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Constructeurs

Stellantis : Antonio Filosa poursuit son opération séduction en France

Publié le 5 juin 2026

Par Catherine Leroy
4 min de lecture
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, Antonio Filosa choisit de rassurer l'écosystème automobile français. Investissements, emploi, dialogue avec les pouvoirs publics : le nouveau directeur général de Stellantis multiplie les signaux d'apaisement. Une prise de parole qui marque une rupture de ton avec l'ère Carlos Tavares, même si les défis industriels et commerciaux du groupe restent entiers.
Antonio Filosa, sur le site industriel de Mulhouse lors de l'annonce de l'investissement de 1 milliard d'euros en France, le 2 juin 2026. ©JA

Pour sa première grande prise de parole dans la presse française depuis sa nomination à la tête de Stellantis, Antonio Filosa a choisi d'adresser un message de réassurance. Dans une tribune publiée le 5 juin 2026 dans Le Figaro, le nouveau directeur général du constructeur promet plus d'un milliard d'euros d'investissements en France, exclut toute fermeture d'usine et réaffirme le rôle central de Peugeot dans la stratégie du groupe.

 

"Stellantis veut maintenir et développer l'activité et les emplois associés en France, sans fermer d'usine", écrit-il. La formule est loin d'être anodine. Depuis plusieurs années, le constructeur s'était surtout distingué par un discours centré sur la compétitivité, la performance financière et la maîtrise des coûts. Antonio Filosa choisit au contraire de mettre en avant les salariés, les territoires, les partenaires industriels et l'ancrage national du groupe.

 

Dans sa tribune, le dirigeant rappelle que Stellantis emploie directement près de 40 000 personnes dans l'Hexagone, s'appuie sur douze usines réparties dans treize régions et entretient plus de quarante partenariats industriels et académiques. Une manière de souligner le poids économique du constructeur en France au moment où l'industrie automobile européenne traverse une période d'incertitude.

 

Une volonté de réconciliation

 

Cette prise de parole intervient alors que Stellantis cherche à tourner une page délicate de son histoire récente. Les derniers mois du mandat de Carlos Tavares ont été marqués par des tensions avec une partie des réseaux de distribution, des interrogations sur la stratégie produit de certaines marques et une dégradation des performances commerciales sur plusieurs marchés européens.

 

Sans jamais évoquer son prédécesseur, Antonio Filosa s'attache à restaurer un climat de confiance. Le vocabulaire employé tranche avec celui auquel le groupe avait habitué ses interlocuteurs. Le nouveau patron insiste sur la proximité avec les clients, les communautés locales et les partenaires industriels. Il évoque à plusieurs reprises la responsabilité du constructeur vis-à-vis de l'emploi et de l'industrie française. Des sujets souvent éclipsés par la priorité donnée à la rentabilité et à la performance financière sous la direction de Carlos Tavares.

 

Cette volonté de réconciliation s'adresse autant aux pouvoirs publics qu'aux salariés et aux réseaux de distribution, qui attendent davantage de stabilité après plusieurs mois de turbulences. Lors de sa visite du site de Mulhouse (68), le 2 juin 2026, Antonio Filosa n'a pas hésité à remercier les pouvoirs publics pour les aides accordées à l'électrification des ventes de voitures neuves, mais aussi pour leur position dans la défense d'une industrie européenne et la position de la France sur le sujet de l'Industrial Accelerator Act.

 

Mais dans un marché européen en stagnation et confronté à une concurrence chinoise de plus en plus agressive, les arbitrages industriels pourraient rapidement redevenir un sujet sensible. Les logiques partenariales avec Leapmotor d'un côté et la création d'une JV avec Dongfeng de l'autre devront démontrer leur capacité à générer les économies d'échelle attendues.

 

 

Peugeot érigée en symbole

 

Autre signal fort : la place accordée à Peugeot. Antonio Filosa présente la marque comme l'un des piliers historiques du groupe et insiste sur son rôle dans l'avenir de Stellantis. Fiat en Italie, Peugeot en France : les deux pays d'origine des actionnaires sont bien sûr soignés dans la communication.

 

Le dirigeant cite notamment le développement de la future plateforme STLA One à Mulhouse, la relance de la sportive e-208 GTi ainsi que le retour annoncé de l'iconique 205 sous la forme d'un modèle électrique à l'horizon 2030. Il met également en avant les succès des SUV 3008 et 5008 et confirme l'ambition de faire monter DS Automobiles en gamme, même en la faisant revenir sous la coupe de Citroën.

 

Car derrière la hiérarchie annoncée dans les marques du groupe, le patron de Stellantis explique surtout qu'il s'agit de faire supporter aux quatre marques mondiales les investissements technologiques. Une fois rentabilisés, ces derniers profiteront aux marques régionales comme Citroën...

 

Des réseaux encore dans l'attente

 

Le nouveau dirigeant insiste également sur la proximité avec les clients et les réseaux partenaires. Un message qui résonne particulièrement auprès des réseaux de distribution dont les relations ont été plus que tendues par le passé.

 

Mais après une année 2025 marquée par la dégradation de leurs résultats financiers, les distributeurs attendent désormais davantage que des signaux d'apaisement. C'est sur les volumes, la rentabilité et la stabilité des orientations stratégiques qu'ils jugeront le mandat d'Antonio Filosa.

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