Renault et Thales s'allient pour produire un drone militaire dès 2027

Face à une montée en cadence du réarmement des pays européens, Renault et Thales s’unissent pour développer et produire Toutatis. Il s’agit là d’une munition téléopérée (MTO) à courte portée destinée aux conflits de haute intensité, selon les deux groupes. Une annonce qui fait suite à la présentation, lors du salon dédié à la défense Eurosatory le 15 juin 2026 par les mêmes industriels, du véhicule tactique basé sur le Renault Rafale baptisé 4 Troop.

Patrice Caine, PDG de Thales et François Provost, directeur général du groupe Renault réunis pour la présentation du drone Toutatis au salon Eurosatory. ©Renault Group x Thales
"Ce partenariat permet d'unir les forces de deux champions français au service d'une filière drone souveraine. Renault Group apporte au projet son expertise industrielle et les meilleurs standards de l'industrie automobile pour concevoir, industrialiser et produire à grande échelle, dans des délais raccourcis et à coûts réduits", assure François Provost, directeur général de Renault Group, dans un communiqué.
Une capacité de production de 1 000 unités par an dès 2027
Les deux entreprises ont donc signé un accord de partenariat stratégique dans l’objectif de démarrer la production du drone à partir de 2027. Les partenaires prévoient une capacité de 1 000 unités par mois dès la première année.
Baptisée du nom du dieu guerrier celte, cette MTO est conçue pour être polyvalente et mise en œuvre par "un soldat débarqué". Elle peut également être déployée via différentes plateformes comme un véhicule de combat, un avion ou encore un navire militaire.
Le drone a l’avantage d’être résistant au brouillage électromagnétique. Il est par ailleurs équipé d’une tête militaire interchangeable en fonction des missions et s’adapte aux potentielles évolutions des besoins opérationnels, selon le communiqué. Le Toutatis a été élaboré pour détruire des cibles comme des véhicules de combat "tout en maintenant l’homme dans la boucle de décision", précisent Renault et Thales.
Renault s’investit dans la défense
Ce nouveau partenariat illustre l’investissement de Renault dans le domaine de la défense. Rappelons que la marque au losange avait également fait savoir, dès janvier 2026, qu’elle souhaitait travailler à la mise en place d’une filière française de fabrication de drones via une collaboration avec la société spécialisée dans l’armement Turgis Gaillard.
En février 2026, Renault a ainsi annoncé qu’il était capable d’installer en moins d’un an, une production de 600 drones par mois sur son site du Mans (72). Un projet réalisé sous l’œil de la Direction générale de l’armement (DGA) après que le constructeur a été sollicité par le ministère français des Armées en septembre 2026 pour participer aux projets de défense, en particulier sur la question des drones.
Les constructeurs allemands s’organisent également
Renault n’est pas le seul groupe automobile à s’investir dans le domaine. En France, Valeo affirme réfléchir à travailler également sur la question des drones tandis qu’outre-Rhin, les constructeurs s’organisent.
En effet, Porsche a investi 100 millions d’euros dans un fonds dédié à la défense, tandis que Volkswagen a engagé des pourparlers avec la société israélienne antimissile Rafael Advanced Defense Systems pour convertir son usine d’Osnabrück, en Allemagne, à la production d’équipements de transport militaire.
En parallèle, Mercedes-Benz s’est allié à Tytan Technologies, spécialisée dans la défense antidrone basée sur des véhicules. La marque à l’étoile a notamment assuré dans son communiqué que les systèmes qu’elle développait avec l’entreprise munichoise seraient montés sur des Classe G et sur le fourgon Sprinter.
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