François Kalfon, député européen, veut interdire l'accès des voitures BYD aux sites militaires

Les véhicules BYD représentent-ils une menace pour la sécurité des installations militaires françaises et européennes ? C'est la question que soulève François Kalfon, député européen du groupe S&D, dans deux démarches engagées simultanément auprès du gouvernement français et de la Commission européenne. Dans un courrier daté du 27 octobre 2026, adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, et une question écrite déposée le lendemain auprès de la Commission européenne, l'élu demande aux autorités de prendre la mesure des risques potentiels liés aux technologies embarquées dans les véhicules du constructeur chinois.
Des véhicules BYD interdits sur plusieurs bases militaires
Au cœur des préoccupations : les caméras, capteurs, systèmes de géolocalisation et dispositifs de communication qui équipent les voitures connectées et pourraient permettre de recueillir des informations sensibles sur les installations militaires, les infrastructures stratégiques ou les déplacements de personnels de la défense. "La France ne peut être attentiste face à cette menace dans le contexte de guerre hybride qu'elle connaît", écrit François Kalfon au Premier ministre.
Pour étayer son alerte, le député européen s'appuie sur les décisions prises par plusieurs pays. Le 26 octobre 2026, l'armée américaine a interdit l'accès de sa base aérienne de Kadena, au Japon, aux véhicules BYD, considérant qu'ils présentaient un risque sécuritaire "inacceptable et impossible à atténuer". Cette décision s'ajoute aux restrictions déjà adoptées dans plusieurs pays. La Pologne interdit depuis février 2026 l'accès des véhicules chinois à ses sites militaires protégés. Le Royaume-Uni a également pris des mesures concernant certaines installations sensibles depuis avril 2025, tandis qu'Israël a interdit les véhicules BYD sur ses bases militaires.
François Kalfon cite également un épisode survenu en Norvège en septembre 2026. Lors d'un exercice militaire, des soldats norvégiens auraient découvert que des véhicules chinois loués pour leurs déplacements avaient filmé leurs trajets ainsi que les codes d'accès de portails sécurisés. Ces exemples illustrent, selon lui, la nécessité de considérer les véhicules connectés comme de potentiels outils de collecte de renseignements. Car en parallèle des informations recueillies à bord du véhicule (enregistrements audio, géolocalisation, caméras intérieures et Lidar…), le député rappelle le cadre juridique chinois, dont l'article 7 de la loi sur le renseignement national de 2017 impose aux organisations et aux citoyens chinois de coopérer avec les services de renseignement de l'État.
Cette disposition nourrit les inquiétudes sur les conditions dans lesquelles les données collectées par les véhicules pourraient être exploitées. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, la preuve que BYD transmet des informations militaires aux autorités chinoises.
François Kalfon demande des restrictions immédiates en France
Dans son courrier à Sébastien Lecornu, le parlementaire estime que la France accuse un retard par rapport à ses alliés. Il rappelle notamment que la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) aurait, selon des informations de presse, alerté le gouvernement dès août 2026 sur les risques associés aux véhicules BYD. Aucune restriction publique comparable à celles prises par certains pays alliés n'a, selon lui, été annoncée depuis.
François Kalfon demande donc au gouvernement de prendre plusieurs mesures. La première consiste à interdire l'accès des véhicules BYD aux sites sensibles, qu'il s'agisse des emprises militaires, des infrastructures stratégiques à double usage, des opérateurs d'importance vitale ou des bâtiments ministériels. Il souhaite également que BYD soit exclu des marchés publics et que cette restriction s'étende aux constructeurs soumis à une obligation légale de coopération avec les services de renseignement d'États tiers.
Bruxelles également appelée à se saisir du dossier
L'initiative ne se limite pas à la France. Dans une question écrite datée du 28 octobre, François Kalfon interpelle directement la Commission européenne sur les mesures qu'elle entend prendre pour protéger les infrastructures stratégiques de l'Union. Il lui demande notamment si elle envisage de saisir l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité (Enisa) afin d'évaluer les risques associés à BYD et, le cas échéant, de classer le constructeur parmi les fournisseurs à haut risque dans le cadre du futur Cybersecurity Act 2.
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