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Constructeurs

Class Action, rappels, provisions... Le point sur la crise des airbags Citroën

Publié le 6 juin 2024

Par Nabil Bourassi
3 min de lecture
La marque aux chevrons avait créé la stupeur en annonçant un rappel géant de 600 000 voitures pour réparer un airbag défectueux. D'après des informations de presse, près de huit millions de véhicules du groupe Stellantis seraient en réalité concernés. Une plainte collective est en cours de préparation.
Citroën airbags défectueux
Citroën doit rappeler près de 600 000 voitures en raison d'un risque d'explosion de ses airbags fabriqués par le japonais Takata. ©AdobeStock-Tricky Shark

Le groupe Stellantis dans la tourmente... L'annonce, le 16 mai dernier, d'un rappel par Citroën de près de 600 000 C3 et DS3 construites entre 2009 et 2019, a créé un vent de panique auprès des clients. Il s'agit d'un défaut sur les airbags fabriqués par le japonais Takata, avec un risque de dangerosité.

 

Ces airbags comportent un gaz appelé propergol qui perd ses propriétés avec le temps, et plus encore en cas de chaleur ou d'humidité. L'airbag peut alors exploser, y compris sans choc du véhicule, et projeter des éclats métalliques.

 

Cent millions de rappels dans le monde

 

Aux États-Unis, ce défaut a déjà coûté la vie à une trentaine de personnes, et les blessés se comptent par centaines. Sous le contrôle des autorités américaines, ce scandale a déjà conduit au rappel de 42 millions de véhicules tous constructeurs confondus (General Motors, Ford...). Une autre source évoque le chiffre de 100 millions de rappels dans le monde.

 

Ce défaut était donc bien connu. L'équipementier japonais Takata a d'ailleurs fait faillite en 2017 face à l'avalanche de procédures de rappel, d'amendes et d'indemnisation. D'autant que l'entreprise avait tenté de dissimuler ce défaut aux autorités.

 

Dans son rappel, Citroën a donc demandé à ses clients de "cesser immédiatement de conduire [leur] véhicule" et de se rapprocher le plus rapidement possible d'un concessionnaire pour procéder à la réparation.

 

Stellantis a provisionné un milliard d'euros

 

Stellantis a hérité de cette situation puisque la fusion des groupes PSA et Fiat Chrysler a inclus des marques américaines (Dodge, Ram, Jeep, Chrysler...), concernées par ces airbags. En 2022, le groupe dirigé par Carlos Tavares avait ainsi dû provisionner environ un milliard d'euros pour ces rappels.

 

Le volet européen qui vient de s'ouvrir avec les véhicules de la marque Citroën pourrait alourdir la facture. D'après Le Parisien, ce serait près de huit millions de véhicules produits par le groupe Stellantis qui seraient concernés par ces airbags défectueux. Le quotidien cite ainsi des Citroën C4, des DS4 et DS5, mais également des véhicules de marque Opel.

 

Class action en cours de constitution

 

Le quotidien indique qu'une action collective serait en cours de préparation auprès de maître Christophe Lèguevaques qui a ouvert une page sur la plateforme MyLeo pour recueillir les réclamations. Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours.

 

A lire aussi : Rappel Citroën : Thierry Koskas promet des améliorations dans la prise en charge

 

Une femme serait ainsi morte à bord de sa C3 en Guadeloupe. D'après l'autopsie "le décès résultait de la projection d’un élément métallique de l’airbag conducteur en direction de la tête de la victime, l’airbag s’étant déclenché sans choc préalable. Le modèle d’airbag défectueux se trouvait être un modèle fabriqué par l’équipementier Takata", écrit le procureur, cité par le journal Libération.

 

Une autre affaire concerne un habitant de Guyane. Les cas se multiplient dans ces régions où le climat se caractérise par de fortes températures et un taux d'humidité élevé, deux facteurs favorisant le risque d'explosion de l'airbag. Mais d'autres affaires sont en cours d'instruction en métropole.

 

Pour Stellantis, la facture sera salée... Outre le coût de réparation des airbags, il devra prendre en charge le coût de mise à disposition de voitures de courtoisie (24 000 véhicules). Mais en cas d'action collective, il devra indemniser les clients. Le cabinet à l'initiative de cette action collective évoque le chiffre de 40 euros par jour d'immobilisation du véhicule.

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