extraction des données depuis le système gestionnaire de la batterie se veut conforme au règlement établi. "Nous pourrons prouver la source de l'information, comme le ferait un constructeur. La fiche remise au client détaillera la technologie et le procédé", explique une porte-parole de l'entreprise.
Il faudra attendre janvier 2027 pour évaluer la pertinence de la mesure mise en place par le ministère de Monique Barbut. Dans l'absolu, si elle ne parvient pas à changer les tendances de consommation, elle va mettre un coup de projecteur sur l'offre abondante de voitures électriques d'occasion. Susciter la réflexion chez les consommateurs. Les concessionnaires regrettent simplement le faible montant du soutien à l'achat. Ils avaient d'autres idées. Mais il s'agit là d'une autre histoire.
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