Les défaillances accélèrent dans l'automobile

Alors que les indicateurs économiques peinent à retrouver des couleurs, les professionnels de l'automobile voient leur environnement se tendre un peu plus. Les dernières données publiées par Altares montrent que le commerce et la réparation de véhicules comptent désormais parmi les activités les plus exposées.
Entre avril et juin 2026, 823 entreprises ont fait l'objet d'une procédure collective, soit une hausse de 14,8 % sur un an.
Si les distributeurs automobiles continuent d'alimenter cette tendance, les réparateurs enregistrent désormais la progression la plus marquée. Les défaillances dans les activités d'entretien et de réparation s'envolent de 28 %, tandis que le commerce de véhicules progresse de 11 %.
Les plus petites entreprises restent les plus vulnérables
Cette dégradation s'inscrit dans un contexte économique plus global. À l'échelle nationale, 17 486 procédures ont été ouvertes au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 5,4 % par rapport à la même période de l'an dernier. Le niveau des défaillances demeure ainsi près de 40 % supérieur à celui observé avant la crise sanitaire.
Comme lors des précédents exercices, ce sont les TPE qui concentrent l'essentiel des difficultés. Les entreprises de moins de trois salariés représentent à elles seules les trois quarts des procédures recensées et voient leur sinistralité progresser de 8,3 %.
Les sociétés récemment créées restent également particulièrement exposées. Les structures âgées de moins de trois ans enregistrent une hausse de 12,7 % des défaillances, Altares précisant que la vente et la réparation automobile figurent parmi les activités les plus concernées par cette fragilité.
Une embellie qui tarde à se dessiner
Pour Altares, rien n'indique, à ce stade, un retournement rapide de tendance. Malgré une progression moins rapide qu'en 2025, le niveau des procédures collectives reste historiquement élevé. Thierry Millon, directeur des études du groupe, estime que les difficultés actuelles trouvent désormais leur origine moins dans les conséquences de la crise sanitaire que dans un environnement économique durablement dégradé.
"Face à une demande atone et à des coûts d’exploitation toujours élevés, les entreprises mobilisent davantage leurs ressources de trésorerie. [...] La fragilité des entreprises n’est plus à chercher dans les dispositifs hérités de la gestion de la crise sanitaire mais dans une conjoncture qui affaiblit brutalement l’équilibre financier des entreprises."
Cette fragilité financière se retrouve d'ailleurs dans un autre indicateur. Selon une enquête Ifop publiée fin juin, réalisée pour le cabinet Arc, les retards de paiement des entreprises françaises ont atteint leur plus haut niveau depuis douze ans. En moyenne, les factures sont désormais réglées avec 18,9 jours de retard, contre 17,3 jours un an plus tôt.
Dans ce contexte, Altares table sur 34 000 à 35 000 nouvelles défaillances au second semestre.
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