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Distribution

Dubreuil regroupe toutes ses activités automobiles sous une même bannière : Clarens

Publié le 22 janvier 2026

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
Le groupe vendéen fusionne toutes ses entités liées à son activité automobile. Pour l'un des derniers distributeurs exclusifs des marques du groupe Stellantis, le but est de mutualiser ses métiers et de poser les bases d’une organisation intégrée. Clarens a été pensée pour restaurer durablement la rentabilité.
Dubreuil fusion entités automobiles
Le groupe Dubreuil fusionne Clara (Peugeot), Claris (Citroën) et Claro (Opel) sous une seule et même entité : Clarens Automobiles. ©Le Journal de l'Automobile

Adieu Clara, Claris et Claro, vive Clarens ! Le groupe Dubreuil, troisième investisseur Stellantis en France, a annoncé la fusion de ses entités qui distribuent respectivement les marques Peugeot, Citroën et Opel. "Cette fusion est la plus importante jamais réalisée dans la distribution automobile, indiquent Paul-Henri Dubreuil, président du groupe Dubreuil et Hervé Krux, directeur général du groupe. Outre nos concessions, Clarens regroupe sous une même bannière toutes nos activités automobiles, qui intègrent également notre enseigne de véhicules d'occasion Manouvelle voiture.com, l'activité carrosserie Carren, celle de transport Ullis et la plateforme de pièces Opal. En tout, cela représente 56 entités et 2 000 collaborateurs."

 

 

Cette nouvelle stratégie s'inscrit dans le plan Clarévolution qui sera mené à son terme en 2028. Il prévoit également de mettre l'accent sur le véhicule d'occasion et l'après-vente, de développer la formation des équipes, avec notamment l'ouverture d'un campus d'ici la fin de l'année, et de poursuivre la mise en place de groupes de travail avec les collaborateurs. "En créant Clarens, «ens» pour «ensemble», nous voulons renforcer nos activités automobiles", présentent les deux dirigeants. Si Clarens Automobiles conserve l'intégralité de ses collaborateurs, l'organisation évolue. "Nous allons nommer un directeur, non pas par plaque ou par marque, mais par ville, ce qui permettra d'optimiser les synergies, notamment opérationnelles", poursuivent-ils.

 

Une évolution à 360°

 

"L'activité distribution automobile enregistre une perte de cinq millions d'euros, soulignent les deux dirigeants. Certaines marques que nous distribuons ne sont plus rentables. C'est le cas d'Opel. En dessous de 2 % de part de marché, nous estimons qu'il n'y a plus d'intérêt à être présent dans une grande ville. C'est pourquoi nous avons récemment cédé au groupe DMD cinq affaires Opel qui a d'autres projets pour cette marque. En parallèle, nous avons repris le groupe Menoux, un important distributeur Peugeot dans les Landes, ce qui nous permet d'équilibrer les ventes des cinq affaires Opel." Ils rappellent qu'"avec Peugeot, la rentabilité dépassait les 2 % et l'arrivée de Citroën et d'Opel a réduit cette rentabilité".

 

Des VO en difficulté à cause des valeurs résiduelles sur l'électrique

 

Sur le marché de l'occasion, le groupe Dubreuil peine également à sortir la tête de l'eau. "Les valeurs résiduelles des véhicules électriques en buy back nuisent de façon importante à la rentabilité, complètent Paul-Henri Dubreuil et Hervé Krux. L'électrique a changé la rentabilité du VO à cause de l'obsolescence de la technologie. Le soutien de Stellantis est aujourd'hui indispensable pour retrouver de la rentabilité sur cette activité." En 2025, le groupe a perdu beaucoup d'argent pour rendre son stock moins toxique. "Nous avons retrouvé un peu de trésorerie pour investir dans du sourcing", expliquent les deux hommes.

 

Le groupe, qui dispose de 4 000 véhicules en stock, compte également s'appuyer sur certaines disponibilités immobilières liées à son désengagement avec Opel pour créer des points de vente physiques Manouvellevoiture.com.

 

Une fidélité à toute épreuve

 

Néanmoins, le groupe veut rester fidèle à Stellantis. S'il observe toutes les possibilités de croissance externe qui peuvent s'offrir à lui, il ne compte pas investir avec d'autres constructeurs. Il ne souhaite pas non plus étendre son territoire. "Nous n'irons pas investir en Île-de-France ou dans le Nord, par exemple, précise Hervé Krux. Nous souhaitons garder une certaine cohérence territoriale pour optimiser les synergies entre les différentes concessions, en nous appuyant notamment sur nos trois plateformes logistiques." Pour rappel, le groupe, présent dans 47 villes, s'étend de Dreux (28) à Dax (40) à la suite du rachat du groupe Menoux.

 

©Dubreuil

 

En après-vente, le groupe Dubreuil vise 25 % de MBA (marge brute d'activité) dès la fin de cette année. Pour cela, il prévoit de développer les carrosseries en marque blanche, optimiser les ateliers pour renforcer l'activité et fidéliser sa clientèle au-delà des trois ans, durée moyenne pendant laquelle un client fait entretenir son véhicule dans la concession où il a été acheté. "Dans les mois à venir, nous allons mettre en place un programme de fidélité avec des offres avantageuses pour nos clients", précise Hervé Krux. Cette stratégie a permis de créer un outil RCU centralisé, ce qui permet au groupe de disposer d'une base de données de 1,8 million de clients.

 

1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires

 

En 2025, la branche automobile du groupe Dubreuil, qui représente un tiers de ses sept activités, a enregistré un chiffre d'affaires de 900 millions d'euros, uniquement pour la partie distribution de véhicules, ce à quoi il faut ajouter plus de 168 millions d'euros pour la plateforme Opal, soit un total de 1,23 milliard d'euros. Distribuant huit marques, toutes du groupe Stellantis, le groupe Dubreuil a commercialisé 20 000 véhicules neufs et 22 500 modèles d'occasion. "C'est la première année que nous commercialisons plus de VO que de VN", tient à rappeler Hervé Krux. Le groupe est présent dans 47 villes et dispose de 84 contrats.

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