L'automobile se transforme en un "luxe indispensable", selon Aramisauto

"L’automobile devient un luxe indispensable", a martelé Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, lors de la présentation de la 16e édition du baromètre annuel publié avec OpinionWay.
Cette nouvelle étude organisée par le spécialiste du reconditionnement de véhicules d’occasion affiche cette année une césure et un paradoxe, où le coût d’une voiture (de l’achat à l’entretien/réparation) dépasse les moyens de nombreux ménages.
Inédit depuis sa création en 2010, le baromètre a changé d’échelle. Il est passé d’une vision centrée sur la France à une observation européenne. De fait, Aramis et OpinionWay ont interrogé 7 036 personnes dans les sept principaux marchés du Vieux Continent.
Le premier constat est sans appel : pour la majeure partie des Européens interrogés (80 %), la voiture se mue en un bien de luxe, tandis que 88 % assurent être dans l’incapacité de se déplacer à leur guise sans voiture.
De fait, plus de 90 % du panel estiment que le coût des déplacements devient de plus en plus élevé. Parmi les effets impactants évoqués, Aramis constate une forte dépendance au carburant dont le prix demeure élevé (en particulier dans le contexte géopolitique actuel), ainsi qu’un coût d’entretien et de réparation en nette augmentation.
En France, la part des automobilistes estimant que se déplacer en voiture coûte cher s’élève à 98 % (dont 44 % jugent les déplacements en voiture "très chers"). Avec l’Italie, il s’agit de la part la plus élevée d’Europe.
Pour plus d’un Français sur deux (57 %), la voiture représente carrément le poste de dépense le plus important de leur budget. Et cette part varie énormément d’une génération à l’autre, puisqu’elle atteint 78 % des conducteurs de moins de 25 ans, contre seulement 40 % pour les plus de 65 ans.
Un constat qui pousse les Français à limiter leurs déplacements, voire à renoncer à l’utilisation de la voiture. En effet, 76 % des automobilistes interrogés en France ont déjà réduit leurs déplacements jugés non essentiels, 44 % ont déjà renoncé à changer de voiture et 34 % ont déjà décalé un entretien ou une réparation non urgente.
Le choix du pragmatisme
Les participants à l'enquête affirment ne pouvoir consacrer au financement d’une nouvelle voiture, VO ou VN, que 283 euros par mois en moyenne, bien loin des 395 euros par mois lors de l’édition 2024 de l’étude.
Selon l'entreprise, il s’agit là du niveau le plus bas des sept pays étudiés. En effet, le budget alloué en Autriche, par exemple, s’élève à 443 euros par mois, à 387 euros par mois en Allemagne et à 357 euros en Belgique.
D'après Aramisauto, cette enveloppe contrainte trouve en grande partie son explication dans le fait que l’Hexagone compte parmi les pays où l’automobile est la plus taxée en Europe, avec la Belgique.
Exit le choix d’un modèle pour son esthétisme, désormais ce sont la fiabilité et le coût d’usage qui entrent en compte pour les Européens questionnés. "L’achat automobile devient moins statutaire, plus rationnel et plus budgétaire", présente Romain Boscher.
Cela se traduit dans l’étude par 91 % des automobilistes qui citent un critère financier lorsqu’il faut choisir une nouvelle voiture. Pour 81 % des répondants, le prix d’achat arrive en tête, devant la consommation de carburant et la fiabilité, qui représentent 58 %.
D’autre part, 51 % citent le coût de l’entretien. La marque et l’esthétisme se retrouvent quant à eux cités respectivement par 44 % et 29 % des Français.
En faveur de l'électrique, mais pas n’importe comment
Autre constat, l’étude révèle que les Européens n’ont rien contre l’électrification. Toutefois, ils remettent en cause les conditions d’accès. En France, 61 % du panel envisagent un véhicule électrique ou hybride s’ils devaient acheter un véhicule. En élargissant le scope, 61 % des Européens et 56 % des Français jugent de manière positive le renoncement à l’interdiction de la vente des véhicules thermiques à partir de 2035.
"Ce résultat traduit moins un rejet de l’électrification qu’une prudence face à une transition perçue comme difficile à financer, à comprendre ou à adapter aux usages réels" présente Aramisauto dans l'étude.
Notons que les intentions d’achat de modèles électriques sont les plus élevées en Espagne (70 %), tandis que le Royaume-Uni est le plus réfractaire à une interdiction des moteurs thermiques. Point intéressant à relever, les véhicules à batterie d’occasion ont bondi de 195 % dans les ventes d’Aramisauto.
Ces modèles électriques d’occasion ont ainsi vu leur part passer de 3,9 % en 2023 à 11,5 % en 2026. En lien avec cette croissance et afin de rassurer de potentiels clients, Aramis affiche désormais le State of health (SOH), autrement dit l’état de santé de la batterie.
Aramisauto met en avant l’occasion reconditionnée
Face aux conditions d’accessibilité aux véhicules neufs, Aramisauto prêche pour sa paroisse en mettant en avant l’occasion reconditionnée (service proposé par l’entreprise). Comme le précise l’entité d’Aramis Group, l’occasion classique a encore le vent en poupe avec 73 % des Français envisageant un VO comme prochain achat.
Un chiffre élevé, mais dont la tendance est à la baisse, puisqu’il représentait en septembre 2025 près de 80 % des Français interrogés. Pour Aramisauto, il s’agit d’un "signe que le véhicule d’occasion classique montre ses limites".
Ainsi, le véhicule d’occasion reconditionné est présenté par l’entreprise comme "une réponse aux attentes actuelles". Dans l’Hexagone, 73 % des automobilistes ont déjà entendu parler du reconditionnement contre 63 % en 2022. Un taux à relativiser puisque 43 % du panel ne savent pas précisément de quoi il s’agit.
"L’enjeu n’est donc plus seulement de faire émerger le terme «reconditionné», mais d’expliquer concrètement ce qu’il apporte : inspection, contrôle, remise en état, transparence, garantie et réduction du risque", précise Aramisauto.
"On nous demande souvent quelles sont les garanties sur ces véhicules. Dans les deux centres de reconditionnement du groupe, nous réalisons plus de 200 points de contrôle sur les modèles que nous remettons en état. Ils sont garantis panne mécanique pendant un an et sans frais d’entretien. Forcément, nos clients associent ces garanties à l’idée d’avoir un produit moins cher qu’une occasion traditionnelle", explique Romain Boscher.
Ainsi, selon l’étude, 86 % des Français qui connaissent le reconditionné le considèrent comme moins cher qu’un véhicule neuf et 72 % estiment qu’il offre des garanties plus fiables que l’occasion traditionnelle. Enfin, 77 % des Français espèrent un soutien de l’État sur ces véhicules, d’après les résultats du baromètre.
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