Olivier Flavier, Leboncoin : "Le marché VO ne délivre pas tout son potentiel"

Beaucoup de prises de renseignement, mais peu de remises de clés finalement. Le marché des voitures d'occasion ne délivre pas tout son potentiel actuel. Tout du moins aux yeux d'Olivier Flavier, le directeur de l'activité mobilité au sein du groupe Leboncoin, qui a partagé une certaine frustration lors d'un échange avec Le Journal de l'Automobile.
Interrogé au terme du premier semestre 2026 pour avoir son interprétation des données publiées par AAA Data concernant les transactions de voitures d'occasion, Olivier Flavier s'est dit moyennement satisfait de la situation.
"J'ai été déçu des récents chiffres du marché VO, s'est exprimé le cadre de l'infomédiaire. Alors que les recherches sont soutenues, il y a comme un manque d'engouement de la part des consommateurs. Le volume de vente ne reflète pas ce que nous constatons en amont des parcours d'achat".
Avec quelque 110 millions de visites le mois dernier, Leboncoin a pourtant réussi son meilleur mois de juin des cinq dernières années. Une performance à l'image du premier semestre pour la plateforme.
"En nous concentrant sur les fondamentaux de notre métier, à savoir générer des contacts aux revendeurs, nous sommes parvenus à accroître de 50 % les leads transmis à nos clients", assure le directeur d'activité.
Des chiffres qui étonnent face à la baisse de 4 % des échanges de voitures d'occasion, comptabilisés par les spécialistes de l'exercice. "Les Français sont clairement attentistes, résume Olivier Flavier. Il y a du trafic, mais les contraintes budgétaires provoquent une déperdition et une baisse de la conversion".
Hausse en trompe-l'œil des prix des VE
Les prix sont-ils à mettre en cause pour des consommateurs qui dégagent des budgets allant de 13 000 à 15 000 euros en moyenne pour un achat en CtoC et de 17 000 à 25 000 euros quand ils entendent trouver leur bonheur auprès d'un professionnel ? Les distributeurs ont consenti des baisses de tarifs conséquentes, selon le cadre de Leboncoin.
Entre le premier et le deuxième trimestre 2026, les montants affichés pour des voitures diesel ont diminué de 3 %, ceux des voitures d'occasion essence se sont stabilisés après une chute de 14 % depuis 2023 et ceux des hybrides ont glissé de 1 % après la déflation de 25 % en 2024.
En ce qui concerne les voitures électriques d'occasion, les prix sont en hausse de 3 %. Mais Olivier Flavier apporte une explication plausible : "En à peine trois mois, nous sommes passés de 3 000 à 800 exemplaires de Renault Zoe. Ce qui a nettement changé le mix. Lorsque l'on regarde de près pour gommer cet effet, nous constatons une diminution du prix moyen".
Un délai de prospection qui s'allonge de près de dix jours
La problématique ne viendrait pas plus du stock. La demande et l'offre s'alignent globalement. Il y a un peu plus de voitures exposées par compte client (21 VO en moyenne en juin 2026 contre 20,5 l'an passé) et l'avantage est aux revendeurs, notamment sur les nouvelles énergies.
En effet, il y a 41 % de VO essence et autant de diesel pour respectivement 45 % et 25 % des parts de recherche. Les enseignes ont 10 % de HEV pour 15 % des demandes, mais aussi 3 % de PHEV pour couvrir 7 % des requêtes.
En forte érosion au terme du printemps favorable, les VE occupent désormais 4 % de l'espace pour 5 % d'appétence. Il faut enfin noter que les voitures au GPL, créditées de 1 % de représentativité, doivent satisfaire désormais 3 % de la demande.
Olivier Flavier souligne un autre point important. Parmi tous les internautes qui fréquentent le site Leboncoin, 32 % consultent des pages de petites annonces de professionnels. Ce qui est relativement en adéquation avec les données du marché transactionnel. Et justement, les distributeurs de véhicules d'occasion concentrent 32 % de l'offre disponible.
Une disposition propice à un second semestre de meilleure facture. "Difficile de se projeter", selon le cadre du groupe Leboncoin. "Les flux de buy back vont venir accroître le stock, rappelle-t-il. Par conséquent, la demande pourrait mécaniquement augmenter elle aussi".
Il faudra se montrer patient en point de vente. Le temps de recherche s'est allongé de sept à dix jours environ et les consommateurs sautent alors le pas après trois mois de prospection en moyenne.
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