Le syndicat IG Metall met la pression sur Volkswagen

Alors que la direction du groupe Volkswagen travaille toujours à un plan de restructuration, le puissant syndicat IG Metall est entré en action.
"Celui qui s'en prend aux salariés et à la codécision prend le risque de déclencher un conflit (social) majeur", a déclaré Thorsten Gröger, négociateur du syndicat IG Metall, devant les portes du site historique de Wolfsburg.
Le plan, discuté au sein du conseil de surveillance, prévoit selon la presse des dizaines de milliers de suppressions de postes supplémentaires dans le monde et la fermeture de quatre usines en Allemagne.
"Nous résisterons de toutes nos forces à toute attaque [...] sur les effectifs du groupe Volkswagen et sur nos usines", a dit Thorsten Gröger dans un communiqué distinct.
Tout en reconnaissant la crise que traverse l'industrie automobile allemande, la présidente du comité d'entreprise du groupe Volkswagen, Daniela Cavallo, a quant à elle appelé la direction à présenter "un plan global pour l'avenir" du groupe.
L'éventuel détachement de la marque Volkswagen en société distincte se heurte aussi à l'opposition des salariés et du Land actionnaire de Basse-Saxe, qui y voient une menace pour les droits de codécision garantis par une loi spécifique à la gouvernance du groupe adoptée en 1960.
Si aucune décision majeure n'est attendue le jour même, c'est bien ce vaste plan d'économie qui dominera les débats. Car Volkswagen fait face à une accumulation de défis : droits de douane américains, concurrence chinoise et retard technologique dans la mobilité électrique, le numérique, la robotique et l'IA.
Déjà 50 000 postes supprimés d'ici 2030
Des manifestations syndicales se sont déroulées dans de nombreuses usines, comme à Zwickau, qui emploie 8 000 personnes, convertie pour fabriquer exclusivement des voitures électriques, dont les ventes se font plus lentes que prévu.
"Toute la région vit de VW. La région est morte si VW part", témoigne Denny, 48 ans, qui travaille pour un fournisseur voisin. Il dit ressentir la menace de la concurrence, notamment chinoise, et de la demande qui se dégrade.
"Ce site ne sera pas fermé, pas contre notre volonté, nous le défendrons", a martelé Thomas Knabel, le directeur d'IG Metall de l'usine devant environ 200 manifestants venus protester, l'un d'entre eux déguisé en Grande Faucheuse, une faux à la main.
Le groupe a déjà engagé un plan prévoyant la suppression de 50 000 emplois en Allemagne d'ici à 2030, dont 35 000 au sein de la marque VW en accord avec les syndicats. Mais ce programme est désormais jugé insuffisant par la direction.
Le président du directoire, Oliver Blume, envisagerait 50 000 suppressions de postes supplémentaires dans le monde, la fermeture de trois usines Volkswagen en Allemagne et d'un site Audi, selon des informations publiées fin juin par le Manager Magazin.
Un porte-parole du groupe n'a ni démenti ni confirmé ces informations, mais souligné que Volkswagen devait "améliorer sa compétitivité", prônant une "discipline encore plus rigoureuse en matière de coûts et d'investissements".
"Notre modèle économique des décennies passées ne fonctionne plus"
Au cœur de la crise, la Chine, longtemps premier marché du constructeur mais où ses ventes s'effondrent. Les marques chinoises gagnent du terrain.
Le groupe allemand, qui écoulait, dans ses meilleures années, quelque 11 millions de véhicules, majoritairement produits en Europe, en a livré à peine neuf millions en 2025.
"Notre modèle économique des décennies passées ne fonctionne plus", reconnaissait en mars Oliver Blume, invoquant notamment "notre structure de coûts élevée", alors que l'empreinte industrielle du groupe en Allemagne a longtemps été vue comme intouchable.
À Osnabrück, où l'arrêt de la production automobile est déjà programmé, des discussions sont en cours pour des partenariats avec le secteur en plein boom de la défense. Volkswagen étudie également la possibilité de fabriquer en Allemagne des véhicules électriques actuellement conçus en Chine.
La pression monte d'autant plus sur Oliver Blume que les familles actionnaires Porsche et Piëch réclament des résultats. Depuis son arrivée en 2022, Volkswagen a vu sa rentabilité reculer à un niveau inédit depuis le Dieselgate et sa valeur en Bourse fondre de plus de moitié. (avec AFP)
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