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Constructeurs

Audi à l'heure américaine

Publié le 26 octobre 2026

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Par Christophe Jaussaud
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3 min de lecture
Ce qui aurait dû rester une simple annonce économique, Audi veut implanter une usine aux États-Unis, tourne à l'affrontement politique. En effet, Gernot Döllner, le patron de la marque, est apparu sur scène lors d'un meeting de campagne de Donald Trump, provoquant une vive polémique en Allemagne. Au point de compromettre cet investissement ?
Audi usine États-Unis
Audi souhaite investir 4,2 milliards de dollars aux États-Unis pour construire une usine. ©Audi

Le problème ne semble pas être l'usine mais bien la manière dont l'annonce de cette implantation a été faite. En effet, la présence de Gernot Döllner, le patron d'Audi, lors d'un meeting de campagne de Donald Trump, a mis le feu aux poudres en Allemagne.

 

Avant de revenir sur l'aspect politique, la décision d'Audi apparaît totalement justifiée. Alors que le marché européen est attaqué par les marques chinoises et que, dans le même temps, le marché chinois plonge, les Amériques prennent un tout autre relief et notamment les États-Unis. Et Audi en veut sa part.

 

"Nous avons des ambitions bien plus grandes pour Audi en Amérique", a indiqué Gernot Döllner, le patron d'Audi. "Les États-Unis sont l'un des marchés premium les plus importants au monde et nous n'y avons pas encore pleinement exploité notre potentiel."

 

Un investissement de 4,2 milliards de dollars

 

Pour cela, la marque allemande vient de corriger ce qui reste une anomalie. En effet, elle a annoncé l'implantation d'une usine de production dans l'État de Géorgie. Le site devrait produire sans doute des Q7 et Q9 au début de la décennie 2030 et les travaux devraient débuter en 2027.

 

Audi pourra ainsi compter sur sa propre usine aux États-Unis, comme Mercedes-Benz ou BMW. Le constructeur d'Ingolstadt disposait déjà d'une usine au Mexique, à San José Chiapa, dans l'État de Puebla, où est produit le Q5. La marque cousine de Volkswagen dispose, elle, d'un site à Chattanooga, dans le Tennessee, mais principalement dédié aux modèles frappés du VW.

 

La nouvelle usine Audi va nécessiter, selon le constructeur, un investissement de 4,2 milliards de dollars et entraînera la création de 4 500 emplois. Elle va être dimensionnée pour pouvoir produire jusqu'à 200 000 unités par an.

 

Gernot Döllner dans la tourmente

 

Si l'annonce de cette nouvelle usine n'interroge personne, la présence de Gernot Döllner à un meeting de campagne de Donald Trump fait largement réagir.

 

"La manière dont Gernot Döllner", le patron d'Audi, "s'est présenté, ainsi qu'Audi, aux États-Unis est extrêmement embarrassante, politiquement inacceptable", a déclaré la présidente du puissant syndicat IG Metall, Christiane Benner.

 

La présidente du comité d'entreprise du groupe Volkswagen, Daniela Cavallo : "Le directoire du groupe s'est laissé transformer en marionnette d'un spectacle de propagande au service d'une figure politique hautement contestable, qui va à l'encontre de pratiquement toutes les valeurs de notre entreprise".

 

"Le patron d'Audi a franchi une ligne rouge", a commenté de son côté le quotidien économique Handelsblatt.

 

Une décision pas encore validée par le conseil de surveillance du groupe VW

 

Transformer une décision d'investissement en argument de campagne pour Trump, un homme politique qui "nuit massivement à l'industrie allemande, y compris à l'industrie automobile", est "troublant et pitoyable", a jugé Dennis Radtke, responsable de l'aile sociale de la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz.

 

La décision finale concernant une nouvelle usine aux États-Unis restera soumise à l'approbation du conseil de surveillance de Volkswagen, la maison mère, insistent Daniela Cavallo et Christiane Benner. Elles sont rejointes par Olaf Lies, président social-démocrate (SPD) de la Basse-Saxe, grand actionnaire du groupe qui a aussi son mot à dire.

 

Une production locale d'Audi aux États-Unis peut faire sens "au plan économique", compte tenu notamment des droits de douane élevés imposés par Donald Trump, a reconnu Daniela Cavallo. Mais "sans vision globale du cycle de planification et de ses conséquences pour l'ensemble des sites, nous ne donnerons pas notre feu vert", a-t-elle prévenu. (avec AFP)

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