Au premier semestre 2026, Renault retrouve des couleurs

Bonne nouvelle chez Renault. Le constructeur automobile affiche des résultats semestriels supérieurs aux attentes. Le groupe a en effet réalisé un chiffre d'affaires de 30,3 milliards d'euros, en hausse de 9,5 %, dont 26,8 milliards pour l'activité automobile et 3,4 milliards pour Mobilize Financial Services.
Malgré des immatriculations quasiment stables (-0,4 %), Renault est parvenu à faire progresser son chiffre d'affaires grâce à plusieurs leviers. Le plus important est celui des ventes aux partenaires, qui contribuent à hauteur de +5,9 points à la croissance du chiffre d'affaires. Derrière ce chiffre figurent notamment les productions réalisées pour Nissan et Mitsubishi, mais aussi l'intégration de Renault Nissan Automotive India et la montée en puissance du partenariat avec Geely au Brésil.
"Nous visons de l'ordre de 300 000 voitures par an vendues à des partenaires. C'est plus important qu'avant mais cela restera marginal", a précisé François Provost, directeur général du groupe Renault, qui a été nommé à ce poste il y a un an.
Autre facteur de croissance, le mix produit. Ce dernier apporte 3,2 points supplémentaires. Le succès des véhicules électriques (même si la rentabilité de ce type de motorisation est encore inférieure à celle du thermique pour le constructeur), le déploiement de Clio VI au prix moyen supérieur à celui de sa devancière, ainsi que les bonnes performances de Master, numéro un des ventes en Europe sur son segment, améliorent la valeur des ventes, quand bien même la pression tarifaire reste forte en Europe.
L'électrification change la donne
Le groupe poursuit d'ailleurs sa montée en puissance dans l'électrique. Les ventes de véhicules 100 % électriques progressent de 47,6 % et représentent désormais 18,8 % des volumes mondiaux. En Europe, les véhicules électrifiés atteignent 52 % des ventes, contre 43,8 % un an plus tôt. Les hybrides représentent désormais un tiers des immatriculations du groupe.
Commercialement, Renault conserve une position solide sur son marché principal. La marque Renault reste n°2 en Europe sur le marché VP-VUL, mais aussi sur les véhicules électriques auprès des particuliers et sur l'hybride. Dacia demeure dans le top 10 européen et Sandero reste la voiture la plus vendue tous canaux confondus. Quant à Alpine, ses ventes bondissent de 69,1 %.
A l'international, le groupe a également de quoi avoir le sourire. Ses ventes ont progressé de 61,2 % en Inde, marché stratégique pour la marque, de 15,4 % en Turquie, de 13,7 % au Maroc et, dans une moindre mesure, de 5,3 % au Brésil. A note que la Turquie et le Brésil sont, derrière la France, respectivement le deuxième et troisième marché pour le constructeur.
Autres sources de satisfecit : le carnet de commandes et les stocks. "Nous disposons d'un solide carnet de commandes à 2,1 mois de ventes prévisionnelles et d'un stock de 546 000 à fin juin 2026, un niveau qui permettra au groupe de gérer les opérations de manière fluide au second semestre", a indiqué le constructeur.
Une rentabilité sous pression mais des fondamentaux solides
Si le chiffre d'affaires progresse fortement, la rentabilité reste sous pression. La marge opérationnelle recule de 6 % à 5,2 % du chiffre d'affaires (1,57 milliard d'euros). Les principales raisons sont des coûts réglementaires plus élevés, une concurrence qui oblige à maintenir une forte pression sur les prix en Europe et une part croissante de véhicules électriques, dont la rentabilité demeure inférieure à celle des modèles thermiques.
Renault peut alors remercier Mobilize Financial Services. Avec 753 millions d'euros de marge opérationnelle, la financière contribue désormais à près de la moitié de la rentabilité du groupe.
En parallèle, Renault poursuit son plan d'économies. Les efforts réalisés sur les achats et les coûts de garantie ont permis de dégager 184 millions d'euros de gains au premier semestre.
Renault renoue par ailleurs avec les bénéfices. Le résultat net atteint 705 millions d'euros, contre une perte de plus de 11 milliards un an plus tôt, essentiellement liée à la dépréciation de la participation dans Nissan. Corrigé de cet effet exceptionnel, le bénéfice progresse de 461 à 705 millions d'euros. Le free cash-flow de l'activité automobile atteint 653 millions d'euros, tandis que la trésorerie nette de l'activité automobile reste élevée à 6,6 milliards d'euros.
Un plan futuREady en marche
Pour François Provost, ces résultats valident le plan futuREady, qui vise à développer un véhicule en moins de deux ans grâce à une nouvelle organisation de l'ingénierie et à une réduction continue des coûts. Le second semestre sera marqué par les lancements du pick up Renault Niagara sur les marchés sud-américain, du restylage de la Mégane E-Tech, de la Dacia Striker, de la Sandero HEV, de la nouvelle Spring ainsi que par le démarrage de la production du Trafic Van E-Tech, présenté comme le premier Software Defined Vehicle européen. "Il sera dans le monde de l'utilitaire ce qu'est aujourd'hui la Renault 5", a souligné François Provost.
Interrogé sur la concurrence chinoise, le dirigeant a également réaffirmé que Renault n'avait "pas de projet en cours avec des Chinois en Europe", estimant que le groupe ne souffrait pas de surcapacités industrielles. Il a enfin plaidé pour un gel de la réglementation automobile européenne pendant dix ans afin de permettre aux constructeurs de concentrer leurs efforts sur la baisse des coûts et des prix.
Dans un tel contexte, le groupe Renault confirme ses perspectives financières pour 2026 qui s'appuie sur une marge opérationnelle d'environ de 5,5 % du chiffre d'affaires du groupe et un flux de trésorerie disponible (free cash flow) d'un milliard d'euros.
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