BYD s'active sur la conduite autonome en Europe pour 2027

Une Denza Z9 GT qui roule en toute autonomie dans les rues de Paris, cela se produit pour ainsi dire tous les jours. Mais dans le secret de la R&D de BYD. Le constructeur automobile chinois révèle avoir détaché une équipe d'ingénieurs pour mettre au point un système de conduite autonome de niveau 2, destiné au marché européen.
La feuille de route de BYD projette une commercialisation de l'option "à compter de 2027". Il ne s'agit plus pour le grand rival de Tesla de développer la batterie d'équipements, dont la Denza est déjà dotée de série depuis son lancement. Les travaux consistent à peaufiner le logiciel de supervision qui interprète les données remontées par les 27 caméras et radars ainsi que le Lidar.
Acculturation aux routes locales
À ce jour plus de 10 000 km cumulés ont été parcourus dans la capitale. Ce qui a généré une masse d'informations agrégées pour permettre au système, conçu en intégralité par BYD, de comprendre les spécificités des routes hexagonales. Une acculturation au code de la route, à la signalisation locale et aux habitudes de conduite qui prend du temps.
En Europe, le constructeur joue sur un terrain bien différent. Il est habitué, depuis des années, en Chine, à faire évoluer ses véhicules dans un environnement où la connectivité avec le mobilier urbain contribue à la pleine automatisation de la conduite. Sur nos routes, la voiture doit tout "voir" d'elle-même.
"Dans ce genre de projet, le 0 à 70 % est assez facile. Ce sont les étapes suivantes qui se révèlent d'une grande complexité", confie un ingénieur missionné pendant la démonstration des avancées de BYD. Et de poursuivre : "Nous continuons d'observer des situations dans lesquelles l'ordinateur commet des erreurs d'interprétation et nous lui inculquons les bonnes pratiques".
Difficile maîtrise des piétons
Nous avons pu le constater lors d'un parcours établi dans le XVIe arrondissement de Paris. Si le chauffeur n'a pas eu à toucher les pédales ou reprendre le volant pour passer l'iconique rond-point de la place de l'Arc de Triomphe, preuve d'une maîtrise assez avancée, la suite du trajet a révélé des axes de progression.
À titre d'exemple, alors que le feu de signalisation était au vert, le système s'est arrêté pour laisser passer les piétons en attente sur le trottoir, puis la voiture a tenté de reprendre sa course au feu rouge. À l'inverse, des piétons engagés de leur bon droit sur le passage clouté ont eu la trajectoire coupée par la Denza.

La Denza Z9GT dispose déjà du bagage technologique pour la conduite autonome. ©JA
Dans un autre registre, l'accès aux éléments de cartographie de Google Maps n'est pas exploité pour anticiper le danger des priorités à droite, dans des carrefours à la visibilité réduite. Certains de nos confrères d'autres médias ont partagé des cas de figure appelant aussi à des améliorations qui ne tarderont pas.
Impérieux besoin de communication
Le fait est que BYD joue la transparence sur l'état de ses travaux de R&D. Les ingénieurs font preuve d'une grande humilité face à une tâche rendue complexe par la nature des villes européennes. Des équipes entraînent la machine dans d'autres pays, là encore pour accoutumer le système chinois aux diverses spécificités et signalisations.
Il fallait cependant que le constructeur chinois communique sur ses plans d'automatisation de la conduite, car les pays de l'UE font tour à tour évoluer leur perception de la technologie. Le choix de Paris n'est pas anodin. D'après certaines sources proches du dossier, il se murmure que le gouvernement pourrait prochainement faire des annonces en faveur de la voiture autonome grand public.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
