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Constructeurs

Renault veut céder Viry-Châtillon au groupe Dumarey, après une reconversion inaboutie

Publié le 22 octobre 2026

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Par Catherine Leroy
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4 min de lecture
Deux ans après avoir décidé l’arrêt de ses moteurs de Formule 1, Renault prévoit de céder Alpine Racing SAS au groupe belge Dumarey. Le projet porte sur la reprise de l’ensemble des salariés encore présents à Viry-Châtillon. Une nouvelle promesse de pérennisation, alors que le repreneur a annoncé la fermeture de deux usines françaises cette année.
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Deux ans après avoir décidé l’arrêt de ses moteurs de Formule 1, Renault prévoit de céder Alpine Racing SAS au groupe belge Dumarey. ©Alpine

L'avenir du site de Viry-Chatillon se fera sans le groupe Renault. Après quelques mois d'errance sur la stratégie, le constructeur français annonce la signature d'un accord de cession avec le groupe belge Dumarey. Présenté aux représentants du personnel lors d’un CSE extraordinaire, le 22 octobre 2026, le projet comprend la reprise de l’ensemble des effectifs de cette société, ainsi que des actifs matériels et immatériels nécessaires à son exploitation.

 

Pour Renault, cette cession constituerait l’issue d’une reconversion qui n’a pas tenu ses promesses. Pour les quelque 150 salariés encore présents, elle ouvre une nouvelle période d’incertitude, malgré l’engagement annoncé de reprendre les équipes.

 

De la fin du moteur F1 aux promesses d’Hypertech

 

Le tournant remonte au 30 septembre 2024. Renault acte alors l’abandon de son activité de motoriste en Formule 1 à l’issue de la saison 2025. Le groupe entend économiser environ 120 millions d’euros par an en achetant sa motorisation à Mercedes. À Viry-Châtillon, la décision remet en cause l’activité autour de laquelle le site a construit son savoir-faire pendant près d’un demi-siècle. Pour donner un avenir aux équipes, Renault annonce parallèlement la création d’Hypertech Alpine. Le centre doit contribuer au développement d’une future supercar et travailler sur les batteries destinées aux voitures sportives de la marque. À plus longue échéance, ses ingénieurs doivent explorer les cellules à très haute densité énergétique, notamment les batteries solides, ainsi que les moteurs électriques à hautes performances. Le maintien des compétences et leur transfert vers de nouveaux programmes constituent alors le socle du projet.

 

Mais les débouchés tardent à se matérialiser. Dès février 2026, le maire de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, accuse Renault de revenir sur ses engagements, notamment dans l’hydrogène. Des représentants des salariés signalent également des départs vers d’autres écuries, au risque de disperser les compétences que la reconversion devait précisément préserver. En mars, le constat rapporté par Le Journal de l’Automobile reste préoccupant : les activités annoncées peinent à prendre corps et, selon la CGT, des investissements dans l’hydrogène et l’endurance ont été stoppés. Toujours en février 2026, Hyvia, la filiale de Renault dédiée à l'hydrogène, était placée en liquidation judiciaire. Un plan de rupture conventionnelle collective, annoncé en février 2026, doit ramener les effectifs à moins de 150 personnes dans l’année. Le site comptait près de 350 salariés au moment de l’annonce de l’arrêt du moteur F1.

 

Un repreneur au bilan français préoccupant

 

Avec Dumarey, le projet revient vers le métier historique de Viry-Châtillon : l’ingénierie de compétition. Spécialisé dans les moteurs, les systèmes de stockage d’énergie et les prestations d’ingénierie, le groupe familial belge souhaite développer davantage ses activités dans le sport automobile. Il entend s’appuyer sur les compétences du site en propulsion hybride et électrique, en simulation, en logiciels et en essais. Les deux groupes évoquent notamment la possibilité de mettre l’expérience acquise en Formule 1 au service d’écuries de course automobile. "Notre ambition est de préserver et de développer davantage cette expertise exceptionnelle en ingénierie tout en créant de nouvelles opportunités de croissance", déclare Guido Dumarey, président et fondateur du groupe, dans le communiqué commun.

 

 

La reprise de tous les salariés constitue un engagement important. Le parcours récent de Dumarey en France invite néanmoins à la prudence. En janvier 2026, Dumarey Powerglide a annoncé la fermeture de son usine de Strasbourg, avec la suppression des 320 emplois restants. L’ancienne usine General Motors, spécialisée dans les transmissions automatiques, avait déjà subi une réduction de ses effectifs et perdu un contrat avec ZF.

 

Quelques mois plus tard, le groupe a annoncé l’arrêt de son usine d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, reprise à ZF en 2023. Spécialisé dans les boîtes de vitesses pour poids lourds et autocars, le site employait environ 260 personnes. Même si les activités d'ingénierie diffèrent de celles de ces usines, la question de la pérennité du site reste entière.

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