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Constructeurs

Fin du thermique : les négociations reprennent avec les pays réfractaires

Publié le 13 mars 2023

Par Christophe Bourgeois
3 min de lecture
La Commission européenne et les pays ne voulant pas valider la fin des moteurs thermiques en 2035 se réunissaient, ce lundi 13 mars 2023, à Strasbourg (67). L'Allemagne, l'Italie, la Pologne et la République tchèque étaient annoncées autour de la table où la norme Euro 7 sera aussi au coeur des discussions.
A l'initiative de la République tchèque, quatre pays européens se sont réunis pour discuter avec la Commission européenne. (© artjazz - Adobe Stock)

Les ministres de plusieurs pays européens rétifs à la fin de la vente des véhicules à moteur thermique en 2035 et inquiets du projet de norme automobile antipollution Euro 7, en cours de négociations et très contestée par l'industrie, se sont réunis ce lundi 13 mars 2023 à Strasbourg (67), a indiqué l'Allemagne. Cette réunion est à l'initiative de la République tchèque. Le ministre allemand Volker Wissing (FDP, libéraux) s'est rendu à cette invitation, tout comme la Pologne et l'Italie.

 

Cette réunion intervient alors que l'Allemagne a bloqué un vote des 27 Etats membres, censé être une formalité, pour entériner l'interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique en 2035. Ce vote a été repoussé sine die, l'Allemagne refusant de donner son feu vert. Comme l'Italie et la Pologne s'opposaient de longue date au texte, et que la Bulgarie souhaitait s'abstenir, la majorité qualifiée nécessaire (au moins 55% des États représentant 65% de la population de l'UE) n'était plus réunie.

 

A lire aussi : Fin du thermique : la France met en garde l’Allemagne

 

Le texte, qui imposerait de fait les motorisations 100% électriques, avait pourtant déjà fait l'objet d'un accord en octobre entre Etats membres et Parlement européen, avant d'être formellement approuvé mi-février par les eurodéputés. Pour justifier sa volte-face, rarissime à ce stade de la procédure, Berlin a réclamé de la Commission européenne qu'elle présente une proposition ouvrant la voie aux véhicules fonctionnant aux carburants de synthèse, y compris après 2035.

 

A lire aussi : L'Italie veut se battre contre l'interdiction de vente des véhicules thermiques en 2035

 

Cette technologie, encore en développement, est défendue notamment par des constructeurs haut de gamme allemands,  en vue de prolonger l'utilisation de moteurs thermiques. Autre sujet d'inquiétude pour ces pays: la norme antipollution Euro 7, proposée en novembre par la Commission européenne et qui s'imposerait à l'industrie automobile à partir de 2025.

 

Bruxelles propose notamment de rendre les tests d'émissions des véhicules plus conformes aux conditions réelles de conduite et de fixer des limites à l'émission de particules provoquée par l'usure des freins et des pneus, afin de réduire de 35 % les émissions d'oxydes d'azote (NOx) des voitures particulières et  utilitaires légers par rapport à la norme précédente Euro 6.

 

Cette proposition est farouchement rejetée par les constructeurs, qui veulent une norme a minima pour ces motorisations thermiques censées disparaître en 2035. Selon eux, la norme Euro 7 proposée entraînerait un fort renchérissement des prix des véhicules, au risque de plomber encore davantage un marché européen déjà mal en point.

 

De son côté, Bruno Lemaire, ministre de l'Economie, s'est emporté ce lundi 23 mars 2023 au micro de nos confrères France Info. "Nous sommes prêts à aller au bras de fer sur ce sujet parce que c’est une faute environnementale. C’est aussi une faute économique, en soulignant que l’Europe avait déjà cinq à dix ans de retard sur le véhicule électrique par rapport à la Chine." (avec AFP)

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