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Constructeurs

Plan de départs, baisse des coûts… l’usine historique de Dacia sous pression

Publié le 26 octobre 2026

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Par Grégory Pelletier
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3 min de lecture
Baisse des commandes de Duster et Bigster, recul de la production et départs volontaires : l’usine Dacia de Mioveni traverse une période délicate. Renault réclame une réduction des coûts de production de 20 à 30 % alors que le site roumain doit défendre sa place dans les futures allocations industrielles du groupe.
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L’usine de Mioveni (Roumanie) doit travailler sa compétitivité d’ici à 2030. Cela commence par la réduction du coût de l’énergie avec l’installation d’une centrale photovoltaïque. ©Dacia

Les 9 et 12 octobre 2026, l’usine de Mioveni a dû suspendre temporairement sa production en raison d’une baisse des commandes des Dacia Duster et Bigster. Selon les représentants syndicaux, le rythme de production est passé d'environ 1 160 voitures par jour en juillet à environ 1 060 voitures par jour au mois d’octobre. C’est une réalité, les deux SUV roumains sont en deçà de leurs objectifs selon une source interne notamment à cause de la vive concurrence des SUV chinois. Au cours des neuf premiers mois de 2026, l’usine de Mioveni a produit 182 558 véhicules, soit une baisse de 14,9 % par rapport à la même période en 2025.

 

Un plan de départs express

 

"Les effectifs ont été ajustés de deux équipes et demie à deux équipes et quart, ce qui a engendré un excédent de personnel. Une réduction qui s’explique par le renforcement de la robotisation et de l'automatisation, notamment au sein du département Carrosserie", selon Viorel Ungureanu, responsable syndical du SAD à Mioveni. En parallèle, Dacia a annoncé le 5 octobre 2026 un plan de départs volontaires "afin de maintenir sa compétitivité et d’adapter son activité à la nouvelle stratégie FutuREady". Ce plan concerne toutes les activités (industrielles, commerciales et R&D) de Renault Group en Roumanie. Les salariés volontaires toucheront de 8 500 euros (2 ans d’ancienneté) à 39 400 euros (plus de 16 ans) et quitteront l’entreprise le 1er novembre 2026.

 

 

Réduire les coûts de 20 à 30 %

 

Dans une interview du 12 octobre 2026 à nos confrères de Profit.ro, le CEO du groupe Renault justifie ces mesures : "Mon rôle est aussi d'alerter et de faire face à la réalité. Aujourd'hui, nos activités en Roumanie ne sont plus compétitives et les statistiques sont très préoccupantes". Quelles sont les solutions avancées ? "La direction, d’une part, et le syndicat, d’autre part, doivent établir un accord de travail à long terme afin de réduire rapidement le coût de production de la voiture d’au moins 20 %, idéalement de 30 %", a souligné François Provost. "La situation est extrêmement urgente. L’équipe interne souhaite que Mioveni survive. Nous voulons que Mioveni ait un avenir prometteur. C’est également vrai pour nos équipes de R&D. Elles doivent démontrer qu’elles sont aussi performantes que la Chine, voire l’Inde, en développant des solutions en deux ans et en faisant preuve d’une grande proactivité".

 

Pression sur le gouvernement

 

Le Premier ministre roumain Luca Niculescu prépare des mesures de soutien à l’industrie automobile locale. Dans un document officiel intitulé "Situation de l’usine Dacia de Mioveni", le ministère de l’Économie reconnaît que la Roumanie a perdu des avantages concurrentiels par rapport à des pays comme le Maroc, la Turquie, l’Espagne et la Slovénie. Parmi les principaux problèmes identifiés figurent le prix élevé de l’énergie (deux fois supérieur à celui du Maroc), le coût des salaires et la fiscalité.

 

L'enjeu est de taille pour Mioveni qui se trouve en concurrence avec d'autres usines Renault pour l'obtention de la production de nouveaux modèles. Principalement la future génération des Duster et Bigster à partir de 2032. Mihai Bordeanu, patron de Dacia en Roumanie, estime que "toutes les options sont sur la table". Il se gardera de toute décision hâtive à l’heure où le Maroc et la Turquie (deux pays qui produisent aussi des Dacia) n’entrent pas dans le cadre de l’accord franco-allemand sur l’industrie automobile européenne. Le vote final par l’Europe des 27 conditionnera en partie l’attractivité de l’usine de Mioveni.

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