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Constructeurs

Luca de Meo fait sa rentrée européenne

Publié le 31 janvier 2023

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
Président de l’ACEA depuis le début de l’année 2023, Luca de Meo, directeur général du groupe Renault, a fait sa rentrée et tracé les grandes lignes des missions de l’association. Compétitivité de l’industrie automobile européenne, électrification, norme Euro 7, les défis ne manquent pas.
Sigrid de Vries, secrétaire générale de l’ACEA, et Luca de Meo, directeur général du groupe Renault et président de l'ACEA en 2023.

A la tête de l’ACEA depuis le 1er janvier 2023, Luca de Meo, directeur général du groupe Renault, a fait sa rentrée dans les habits de président de l’Association des constructeurs automobiles européens lors d’une conférence de presse à Bruxelles. 

 

L’occasion pour lui de présenter les enjeux auxquels fait face l’industrie automobile européenne mais aussi de rappeler ce quelle représente. Ainsi, l’automobile emploie 13 millions de personnes sur notre continent, soit 7 % des actifs, et représente aussi 1/3 des investissements privés. 

 

L’automobile européenne est aujourd’hui à un point de bascule, selon le président, et l’ACEA doit jouer pleinement son rôle, "doit conduire le changement" en portant plus encore ses sujets dans le débat public et auprès des autorités.

 

Un exercice collectif en quelque sorte, porté par l’ACEA, où tous les constructeurs (notamment allemands) devront se mettre d’accord pour peser plus grandement que ces dernières années. On peut aussi y voir un petit tacle à Stellantis et Volvo qui ont décidé de faire cavalier seul et quitter l’ACEA. 

 

A lire aussi : En Europe, le véhicule thermique reste roi 

 

Le président a également rappelé que les autorités doivent jouer pleinement leur rôle dans la volonté d’électrification du parc, notamment au sujet des bornes de recharge et des mesures de soutien. Les constructeurs ont déjà investi 252 milliards d’euros dans cette transition.

 

Pour illustrer le travail réalisé par l'industrie, Luca de Meo a choisi l'angle des produits :  en 2012 il y avait dix marques qui proposaient dix modèles électriques, alors qu’aujourd’hui il y a 25 marques qui proposent plus de 40 modèles. 

 

Mais cette montée en puissance de l’électrique fait également naître d’autres craintes et notamment la compétitivité de l’industrie européenne dans le monde. "Notre industrie a depuis longtemps un avantage concurrentiel sur toute la chaîne de valeur des véhicules à moteur thermique, commence Luca de Meo. Ce ne sera plus le cas avec les véhicules électriques, du moins à court terme." Le dirigeant donnant notamment l’exemple des matériaux pour les batteries seulement sourcés à 5 % en Europe en 2030. 

 

De plus, les autorités européennes devraient se montrer plus cohérentes mais aussi à l’écoute de ce qui se passe autour d’elles. Luca de Meo pointant les efforts de la Chine dont les aides aux VE ont augmenté de 60 %. De même avec les Etats-Unis et l’Inflation Reduction Act (IRA). "On voit les États-Unis stimuler leur industrie dans la transition verte, alors que l'approche de l'Europe est de réguler l'industrie - souvent de manière non synchronisée", poursuit le dirigeant. 

 

La norme Euro 7 pourrait être contre-productive

 

Dans sa ligne de mire, notamment, la future norme Euro 7 qui impose des contraintes irréalistes selon l’ACEA. Elle juge même que son effet pourrait être contre productif dans le cadre de la décarbonation. En effet, cette norme va renchérir les véhicules neufs de 2 000 euros et ainsi détourner les consommateurs d'une automobile neuve avec pour conséquence "prolonger la durée de vie du parc automobile, ce qui signifie que les voitures plus anciennes, avec des émissions plus élevées, resteront plus longtemps sur les routes." La fermeture de certaines usines peut aussi être un dommage collatéral faute de ventes.

 

Dans tous les cas, à l’horizon 2050, même avec la fin des ventes de moteurs thermiques en 2035, le parc roulant sera encore constitué à plus de 50 % par des moteurs à combustion. Pour l’association, il faudrait aussi se pencher sur ce sujet. "L’ennemi est la pollution, a indiqué Luca de Meo. Pas une technologie ou l’autre", rappelant ainsi la neutralité technologique qui devrait prévaloir. 

 

Luca de Meo

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