Autodeclic joue sa croissance dans l'ancien QG de Qarson

Le foncier constitue la prochaine brique du plan de développement d'Autodeclic. La centrale d'achat réservée aux professionnels des voitures d'occasion vient donc de réaliser un investissement dans la pierre. Lors d'un entretien accordé au Journal de l'automobile, le fondateur et dirigeant Hervé Caillaud a révélé avoir fait l'acquisition d'un terrain de 11 000 m2, en Île-de-France.
Plus précisément, Autodeclic s'est porté comme repreneur, auprès du tribunal de commerce de Meaux (77), des anciennes infrastructures de Qarson à Isles-lès-Villenoy (77). Autrement dit, il s'agit de l'ancien siège de l'entreprise spécialisée dans la revente de voitures d'occasion à particulier, dont la liquidation judiciaire avait été prononcée en août 2025.
Hervé Caillaud disposera alors d'un bâtiment et d'un parc de stockage de près de 400 places, soit approximativement le volume mensuel de transactions de la centrale d'achat originaire de Fréjus (83). "Nous conservons le bâti où nous réalisons quelques travaux d'aménagement et allons ajouter des compétences", synthétise le dirigeant. Ce qui signifie que des mécaniciens et des carrossiers seront recrutés pour "faire de cette installation un lieu de reconditionnement, de révision et de stockage des véhicules qui sont proposés à nos clients professionnels".
Les murs abriteront aussi un studio photo. Hervé Caillaud étudie plusieurs solutions et, à quelques semaines de la fin du chantier, celle de Carlab tient la corde. "Il faudrait aussi ajouter de l'IA pour faire de la personnalisation de photo. Notre ambition est de vendre une prestation complète de prêt-à-partir", décrypte le fondateur d'Autodeclic qui entend démarrer l'activité à l'automne.
Structuration de l'écosystème pour monter en compétences
D'ici là, à la fin du mois d'août 2026, il bouclera son année fiscale décalée. Un exercice qui devrait déboucher sur un bilan de 4 000 facturations pour un chiffre d'affaires de 85 millions d'euros. "Avec le nouveau site logistique, il est question d'accentuer la courbe de croissance pour atteindre 100 millions d'euros de chiffre d'affaires grâce aux voitures d'occasion et aux services associés", intervient le fondateur.
Les leasers ont des plateformes digitales qui s'avèrent chronophages pour des résultats incertains
Derrière tout cela, il faut surtout y voir une quête de professionnalisation et un effort de structuration d'écosystème. Hervé Caillaud conditionne la pérennité de son entreprise à ces enjeux, lui qui voit tant de "modestes acteurs" disparaître, balayés par la réalité des nouvelles conditions de marché. "Les petits n'ont plus de place. Le service et la solvabilité sont les maîtres-mots dans notre métier désormais", juge-t-il, se souvenant que la rubrique faits divers a été riche d'histoires dans lesquelles des intermédiaires "fragiles" ont disparu, laissant des groupes avec une ardoise conséquente.
En tant que négociant, Autodeclic se fournit à 80 % dans la zone européenne pour 20 % en local. "La France n'est pas la source la plus intéressante. Les leasers ont des plateformes digitales qui s'avèrent chronophages pour des résultats incertains. Nous préférerons les accords directs et privilégiés", analyse Hervé Caillaud, qui ne cache pas son inquiétude vis-à-vis de l'impact des plateformes de remarketing sur son métier.
Quand il s'agit de vendre, la balance s'équilibre en revanche. L'équipe de Fréjus traite autant auprès des distributeurs tricolores qu'étrangers avec un objectif de rotation de huit jours. Les habitués reviennent pour la diversité de marques et de modèles souvent proposés en finition haute. Les offres de Toyota d'occasion sont ainsi de plus en plus côtoyées par celles des BYD et autres Jaecoo/Omoda, dont des listes d'exemplaires en 0 km circulent déjà.
Le financement et la tentation du BtoC
Le dirigeant réfléchit alors à la suite. Il aimerait trouver un moyen de proposer non seulement des solutions de financement mais également des valeurs de rachat. Une relation nouvelle s'instaurerait avec les distributeurs, chez qui les modèles économiques doivent forcément intégrer des formules locatives à leur panel tout en évitant les prises de risques financières. Le doux rêve d'Autodeclic – dans lequel le centre de reconditionnement jouera un rôle majeur – n'est pas sans rappeler l'initiative de Starterre et semble confirmer l'émergence d'une tendance.
Une autre voie se dessine. Celle d'une activité de commerce de voitures d'occasion auprès des particuliers. Comme Hervé Caillaud ne veut pas entrer en compétition avec ses clients historiques, qu'il pratique depuis plus de vingt ans, le dirigeant va marcher sur des œufs. "Nous souhaitons éditer un logiciel qui nous garantira de ne pas manger dans les deux gamelles, dévoile-t-il. Le concept sera celui d'un broker BtoC, avec des offres bien distinctes entre les canaux".
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
