Essai Cupra Raval : chic et chère

Alors que Seat semble être abandonnée par le groupe Volkswagen, l'autre marque espagnole, Cupra, a le vent en poupe. Elle a en effet droit à tous les honneurs en inaugurant avec la Raval la nouvelle plateforme électrique MEB+ du constructeur allemand, et cela quelques mois avant la Volkswagen ID. Polo.
Deux batteries, quatre puissances
La gamme du Cupra Raval repose sur deux capacités de batterie, 37 kWh (LFP) et 52 kWh (NMC), qui assurent, selon l'homologation, 300 km ou jusqu'à 446 km d'autonomie. Ces deux batteries alimentent un bloc électrique délivrant quatre puissances (116 ch, 135 ch, 211 ch et 226 ch), les deux premières étant liées à la petite batterie, tandis que les deux plus puissantes sont "mariées" avec la seconde.
Pour compliquer le tout dans le choix, les puissances de recharge varient selon les batteries et la puissance du moteur : 50 kW pour le bloc 116 ch, 88 kW pour le 135 ch et 105 kW pour les deux autres moteurs. Une importance qui joue sur le temps de recharge puisque le 10 à 80 % varie de 23 minutes à 33 minutes en fonction des versions.
Nous avons pu prendre la version la plus puissante, la VZ. Ce n'est probablement pas celle qui se vendra le plus, mais elle permet de montrer le meilleur de la plateforme. Dans cette version, la citadine est en effet équipée de série de la suspension pilotée et d'un différentiel à glissement limité, une offre assez unique sur son segment. Avec de tels attributs, il aurait été inquiétant d'avoir entre les mains une voiture qui ne distille pas un minimum de plaisir.
Un châssis plaisir
Le châssis se montre en effet parfaitement équilibré et la direction d'une précision redoutable, si ce n'est une démultiplication qui peut, du moins dans certains cas précis, décontenancer le conducteur. L'amortissement piloté, qui devrait être de série sur toutes les voitures électriques pour compenser leur embonpoint naturel, gomme les inexactitudes de la chaussée et assure un bon confort malgré la monte en 19'', monte qui sera inférieure sur les versions les moins puissantes.
On apprécie également une insonorisation maîtrisée, tout comme la consommation. Lors de nos essais sur parcours mixte et montagneux de l'arrière-pays barcelonnais, nous avons enregistré une consommation de 16,6 kWh/100 km, une moyenne qui pourra être optimisée en fonction de la conduite. Néanmoins, pour valider ce premier jugement, il faudra attendre d'avoir entre les mains les versions plus "mainstream".
Des tarifs élevés
À partir de 25 995 euros, la Cupra Raval joue la carte de la citadine chic (un comble pour un modèle dont le nom provient d'un quartier de Barcelone à la réputation sulfureuse) et (très) chère.
Mais les 45 520 euros de notre version VZ placent le curseur encore plus haut. Un tarif qui donne le sentiment que Cupra en fait un peu trop, à contre-courant d’un marché désormais davantage tourné vers des citadines électriques accessibles sous la barre des 20 000 euros. Surtout lorsque la marque propose en parallèle un Tavascan à partir de 44 990 euros ! Dès lors, il est à parier que Cupra sera obligée de revoir sa politique tarifaire dans les mois à venir si elle veut atteindre ses objectifs de 15 000 exemplaires sur une année pleine.
L’avis de Yoann Taitz, expert marché et valeurs résiduelles chez Indicata, département du groupe Autorola
"La Cupra Raval mise sur un design acéré, une présentation intérieure soignée et une habitabilité remarquable pour son gabarit, avec un coffre de 441 l qui surclasse plusieurs concurrentes directes. Son positionnement produit colle à l’image sportive de Cupra, même si l’ergonomie très dépendante de l’écran central pourra gêner à l’usage.
La question clé reste celle du positionnement prix. À partir de 26 000 euros pour la batterie de 37 kWh offrant 300 km d’autonomie, et jusqu’à 43 720 euros pour la 52 kWh annoncée entre 400 et 450 km, la Raval se situe à des niveaux élevés pour des prestations qui, sur le plan énergétique, ne se distinguent pas particulièrement de la concurrence. Dans un marché BEV encore marqué par des prix catalogue trop ambitieux et une forte dépréciation, ce positionnement apparaît risqué.
Sur le marché électrique, les comparaisons se font moins par segment que par rapport prix-autonomie. De ce point de vue, la Raval se retrouve face à des modèles plus accessibles comme la Twingo ou l’ë-C3, mais aussi à des véhicules de segments supérieurs, comme la Tesla Model 3 ou le Renault Scenic, proposés à un prix proche avec une autonomie supérieure. Malgré ses qualités réelles, l’attrait du produit pourrait sans doute ne pas suffire à soutenir durablement les prix en occasion."
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