Niagara, le nouveau produit clé de Renault en Amérique latine

Pour percer en Amérique latine, les constructeurs se doivent de posséder dans leur gamme au moins un pick-up. Ces modèles représentent autour de 20 % du marché et s’assurent de ce fait une place de choix dans les stratégies des marques.
Fiat, RAM, Ford ou encore General Motors sont les têtes d’affiche de ce juteux marché, là où Renault est davantage cantonné à un rôle d’outsider. La marque au losange a pourtant officié pendant près de dix ans avec l’Oroch, un Duster transformé en pick-up.
Niagara, un pick-up local
Cette offre n’a jamais permis au constructeur français de s’imposer comme un acteur incontournable. En sera-t-il autrement avec sa toute nouvelle proposition ? Renault tourne en effet la page de l’Oroch pour ouvrir celle du Niagara.
"Niagara est le premier pilier de notre stratégie futuREady visant à commercialiser 14 nouveaux modèles à l’international d’ici 2030", souligne Fabrice Cambolive, le directeur général de la marque. Par international, Renault entend hors d’Europe.
Rappelons que l’ambition inscrite au nouveau plan stratégique est de vendre deux millions de véhicules dans le monde en 2030, dont 50 % hors d’Europe. L’Inde, la Corée du Sud et l’Amérique latine sont les trois zones ciblées en priorité.
Pour l’Amérique latine, l’offensive commence donc avec le Niagara. Contrairement à son prédécesseur, il n’est pas le fruit d’une adaptation. Il est né pour être un pick-up. Ajoutons qu’il a été conçu et pensé au niveau local.
Proche d'un VP
Son dessin est à mettre au crédit du Renault Design Center Brazil, épaulé au niveau technique par les centres d'ingénierie du Brésil et de l'Argentine. La boucle locale sera bouclée avec son entrée prochaine en production dans l'usine Renault Santa Isabel de Córdoba, en Argentine, aux côtés du Kangoo.
Au niveau commercial, Renault se garde bien d’annoncer ses ambitions, précisant simplement que le Niagara sera dans un premier temps disponible au Brésil, en Argentine et en Colombie. Soit les trois principaux marchés continentaux. D’autres pays suivront dans un second temps.
Fabrice Cambolive estime que la région présente "une énorme opportunité en termes de volumes", et que Renault compte tirer son épingle du jeu. Encore faut-il que son nouveau produit fasse mouche.
Pour cela, Renault abandonne donc le côté rustique et choisit de monter en gamme. Le Niagara bénéficie d’un traitement global assez proche de celui d’une voiture particulière, en l’occurrence du segment C-SUV.
Version hybride
Le style extérieur est plutôt engageant et assez travaillé, tout en adoptant les codes du monde des pick-up. Notons par exemple que le losange n’est pas présent sur la calandre. À la place, on trouve le nom de la marque en toutes lettres.
Même constat à bord. Le Niagara dispose d'un habitacle très proche des productions VP européennes, notamment avec deux écrans, l’un de 10,1 pouces faisant office de système multimédia et intégrant les services Google (Maps, Gemini…), l’autre de 10,2 pouces jouant le rôle de combiné d’instruments. Viennent s’ajouter 26 aides à la conduite.
Ce grand pick-up de 4,94 m de long, doté de cinq places, mise également sur une palette technique assez large permise par la plateforme RGMP. Il est doté pour débuter d’un moteur 1,3 turbo essence développant 156 ch en version deux roues motrices et 160 ch en quatre roues motrices. Ce bloc peut être associé à une boîte manuelle ou automatique à double embrayage.
"La plateforme RGMP permettra ultérieurement la commercialisation d’une motorisation hybride, complète Fabrice Cambolive. Cela participera à notre ambition de proposer 50 % de modèles électrifiés à l’international d’ici 2030". Une motorisation hybride qui sera déclinée en 4x4.
654 kg de charge utile
Les aspects pratiques ne sont pas occultés avec une benne de 938 litres, une charge utile de 654 kg et une capacité de remorquage de 710 kg. Pour les spécialistes du franchissement, ajoutons que la garde au sol est de 233 mm en 4x4, avec des angles d’attaque et de sortie de 22,1°.
Au regard de tout ce bagage technique, les tarifs promettent d’être plus élevés que ceux de l’Oroch. Renault assure que le Niagara sera au cœur du marché. Tout du moins une partie du marché des pick-up, puisque Renault n’adresse ici que le segment des demi-tonnes de charge utile.
Le constructeur n’est pas armé à ce jour pour viser la catégorie supérieure, pourtant très porteuse, des modèles à une tonne de charge utile.
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