Jean-Fabien Defaut, Oze.Green : "Nous avons traversé la vallée de la mort"

Le Journal de l'Automobile : Avec l'EV Score, votre société Oze Green est pour ainsi dire partie prenante du marché des voitures électriques d'occasion. Quel regard portez-vous sur les dernières semaines écoulées ?
Jean-Fabien Defaut : Le moment est forcément palpitant. Après avoir prêché dans le vide pendant longtemps, il y a cette forte accélération de l'achat de voitures d'occasion dotées de motorisations électriques. Nous voyons des conducteurs de PHEV sauter le pas du 100 % électrique. Ce que j'interprète comme le témoignage d'une confiance dans la technologie et la possibilité de faire une transition. Il y a également une volonté de s'affranchir définitivement du prix du baril, bien entendu.
J.A. : Comment cela se traduit-il dans les concessions, de votre point de vue ?
J.-F. D. : Les concessionnaires ont passé un cap dans leur communication. Avant, ils éditaient des fiches basiques et ajoutaient de manière aléatoire le rapport d'état de santé de la batterie (SOH). Aujourd'hui, nous assistons à une standardisation de l'information. Celui qui ne l'a pas se met désormais hors-jeu d'une certaine manière, car sans le SOH dans l'annonce, il obtient bien moins d'appels pour sa voiture d'occasion.
J.A. : Les vendeurs commencent donc à s'approprier les nouveaux outils…
J.-F. D. : Il y a toujours trois types de profils. Ceux qui n'ont pas changé leurs pratiques, ceux qui ont compris le procédé du SOH et ceux, plus rares, qui ont une vision plus pointue. Ces derniers ne se limitent plus aux informations des constructeurs et veulent leurs propres solutions dans l'optique de faire du rapport un levier marketing. Comme le mur des buy back électriques se rapproche, il est urgent de se professionnaliser.
L'erreur de départ pour notre outil EV Score a été de vouloir enjamber le SOH
J.A. : Qu'en a-t-il été plus précisément pour votre société ?
J.-F. D. : Nous avons traversé la vallée de la mort. Il s'en est fallu de peu pour qu'on arrête. Mais en fait, il nous manquait des briques technologiques. La solution à notre principale problématique est venue d'un rapprochement avec My Battery Health, jsutement un spécialiste du certificat d'état de santé de la batterie.
J.A. : Qu'avez-vous accompli ensemble ?
J.-F. D. : L'erreur de départ pour notre outil EV Score a été de vouloir enjamber le SOH. Grâce à l'accord technique avec My Battery Health, nous avons pu combiner nos compétences et délivrer un service à valeur ajoutée. Notre savoir-faire marketing est additionnel, telle une couche intelligente au-dessus du rapport. Étant donné que les marques n'ont pas les outils PLV pour mettre en avant la santé des batteries, EV Score trouve tout son intérêt chez les concessionnaires.
J.A. : Quelle suite reste-t-il à écrire ?
J.-F. D. : Déjà, nous sommes ouverts au dialogue avec tous les éditeurs. Nous rencontrons plus ou moins de succès en fonction de leur stratégie respective et de leur niveau de maturité. D'un point de vue produit, nous voudrions concevoir un système qui sort le distributeur de la boucle pour garantir plus d'objectivité et crédibiliser justement les points de vente de voitures électriques d'occasion. En ce qui nous concerne, deux des quatre associés ont décidé de quitter l'aventure et nous avons pris le parti de travailler davantage sur le produit EV Score que sur l'entreprise Oze Green.
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