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Distribution

Début d'année mitigé pour les concessionnaires

Publié le 12 janvier 2024

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
2024 démarre sur un rythme incertain pour les opérateurs automobiles. Malgré une hausse notable des immatriculations de 16,1 % en 2023, le secteur peine à retrouver son dynamisme d'avant-crise. À l'approche des journées portes ouvertes, plusieurs concessionnaires partagent leurs perspectives.
perspectives ventes début 2024
Les concessionnaires attendent avec impatience les journées portes ouvertes qui marqueront le début de l'année. ©AdobeStock

"Je n’ai pas de boule de cristal pour 2024 , mais je trouve que cela commence assez mollement", indique un important concessionnaire Renault de la région parisienne.

 

"Notre carnet de commandes est en forte progression", rétorque un distributeur du Sud-Ouest qui dispose dans son portefeuille des marques du groupe Stellantis. "Je n’observe pas de différence par rapport à l’année dernière", commente un autre acteur multimarque du Centre de la France. Il détient notamment des enseignes du groupe Volkswagen dans son giron.

 

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Difficile donc de se faire une opinion en ce début d'année sur la tournure que va prendre la vente automobile en France en 2024. "L’année va vraiment commencer avec les journées portes ouvertes de ce week-end", enchaîne un distributeur multimarque du Nord de la France. "Comme tous les ans", nous glisse un autre.

 

Sont-ils optimistes pour ce premier grand rendez-vous commercial ? "C’est surtout le départ pour nos commerciaux qui, après les fêtes, se remettent à contacter leurs clients", observe un distributeur breton.

 

Stellantis commence en fanfare

 

Sans faire de caricature, il semblerait néanmoins qu'une tendance se dégage en ce début d'année. D’un côté, les distributeurs Stellantis semblent se frotter les mains et de l’autre, ceux qui ne détiennent pas de marque du groupe, obtiendraient des chiffres calqués sur le marché de l'an passé.

 

"Sur certains sites, nous sommes à plus d'un tiers de notre objectif sur les dix premiers jours", se félicite cet acteur Stellantis des Pays-de-la-Loire. À entendre les distributeurs Peugeot, Citroën et Opel, l’année démarre sur les chapeaux de roues. Un constat confirmé par Igor Dumas qui, à la tête d’Opel France, annonce d’importantes prises de commandes pour sa marque.

 

Car Stellantis semble avoir mis sur la table les moyens commerciaux. Ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps. D’ailleurs, Peugeot, Citroën et Opel sont les marques que l’on entend beaucoup communiquer sur les ondes.

 

Un rattrapage inespéré

 

"Il était temps !", se réjouit un distributeur concurrent. En effet, les deux marques phares de Stellantis ont connu une année 2023 que l’on pourrait pudiquement qualifier de "compliquée".

 

Avec des baisses respectives de 1,7 % et de 3 %, les plus mauvaises performances du marché pour ses marques généralistes, le constructeur français souhaite donc envoyer un signal fort à son réseau, en lui donnant à nouveau les moyens de performer.

 

La communication du groupe sur le leasing social incite d'ailleurs les clients à se déplacer dans les concessions. "Nous avons beaucoup de demandes, se félicite le distributeur des Pays-de-la Loire. Cela crée du passage dans nos affaires, ce qui permet de remonter le moral des troupes et de créer une excellente dynamique." Même s'il avoue craindre que cet engouement retombe rapidement...

 

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"C’est un effet d’aubaine", tempère le distributeur Renault du Grand Ouest. "Avec 25 000 dossiers, c’est environ 1,5 % du marché annuel et d’ici la fin février, le sujet sera clos", souligne l’autre distributeur Renault interrogé.

 

"Je ne compte absolument pas sur cette offre. J’ai d’ailleurs dit à mes équipes commerciales : « Du leasing, oui, mais pas social ! ». D’autant plus que nous ne disposons pas encore de toutes les informations concrètes pour le déploiement de ce système."

 

Un leasing social qui n'est pas la panacée

 

C'est pourquoi, le distributeur Renault reste très prudent. "Cette offre est réservée à deux voitures par ménage. Qu’est-ce qui me garantit que le client qui vient me voir n’est pas à sa troisième ou quatrième demande ? Je n’ai pour l’instant aucun moyen de le vérifier, alors que c’est à moi, en tant que distributeur, d’avancer les 13 000 euros du leasing social", poursuit-il.

 

D’ailleurs, même si Renault est le mieux disant avec une Twingo E-Tech à 40 euros/mois, il semblerait que le constructeur ne pousse pas vraiment. Du moins jusqu'à maintenant. Car selon nos confrères du Figaro, le constructeur a annoncé le 12 janvier 2024 s'engager à fournir davantage de véhicules (Twingo E-Tech et Megane E-Tech), sans pour autant donner de chiffres.

 

De son côté, Stellantis s'est dit tout de suite prêt, avec ses dix modèles éligibles, à fournir 20 000 voitures en leasing social, ce qui représente 80 % du volume alloué à cette aide.

 

A lire aussi : Stellantis propose huit modèles éligibles au leasing social

 

Les prochaines journées portes ouvertes vont-elles lancer la machine des ventes et permettre de conclure le premier trimestre positivement ? "Si je dois résumer la situation que nous connaissons actuellement, je note que le véhicule neuf démarre l'année sans coup d'éclat, voire assez mollement, à cause de prix toujours trop élevés. Le véhicule d'occasion n'est pas du tout dynamique en volume, le service après-vente tourne à plein régime, mais nous sommes confrontés à des problèmes de main-d’œuvre. Pour finir, si nous avons de bons résultats sur la pièce de rechange, nous observons encore des problèmes d'approvisionnement sur des lignes de produits", résume un distributeur parisien.

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