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Après cinq ans d'inflation, le prix moyen des voitures neuves affiche une baisse en 2025

Publié le 3 juin 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
9 min de lecture
Selon le nouveau baromètre de l’Institut mobilité en transition (IMT) et C-Ways, le prix moyen de vente des véhicules neufs enregistre un recul de 2 % en France en 2025. Une inflexion positive qui s’explique par plusieurs facteurs dont la mise en œuvre de politiques publiques.  
IMT CWays Renault 5
La part des véhicules électriques a atteint 20 % et leurs prix commencent à converger vers ceux des modèles thermiques équivalents ©Adobe Stock - artographer34

Après cinq ans de hausse continue, 2025 détonne avec un recul de 2 % du prix moyen de vente des véhicules neufs sur le marché français. Point de bascule ou effet à court terme, l’Institut mobilité en transition (IMT) s’est intéressé aux causes du phénomène. 

 

En collaboration avec le cabinet C-Ways, l’entité rattachée à l’Iddri publie la deuxième édition de son baromètre sur l’évolution des prix des véhicules neufs en France. "Nous avions intitulé le rapport de l’année dernière de manière un peu provocatrice : "Le vrai défaut sur l’évolution des prix depuis la crise sanitaire". Là, nous refaisons l’exercice avec quelques nuances", souligne Jean-Philippe Hermine, directeur de l’IMT, qui a piloté cette étude.

 

 

En effet, celle-ci intègre naturellement l’année 2025, mais également l’année 2019 période avant-Covid comme point de référence. Autre nouveauté, l’IMT et C-Ways ont étendu l’analyse à d’autres champs avec l’étude du comportement des consommateurs, les différents canaux de distribution ou encore l’origine des lieux de production.

 

©IMT - C-Ways

 

Une tendance de fond à la hausse

 

Si les prix baissent entre 2024 et 2025, il faut toutefois signaler une hausse du prix de vente moyen des véhicules entre 2019 et 2025. Celle-ci n’aura pas été anecdotique puisque les prix de vente moyens ont bondi de 29 %, passant de 26 900 à 34 600 euros sur cette période. Une tendance d’autant plus impressionnante qu’elle dépasse l’inflation, dont l’augmentation est de 19 %.

 

"Il y a des causes exogènes au marché, avec l'inflation des salaires et des matières premières, qui n'a été que de 6 % sur la période. Il y a également l'effet électrification qui prend 11 % car les modèles 100 % électriques ou PHEV sont naturellement plus chers que leurs équivalents thermiques, mais ils sont moins chers à l'usage. Enfin, nous avons eu une montée en gamme et une stratégie tarifaire constructeur qu'on avait bien mises en évidence lors du précédent rapport", détaille Jean-Philippe Hermine.

 

©IMT - C-Ways

 

Une baisse positive

 

La baisse de 2 % reste néanmoins de bon augure. Elle se place sous l’influence de trois facteurs selon l’IMT et C-Ways. Le premier, les ventes de véhicules hybrides rechargeables, les plus onéreux du marché en moyenne, ont eu tendance à chuter significativement de 21 % entre 2024 et 2025.  

 

D’autre part, le baromètre permet d’observer une légère redescente en gamme au niveau des achats. "Cela a un impact positif car on considère que c'est important pour la création d'un marché de l'occasion. Il faut en effet que les véhicules neufs qui deviendront des occasions collent aux attentes de la plupart des Français pour redynamiser le marché et éviter le vieillissement du parc", affirme le directeur de l'IMT. 

 

 

Enfin, un changement de stratégie est perceptible au niveau des constructeurs qui compriment leurs marges unitaires dans l’espoir de renouer avec des volumes de ventes satisfaisants "ce qui n'a pas été nécessairement le cas dès 2025 avec une baisse de 5 % des volumes d'immatriculations, et qui s'amorce tout doucement en ce milieu de printemps 2026", explique Jean-Philippe Hermine.

 

©IMT - C-Ways

 

Un écart de prix entre électrique et thermique qui se réduit

 

Un autre phénomène joue en parallèle, puisque la part des véhicules électriques a atteint 20 % et leurs prix commencent à converger vers ceux des modèles thermiques équivalents. En effet, le baromètre montre qu’en 2025, l’écart de prix se situait à 4 300 euros sur le segment B tandis qu’en 2024, ce même écart s’élevait à 7 700 euros. Sur le segment C, cet écart n’est que de 2 300 euros, souligne l’IMT.

 

"Parmi les éléments importants, l'écart de prix entre les véhicules électriques et thermiques qui ont été vendus en 2025 était inférieur au niveau des aides publiques", précise Jean-Philippe Hermine. C'est le signal d'une baisse structurelle des tarifs. Pour l’entité de l’Iddri, les consommateurs sont aussi plus attentifs au coût d’utilisation d’un véhicule électrique qui reste trois fois inférieur à celui d’un modèle thermique équivalent, renforçant sa compétitivité globale.

 

Une compétitivité sur les véhicules électriques qui s’explique enfin par une baisse du prix des batteries et l’émergence du LFP. Toutefois, si l’écart se réduit, c’est aussi parce que le prix des véhicules thermiques augmente. Ces derniers ont vu leurs prix grimper de 22 % depuis 2019, en partie du fait de l’hybridation (qui représente une part de marché de 43 %) et des stratégies de marge des constructeurs et d'un alignement avec les normes CAFE.

 

©IMT - C-Ways

 

Une baisse dans tous les canaux de distribution

 

L’étude de l’IMT et C-Ways montre que la hausse des prix depuis six ans a provoqué une contraction du marché. En effet, depuis la chute des ventes durant la pandémie (2020-2022), le marché ne parvient pas à retrouver une bonne croissance et les volumes ont dégringolé de 26 % depuis 2019. "Depuis 2023, nous constatons une baisse structurelle des volumes de vente. Certains observateurs s'attendaient à ce que l'on revienne à un marché autour des deux millions d'unités et nous n'y sommes pas du tout", se désole le directeur de l'IMT.

 

"Il est intéressant de regarder les canaux de distribution. Si le canal particulier enregistre une baisse des ventes de 24 % entre 2019 et 2025, il y a un véritable effondrement du côté des ventes tactiques de 38 %, affirme Jean-Philippe Hermine. Pourquoi les ventes tactiques ont-elles autant baissé ? Entre 2020 et 2022, il y avait un défaut de volume et d'offre obligeant les constructeurs à privilégier les particuliers et les entreprises. Mais les concessionnaires sont dans des situations plus compliquées aujourd'hui qu'en 2019, où on a beaucoup mobilisé ce type de canal. Il est donc devenu plus difficile de pousser les immatriculations artificiellement dans son réseau étant donné la santé financière de ce dernier".

 

©IMT - C-Ways

 

Des prix qui impactent les ménages modestes

 

Cette baisse conséquente des volumes s’observe en particulier au niveau des ménages modestes. Ainsi, la part des 40 % de ménages les plus modestes est passée de 24 % à 15 % des achats, tandis que celle des 10 % les plus aisés a grimpé de 22 % à 30 %. Un décrochage qui s’explique par une explosion du prix des véhicules et par la progression limitée du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires.

 

 

En revanche, là encore, 2025 marque une rupture. L’IMT constate une inversion de la tendance avec la mise en place du leasing social qui représente un tiers des achats des ménages modestes. Des aides publiques qui permettent que 41 % des véhicules électriques neufs soient acquis par ces ménages en 2024, contre 20 % en 2022.

 

©IMT - C-Ways

Le gain des politiques publiques

 

Comme nous l’avons vu précédemment, les politiques publiques ont eu des effets vertueux, que ce soit sur les prix ou l’accessibilité aux ménages modestes. Ces soutiens de l’État ont permis en partie de réorienter la demande vers des modèles électrifiés ou de plus petite taille.

 

En effet, en 2025, plusieurs dispositifs ont été mis en place à l’image du durcissement du malus au poids, qui implique désormais les véhicules hybrides rechargeables. Ainsi, le baromètre montre que la masse moyenne des PHEV vendus a baissé de 110 kg en un an. Selon l’IMT et C-Ways, la fiscalité a eu une influence sur les choix de conception des véhicules et l’arbitrage des acheteurs.

 

Autre constat en matière d’impact des politiques publiques, l’étude montre que les émissions de CO₂ homologuées chez les grands constructeurs ont également reculé. Ainsi, entre 2021 et 2025, la réduction des émissions pour BMW et Volkswagen atteint respectivement 34 % et 30 %. Néanmoins, l’IMT souligne que des marques comme Dacia, Ford ou encore Toyota affichent encore des émissions moyennes au-dessus des objectifs européens en 2025.

 

Des véhicules électriques made in Europe

 

Enfin, le baromètre a étudié la provenance de la production des véhicules vendus en France. L’étude montre que 77 % d’entre eux ont été fabriqués au sein de l’Union européenne, tandis que ceux produits en Chine ne représentent que 5 %.

 

Pour l’IMT et C-Ways, l’écoscore a eu un effet non négligeable. L’Hexagone enregistre une baisse de 11 % de la production de véhicules thermiques. En revanche, elle s’impose en matière de production de VE avec 27 % des modèles à batterie vendus en France produits dans le pays.

 

L’électrification revêt donc un enjeu de souveraineté pour l’IMT et C-Ways. Grâce à l’électrique, la France tient bon la barre sur le segment B tandis qu’elle recule sur les segments supérieurs face à l’Allemagne et à la Corée du Sud. Grâce à l’implantation de gigafactories sur le territoire, l’Hexagone parvient à rester compétitif dans le domaine.

 

©IMT - C-Ways

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