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Constructeurs

Essai Audi RS5 : kWh is right

Publié le 5 octobre 2026

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Par Christophe Jaussaud
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6 min de lecture
Avec la nouvelle RS5, Audi Sport ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Malgré une puissance cumulée de 639 ch, mariant un V6 biturbo et un moteur électrique, ce missile échappe au malus CO2 grâce à son hybridation rechargeable avec une batterie de 25,9 kWh.
Essai Audi RS5
Depuis son lancement juste avant l'été 2026, Audi France a déjà enregistré plus de 800 commandes pour la RS5, sont allocation de production pour l'année. ©Audi

Audi Sport avait promis que l'électrification ne sifflerait pas la fin de la partie des thermiques. Il aura fallu un peu de temps, mais voici la RS5. Un modèle électrifié qui ouvre un nouveau chapitre.

 

Cette RS5 s'inscrit dans une longue lignée initiée par la RS2 Avant en 1994. Dès 1999, la RS4 prendra la suite pendant plus de deux décennies. Un changement d'appellation plus tard, qui a notamment provoqué la disparition des A4 et RS4, c'est la RS5 qui prend donc la suite.

 

 

Tuées en France par la fiscalité, les malus, etc., les Audi RS, mais aussi ses concurrentes, ont quasiment disparu des radars. Il fallait donc trouver un moyen d'être fiscalement compatible tout en préservant un caractère hors norme.

 

Seulement 87 et 100 g/km de CO2

 

Audi a donc choisi l'hybridation de performance, comme notamment BMW avec la M5 ou encore Mercedes avec la Classe C 63S E-performance. Et les clients répondent présents chez Audi.

 

En effet, dans l'Hexagone, depuis l'ouverture des commandes avant l'été, Audi France a enregistré plus de 800 commandes de RS5, dont 85 % dans la carrosserie Avant. La filiale a ainsi vendu la totalité de son allocation de production pour 2026 et elle devrait en obtenir un millier pour l'exercice 2027.

 

 

La recette de ce succès ? Avec sa batterie de 22 kWh utiles (25,9 kWh bruts) et son autonomie électrique comprise entre 71 et 83 km WLTP selon la carrosserie, la RS5 échappe au malus CO2 avec ses émissions comprises entre 87 et 100 g/km (3,8 à 4,4 l/100 km WLTP).

 

En revanche, les deux carrosseries de l'Audi doivent payer un malus au poids : 14 930 euros pour la berline et 15 380 pour le break. Des montants à ajouter au tarif de 119 600 euros pour la berline et 121 100 euros pour le break.

 

639 ch et 825 Nm

 

Sous le capot se cache un V6 biturbo de 2,9 l de cylindrée, développant 510 ch, auquel s'ajoute un moteur électrique de 177 ch (130 kW) placé dans la boîte à huit rapports. Il s'agit du même bloc que celui de la RS4 Compétition (B9) qui "se limitait" alors à 450 ch et 600 Nm de couple.

 

La puissance cumulée est ainsi de 639 ch et le couple atteint 825 Nm. De quoi abattre le 0 à 100 km/h en 3,6 secondes, mais surtout avoir des relances impressionnantes jusqu'à la vitesse maximale qui peut atteindre 285 km/h si l'option Pack Audi Sport est validée. Sinon, elle est limitée à 250 km/h.

 

Mais le plus bluffant, avec cette auto dont le poids oscille entre 2 430 et 2 445 kg, reste finalement son dynamisme. Un tour de magie qui doit beaucoup au Dynamic Torque Control.

 

Une vectorisation du couple en continu sur le train arrière

 

La répartition du couple sur le train arrière n'est pas une nouveauté chez Audi, mais ici les ingénieurs ont choisi une technologie de vectorisation électromécanique qui n'est pas liée à la demande de puissance. La répartition fonctionne donc à l'accélération mais aussi à la décélération et au freinage.

 

Le couple est ainsi dirigé vers la roue intérieure ou extérieure selon les besoins et là où est la meilleure adhérence.

 

Le Dynamic Torque Control cache un moteur électrique (8 kW et 40 Nm), refroidi par eau, qui agit comme un actionneur en 15 ms. Le tout est "mis en musique" par un calculateur de dynamique de conduite qui analyse la situation à une fréquence de 200 Hz, soit toutes les 5 ms.

 

 

Système Quattro oblige, un différentiel central complète l'installation avec la possibilité de faire varier la force entre les trains avant et arrière de 70/30 à 15/85. Le tout s'appuie sur une suspension pilotée avec des amortisseurs à double valve.

 

Derrière le volant, cela signifie que la RS5 répond au doigt et à l'œil avec une facilité déconcertante. L'efficacité est surprenante, les vitesses de passage en témoignent.

 

Le seul bémol concerne la boîte à huit rapports. Si en mode automatique (D ou Sport) elle fait le job sans grosse surprise, en mode manuel, avec les palettes au volant, les passages de rapports provoquent des à-coups. Les ingénieurs ont sans doute voulu la préserver au regard de la puissance mais surtout du couple de 825 Nm qu'elle doit encaisser à chaque relance.

 

Le poids de l'efficacité

 

Audi Sport a donc tout fait pour que cette RS5 ait du caractère et une chance de se vendre, notamment en France. L'hybridation rechargeable était la seule réponse possible vu la réglementation actuelle et sachant que les sportives 100 % électriques ne se vendent pas.

 

Mais à quel prix. En effet, pour atteindre des performances supérieures à une RS4 sortie voilà bientôt dix ans, il a fallu ajouter un moteur électrique, une batterie (160 kg), un train arrière avec la répartition de couple (80 kg), etc.

 

 

Ainsi, la RS5 cuvée 2026 pèse environ 600 kg de plus que la dernière RS4 (1 800 kg environ) et gagne finalement 3 dixièmes sur le 0 à 100 km/h seulement, en passant de 3,9 secondes à 3,6 s, malgré 189 ch et 225 Nm de différence.

 

Cette RS5 reste toutefois la digne héritière d'une prestigieuse lignée, les ingénieurs d'Ingolstadt et de Neckarsulm n'ont pas perdu la main, ils ont fait un travail remarquable compte tenu des contraintes.

 

Leur réalisation, comme celles des concurrents qui jouent l'hybridation de performance, est la réponse à l'absurdité des règles où une grosse batterie devient nécessaire pour exister.

 

Le light is right de Colin Chapman, le fondateur de Lotus, a du plomb dans l'aile. Nous sommes entrés dans l'ère du kWh is right.

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