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Constructeurs

En Europe, le véhicule thermique reste roi

Publié le 18 janvier 2023

Par Jean-Baptiste Kapela
5 min de lecture
Selon une étude de l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA), 250 millions de véhicules sillonnaient les routes européennes en 2021. Seuls 1,5 % du parc européen se compose d'électriques ou d'hybrides rechargeables. Le véhicule thermique domine toujours.
véhicule thermique Europe
En Europe, la part des véhicules électriques ne représente que 1,5 % du parc automobile. ©Tomasz Zajda-Adobe Stock

Si la part des véhicules électriques est en constante augmentation, leur nombre reste encore marginal dans le parc automobile européen, qui préfère toujours le véhicule thermique. L’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) vient de publier l’édition 2023 de son rapport "Vehicule in use", qui fournit un aperçu exhaustif du parc automobile en circulation sur les routes du vieux continent.

 

L’étude couvre toutes les catégories, des voitures particulières aux utilitaires légers, moyens et lourds, en passant par les bus, pour les 27 pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Islande, la Suisse et la Norvège.

 

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Selon le rapport, en 2021, si le nombre de véhicules électriques augmente, sa part ne représente que 1,5 % du parc total de l’UE. Une portion pour les voitures particulières à batterie, qui dépasse les 2 % dans seulement trois pays de l’Union. De fait, la part de VE s’élève à 2,2 % en Suède, 2,8 % aux Pays-Bas et 2,4 % au Danemark. Dans l’Hexagone, le nombre de modèles à batterie en circulation ne représente que 1 % de son parc... Cela fait donc 99% restants pour le véhicule thermique.

 

Une appétence pour l’électrique dans les pays scandinaves

 

À noter que les pays qui comptabilisent le plus grand nombre de véhicules électriques sont l’Islande, avec une part de 4,6 % et la Norvège, dont le parc se compose jusqu’à 16,2 % de modèles à batterie. Si la culture du véhicule électrique s'ancre bien dans les pays scandinaves, elle a du mal à s’imposer dans le bassin méditerranéen et en Europe de l’Est, avec une part qui dépasse rarement les 0,2 %. Le véhicule thermique reste roi.

 

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À l’image de la Grèce, où l’absence de VE et d’hybride rechargeable en circulation se fait remarquer dans le rapport. D’autant que le pays détient le parc le plus ancien, avec des voitures particulières âgées de 17 ans et des camions de 22,7 ans. À préciser que la moyenne d’âge des véhicules particuliers et commerciaux de l’Union européenne est de 12 ans, et de 14,2 ans pour les camions.

Motorisation des voitures particulières en circulation en Europe. Source : ACEA

Les véhicules commerciaux roulent principalement au diesel

 

Du côté des utilitaires et des poids lourds de l’UE, le diesel règne sans partage. Ainsi, la part moyenne des VU diesel s’élève à 91 % et celle des PL à 96,4 %, tandis que la fraction de véhicule électrique pour ces deux catégories ne dépasse pas le 1 %. Concernant les camions, seuls 0,1 % d’entre eux sont équipés d’un groupe motopropulseur zéro émission. Ce qui souligne le manque d'alternatives vertueuses pour les professionnels.

 

Le diesel est aussi la motorisation privilégiée pour les bus (92,5 % de la flotte européenne). Par rapport à l’électrification de ces derniers, seulement 1,3 % sont à batterie et 1,8 % sont hybrides. Mais notons que dans certains pays, la part de bus électrique se trouve particulièrement élevée, comme aux Pays-Bas (14,5 %) ou encore au Luxembourg (7,8 %). La France détient la troisième plus grande flotte de bus d’Europe avec 94 523 bus, mais seuls 1,6 % de ces derniers sont à batterie et 2,6 % roulent à l’hydrogène.

 

Un parc automobile européen en croissance

Par ailleurs, le rapport fait un état des lieux du parc européen. Concernant la taille de ce dernier, en 2021, le nombre de voitures particulières a augmenté, en véhicule thermique comme pour les autres motorisations. Cependant, la chute est à hauteur de 1,2 % par rapport à 2020. L'Europe compte près de 250 millions de véhicules en circulation au total. Le rapport précise que seule la Slovénie a vu son parc de VP diminuer de 4,1 %. À l'inverse, la Slovaquie enregistre la plus forte croissance avec une augmentation de son parc de 8,2 %. En France, la croissance du parc de VP roulant a connu une hausse timide de 0,7 %.

 

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D’après l’étude, 29,5 millions d’utilitaires légers circulaient sur les routes européennes en 2021. La moitié concentrée dans trois pays : la France (6,3 millions de VU), l’Italie (4,3 millions) et l’Espagne (3,9 millions). Concernant les poids-lourds et utilitaires moyens en circulation, leur nombre s'élève à 6,4 millions dans l’Union, en hausse de 3,2 % par rapport à 2020. Notons que la Pologne possède la plus grande flotte de camions avec 1,2 million de poids-lourds sur les routes européennes.

 

Ainsi, pour 1 000 habitants, l’Union européenne compte 567 voitures particulières et 83 utilitaires. C’est au Luxembourg qu’il y a la plus forte densité de voitures, 698 pour 1 000 habitants, loin devant la Roumanie, qui compte 396 voitures particulières pour 1 000 habitants. Concernant les véhicules commerciaux, Chypre détient la plus forte densité de voitures (135 pour 1 000 habitants), a contrario de la Lituanie qui n’en compte que 49 pour 1 000 habitants. À noter qu’en France, 32 % des ménages possèdent deux voitures, tandis qu’en Lettonie 43 % de la population ne possède pas de voiture.

 

Évolution du nombre de voitures particulières en Europe. Source : ACEA

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