Valeurs résiduelles : C-Ways propose un nouveau modèle de prévision

Les valeurs résiduelles sont devenues l'un des paramètres les plus sensibles de l'industrie automobile. Elles conditionnent le montant des loyers en location longue durée, influencent directement la compétitivité commerciale des constructeurs et peuvent représenter plusieurs centaines de millions d'euros de risque pour les captives financières ou, bien sûr, les distributeurs lorsqu'elles sont mal anticipées.
L'exercice est devenu particulièrement complexe depuis quelques années pour les revendeurs de véhicules d'occasion. Électrification accélérée, succession de bonus et malus, évolution des prix de l'énergie, ralentissement du marché du neuf ou encore arrivée massive de véhicules électriques sur le marché de la revente : autant de facteurs qui rendent les prévisions beaucoup plus incertaines qu'auparavant.
Dans ce contexte, le cabinet C-Ways, spécialisé dans les études prospectives du marché automobile, présente une nouvelle méthodologie de calcul des valeurs résiduelles qui entend rompre avec les approches traditionnellement utilisées par les coteurs que peuvent être L'argus, Autobiz ou encore Autovista.
Passer d'une photo à une projection de l'évolution du marché
L'idée est simple : une valeur résiduelle ne correspond pas à la valeur actuelle d'un véhicule d'occasion, mais à sa valeur de marché au moment de sa revente, généralement trois ou quatre ans plus tard.
Or, selon C-Ways, les méthodes existantes s'appuient principalement sur l'observation du marché actuel et sur les tendances passées avant d'extrapoler leur évolution. Une approche qui devient de plus en plus délicate dans un environnement où les règles du jeu évoluent rapidement.
"Une cote est une photographie du marché aujourd'hui. Une valeur résiduelle est une projection de ce que vaudra réellement le véhicule dans trois ans", résume Clément Dupont-Roc, associé du cabinet C-Ways.
La société revendique ainsi la première approche entièrement construite autour d'une modélisation prospective du marché.
Une dizaine de variables pour construire plusieurs scénarios
Concrètement, la méthode repose sur une dizaine de facteurs susceptibles d'influencer la valeur future des véhicules d'occasion. Les paramètres macroéconomiques occupent une place centrale : inflation, évolution du prix des véhicules neufs, coût des carburants ou encore coût d'usage des différentes motorisations.
À ces variables s'ajoutent les évolutions réglementaires, notamment les bonus, les malus CO₂ et masse, ou encore les dispositifs d'aide à l'achat des véhicules électriques.
Enfin, C-Ways intègre plusieurs facteurs propres au marché automobile : évolution du rapport entre l'offre et la demande sur le marché du véhicule d'occasion, renouvellement des générations de véhicules, allongement de leur durée de vie ou encore disparition progressive de certains modèles.
À partir de ces hypothèses, le cabinet construit différents scénarios et mesure leur impact sur la valeur résiduelle finale.
Une approche plus transparente
Autre différence mise en avant par C-Ways : la transparence du modèle. L'ensemble des hypothèses retenues est partagé avec le client, qui peut les modifier afin de tester différents scénarios économiques ou réglementaires.
L'objectif n'est donc pas de fournir une valeur unique, mais une fourchette de valeurs permettant aux constructeurs ou aux captives d'adapter leur niveau de risque.
Cette approche tranche avec les modèles traditionnellement utilisés par le marché, souvent perçus comme des outils dont les mécanismes de calcul restent difficilement lisibles pour leurs utilisateurs.
Les captives en première ligne
Le sujet dépasse largement le cadre méthodologique. Les valeurs résiduelles sont devenues un enjeu stratégique pour les directions financières des constructeurs. Les difficultés rencontrées sur certains véhicules électriques ont considérablement accru l'exposition financière des marques. Les premiers retours du leasing social constituent également un test grandeur nature.
Les véhicules livrés en 2024 commenceront à revenir sur le marché début 2027, dans un contexte où personne ne connaît encore précisément leur valeur de revente. Plusieurs constructeurs ont d'ailleurs choisi de reprendre eux-mêmes une partie du risque via des dispositifs de buy back centralisés afin de protéger leurs réseaux de distribution.
Volkswagen, BMW, Mercedes ont choisi cette première option. Renault continue de faire porter le risque sur la distribution. Quand Stellantis se montre désormais plus souple et laisse le choix aux distributeurs, au moins sur les valeurs des modèles inclus dans le leasing social.
Les constructeurs cherchent désormais à sécuriser davantage leurs hypothèses de revente. Et pour cause, une erreur de seulement quelques points de valeur résiduelle peut représenter plusieurs milliers d'euros par véhicule et, à l'échelle d'un programme de financement, plusieurs dizaines de millions d'euros.
Pour l'heure, la solution est proposée sous forme d'études réalisées à la demande, véhicule par véhicule. L'ambition affichée est toutefois d'industrialiser progressivement le modèle afin de couvrir plusieurs dizaines de milliers de références, à l'image des bases utilisées aujourd'hui par les principaux coteurs.
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