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Le microcrédit, une alternative au leasing social pour les ménages les plus modestes

Publié le 24 septembre 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
6 min de lecture
Avec plus de 4 000 bénéficiaires depuis 2018, le Club Mobilité défend son modèle de microcrédit accompagné et cherche désormais à gagner en visibilité auprès des ménages les plus fragiles. Le dispositif se présente comme un complément au leasing social.
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80 % des bénéficiaires exercent leur option d’achat pour devenir les propriétaires définitifs de leur véhicule. ©AdobeStock-AntonioDiaz

Tandis que la précarité automobile entrave le retour à l'emploi de millions de Français, le Club Mobilité (alliance entre la Fédération nationale des Caisses d'épargne, l'Adie, le groupe Renault et l'Action Tank) dresse le bilan de son modèle de microcrédit accompagné. Pour rappel, il s'agit d'un petit prêt accordé à une personne ayant difficilement accès aux crédits bancaires classique dans l'objectif e financer un projet précis. 

 

Pour rappel, l’entreprise propose la location avec option d’achat (LOA) de véhicules neufs ou d’occasion, électriques, hybrides ou thermiques Crit’Air 1 aux ménages les plus précaires.

 

Le Club Mobilité a été fondé en 2018 sur la base d’un constat : "80 % des microcrédits étaient destinés à la mobilité. Mais nous étions frustrés car nous financions des véhicules anciens qui polluaient et généraient des frais supplémentaires d'entretien, aggravant la situation financière des ménages", souligne Pierre Macé, directeur général de la Fédération nationale des Caisses d'épargne. Les personnes des déciles 1 à 3 achetaient jusqu'alors des véhicules de plus de 13 à 15 ans, diesel à 68 %, générant 900 euros de surcoût d'entretien par an.

 

Une baisse moyenne de 28 % du budget mobilité

 

Selon une étude interne de l’Adie, le dispositif remporte du succès et 60 % des demandeurs d’emploi accompagnés ont pu retrouver un emploi grâce à lui dans les six mois. D’autre part, 80 % des usagers ont pu accepter une offre d’emploi grâce au microcrédit mobilité et 86 % ont pu se maintenir dans leur poste.

 

Le système proposé par le Club Mobilité a permis également aux bénéficiaires une baisse moyenne de 28 % de leur budget mobilité, ce qui a un impact positif dans leur vie sociale pour 96 % des usagers interrogés.

 

Autre donnée intéressante : 80 % des bénéficiaires exercent leur option d’achat pour devenir les propriétaires définitifs de leur véhicule. Selon les fondateurs du Club Mobilité, les frais de remise en état ou de dépassement kilométrique restent minimes ou inexistants pour la quasi-totalité des clients.

 

D’autre part, ils assurent également que le risque financier est maîtrisé, avec un meilleur taux de remboursement que les bénéficiaires d’un microcrédit classique.

 

 

"Le microcrédit n'est certainement pas une aide ou une subvention, c'est un financement responsable qui doit être remboursé et la grande différence, c'est l'accompagnement. Là où un système informatique automatisé s'arrêterait à un taux d'endettement trop important, nous partons vraiment du projet de la personne", explique Jean-Jacques Carré, président de l'Institut de microcrédit parcours confiance. Pour rappel, le microcrédit repose sur le Fonds de cohésion sociale (FCS), qui représente 15 millions d’euros par an d’argent public, et couvre le risque résiduel des publics exclus du système bancaire.

 

Selon Jacques Berger, directeur général de l'Action Tank, les aides publiques dans ce secteur ne représentent que 7 % des subventions publiques pour permettre 14 % des emplois en France. "En permettant de retrouver un emploi et en réduisant de 28 % le budget mobilité des usagers, nous créons de la richesse et réduisons les dépenses publiques. Ne touchez pas à notre Fonds de cohésion sociale", ajoute-t-il.

 

Un manque de visibilité

 

À première vue, le dispositif du Club Mobilité semble cocher toutes les cases pour adresser un large public. Seul bémol : depuis 2018, seules 4 000 personnes environ ont pu bénéficier de l’accompagnement. Un nombre de bénéficiaires relativement faible par rapport aux 17 millions de Français en situation de précarité mobilité. Naturellement, le Club Mobilité aspire à toucher un plus grand nombre d'automobilistes.

 

Contrairement au leasing social, qui a bénéficié d'une importante couverture médiatique, le Club Mobilité manque de visibilité auprès des publics cibles. "J’aimerais beaucoup qu'il y ait davantage de notoriété autour de cette offre. Ce qui serait pertinent, ce serait la prestation des organismes de métier et qui savent très bien pour quelle personne la détention ou la location d'un véhicule fait la différence", explique Cléa Martinet, directrice développement durable de Renault Group.

 

 

"France Travail, avec la capillarité de son réseau, sa connaissance détaillée du parcours des personnes, semble le mieux placé parce que ce sont ses agents qui ont la meilleure expérience de l'insertion", ajoute-t-elle.

 

Les acteurs appellent donc France Travail, les missions locales, les bailleurs sociaux et les plateformes de mobilité à devenir des prescripteurs systématiques. "Si un demandeur monte un dossier de leasing social et qu'il est refusé, ce qu'il faudrait, c'est une orientation systématique vers les organismes de microcrédit pour qu'on puisse étudier sa situation ensemble", propose Jean-Jacques Carré.

 

Mais la visibilité n’est pas le seul problème du dispositif. En effet, monter un dossier qui combine un contrat de location et un microcrédit accompagné exige un suivi rapproché que des structures locales de petite taille ont parfois du mal à porter sans moyens centralisés.

 

Enfin, à l’approche des élections présidentielles et avec la chasse aux coûts, le Fonds de cohésion sociale, dont dépend le dispositif, se retrouve en voie de disparition. Cela fait peser une incertitude sur la capacité des financeurs à maintenir leur niveau d'engagement auprès des ménages les plus fragiles.

 

Un dispositif complémentaire au leasing social

 

Il serait tentant de comparer le dispositif avec celui du leasing social. Cependant, la philosophie et le public diffèrent profondément. "Pour le leasing social, l'objectif était l'électrification pour tous. Dans l'offre du Club Mobilité, nous avons d'abord mis en avant la solidarité", tient à préciser Cléa Martinet.

 

En effet, de par ses conditions d’accessibilité, le leasing social écarte les plus précaires, notamment ceux qui n’ont pas d’emploi. Selon une étude de l’Adie sur 1 000 personnes, 14 % seulement connaissaient le leasing social, 6 % avaient fait une demande et à peine 1 % y avait accédé, principalement en raison des critères de solvabilité stricts imposés par les captives financières.

 

 

Faute de subventions d'État équivalentes à celles du leasing social, les ménages des déciles 1 et 2 finançant leur véhicule via le microcrédit conservent un reste à charge mensuel (environ 120 euros), parfois supérieur à celui des ménages légèrement plus solvables aidés par l'État.

 

De plus, la prise en compte des modèles thermiques récents dans le dispositif du Club Mobilité permet d’inclure les personnes en zone rurale ou en résidence collective n’ayant pas accès aux bornes de recharge. Il permet aussi le financement du permis de conduire ou de la micromobilité.

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