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Électromobilité : la France aux portes de l’élite mondiale

Publié le 11 octobre 2026

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Par Gredy Raffin
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5 min de lecture
La France s’impose parmi les pays les plus avancés en matière d’électromobilité, selon l’étude Gemrix 2026 du cabinet de conseil stratégique Arthur D. Little (ADL), publiée récemment. Un signal fort à l’heure où Paris s’apprête à accueillir les grands acteurs de la filière automobile à l'occasion du Mondial de l’Auto.
La France compte parmi les meilleurs pays du monde pour l'électromobilité, selon l'étude Gemrix 2026.
La France se classe au cinquième rang des nations mondiales les plus évoluées en termes d'électromobilité, selon l'étude Gemrix 2026 du cabinet Arthur D. Little. ©Driveco

La France est l'un des pays les plus performants en matière de véhicules électriques. Ce constat a été dressé au terme de l'étude Gemrix 2026, réalisée par le cabinet Arthur D. Little (ADL), au sujet de l'électromobilité. Une nouvelle qui tombe à point nommé alors que Paris accueille du 12 au 18 octobre le Mondial de l'Auto.

 

Pour parvenir à cette conclusion, les analystes d’ADL ont passé au crible trente et un pays sur tous les continents. Les volumes de ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables, l'environnement économique, l'état des infrastructures de recharge, le dispositif réglementaire et le coût total de détention ont été les cinq critères pris en considération pour évaluer chaque marché national.

 

La France, qui n'avait pas été intégrée dans l'édition 2023 de l'étude, fait une entrée pour le moins remarquée. Avec un total de 88 points, le pays se place au cinquième rang mondial, devançant l'Allemagne et le Royaume-Uni (87 points). En Europe continentale, la Norvège (103 points) et les Pays-Bas (90 points) sont les seuls territoires à se classer plus haut.

 

 

Un écosystème français de l'électromobilité à saluer

 

L'Hexagone devient le chef de file des États considérés comme les "suiveurs ambitieux". La deuxième division en quelque sorte, alors que la Chine (106 points), la Norvège, Singapour (96 points) et les Pays-Bas font figure de leader en matière d'électromobilité.

 

Pour Arthur D. Little, la France fait valoir un mix énergétique hautement décarboné, une offre nationale abordable sur les segments clés (A, B et C), un cadre réglementaire et fiscal très incitatif et un maillage d'infrastructures en forte progression (176 000 bornes de recharge électrique au moment de l'enquête en début d'année).

 

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"L'écosystème tricolore est à saluer. Il y a une véritable convergence de facteurs positifs et des efforts de la part des constructeurs. Cela se traduit par une accélération des ventes, souligne Dominique Trancart, associé spécialiste de l’automobile au sein d'Arthur D. Little. Nous voyons que la rapidité d'exécution des industriels chinois a été intégrée aux réflexions stratégiques. La France a accepté de relever le défi de la course à l'innovation".

 

En revanche, il y a encore des progrès à effectuer pour passer la barre des 90 points et rejoindre le cercle plus fermé des pays leaders. La France doit encore densifier le maillage des bornes publiques là où les usagers n'ont pas de garage privé. Les experts d’ADL pointent notamment le retard sur les parkings en copropriété en extérieur, soumis à des contraintes techniques qui ralentissent le déploiement. Les analystes relèvent également le manque de transparence tarifaire et les délais de connexion au réseau.

 

 

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La France a suivi les préconisations des analystes qui consistent à accompagner la maturation du marché de l'occasion, en soutenant la revente et en favorisant la stabilisation des valeurs résiduelles dans l'optique d'améliorer le TCO, ce qui lui a permis de gagner des points. L'étude souligne enfin la nécessité de prendre en compte les enjeux industriels comme raccourcir les cycles de développement ou sécuriser l'écosystème. Mais il est à souligner qu'hormis la Chine, aucun des quatre pays mieux notés que la France n'héberge de grands constructeurs automobiles domestiques.

 

"L'électromobilité est un enjeu clé pour les politiques européennes. La France se place sur la bonne voie. Les bons leviers ont été actionnés et le pays franchit des paliers", note pour sa part Amaury Klossa, associé spécialiste des sujets d'infrastructures énergétiques au sein d’ADL. Il y aurait donc peu à gagner pour le futur chef de l'État à faire machine arrière.

 

 

Parmi tous les pays majeurs, la France se distingue sur un autre critère. L'étude Gemrix 2026 montre en effet que sur 10 des 13 marchés européens, le modèle de voiture électrique le plus vendu dépasse les 34 000 euros. La Tesla Model Y étant en tête sept fois. Alors que dans l'Hexagone, la Renault 5 E-Tech fait office de best-seller avec un prix moyen autour des 27 000 euros. Aucun autre territoire n'a de véhicule du segment B comme référence commerciale.

 

L'électrification de la mobilité se manifeste sur des marchés moins matures, mais qui s'inscrivent dans des politiques volontaristes. Au plus proche de nous, il y a la Turquie, par exemple. Le pays s'appuie sur sa solide base manufacturière d'exportation et le lancement de son modèle domestique Togg T10X, tout en déployant un réseau de recharge rapide qui s'établissait à 35 000 bornes au moment de l'enquête.

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