Nicolas Janin, Kia France : "Il est nécessaire de s'occuper davantage du parc roulant"

Le Journal de l'Automobile : Vous prenez de nouvelles fonctions à compter du 1er novembre 2026 dans l'expérience client, au sein d'une nouvelle entité créée chez Kia France. Pouvez-vous nous donner les détails sur cette initiative ?
Nicolas Janin : Il s'agit d'une nouvelle direction mise en place pour mettre l'accent sur le parcours client. De façon opérationnelle, elle regroupe et consolide plusieurs fonctions existantes au sein de l'entreprise. Il y aura la gestion de la relation client sur l'ensemble du cycle, notamment grâce aux données unifiées et au traitement des retours d'expériences positifs comme problématiques, mais aussi les cellules de développement et de formation du réseau. Kia France veut améliorer l'empreinte locale des concessionnaires et assurer leur montée en compétences dans l'expérience client.
J.A. : Ce n'est donc pas un simple bureau, mais une véritable entité stratégique ?
N.J. : C'est un nouveau défi porteur de perspectives, qui marque une étape majeure dans la maturité de la marque en France. Cette structure existait déjà sur d'autres marchés, et après un plan produits très fort ces dernières années, Kia est prête à consolider ses fondamentaux pour perfectionner le contact client.
J.A. : Qu'est-ce qui a motivé la création de votre poste ?
N.J. : La marque est implantée en France depuis 30 ans et a enregistré une très forte croissance. Au-delà des volumes de vente, il est nécessaire de s'occuper davantage du parc roulant et de la fidélisation. Même si les taux de satisfaction client sont très bons, ce potentiel n'était pas suffisamment exploité.
J.A. : Il s'agit donc de faire fructifier ce patrimoine. Quels sont les moyens alloués pour remplir cet objectif ?
N.J. : Les moyens existaient déjà, mais étaient diffus entre plusieurs départements comme l'après-vente, le marketing ou la relation client. L'enjeu est de créer des synergies pour regrouper ces forces au service de la qualité des interactions, des bases de données et des services proposés.
J.A. : Cette division chargée de l'expérience se fonde au moment de l'essor de l'intelligence artificielle. Quel regard portez-vous sur ce virage ?
N.J. : Un regard très positif, car le groupe pousse activement à une utilisation massive de l'IA pour gagner du temps et de la productivité. La puissance de calcul permet de déceler des tendances, de repérer des opportunités de renouvellement et de collaborer plus étroitement avec les partenaires financiers pour optimiser les cycles de financement.

Kia a notamment présenté les K4 et Seltos au Mondial de Paris 2026. ©JA
J.A. : Vous mentionniez le développement du réseau, mais que peuvent concrètement attendre les concessionnaires de ces changements ?
N.J. : Il s'agit d'un partenariat gagnant-gagnant. Le concessionnaire assure le contact local, le service et la découverte, tandis que la marque apporte la force de ses valeurs, sa notoriété et son actualité produit pour l'accompagner dans la gestion du cycle de vie du client.
J.A. : Le véhicule d'occasion reste le premier marché transactionnel en France. Que prévoyez-vous pour l'activité VO chez Kia avec ce département de l'expérience client ?
N.J. : L'approche consiste à intégrer les acheteurs de VO aux clients de la marque sans distinction. Qu'il s'agisse d'un véhicule neuf ou d'occasion, chaque conducteur Kia a droit au même niveau d'exigence et de services.
JA : Comment cela se matérialisera-t-il sur le terrain ?
N.J. : Cela s'articule autour des solutions de financement et des extensions de garantie. Bien que Kia propose déjà une garantie de 7 ans, des formules d'extension sont à l'étude pour accompagner les clients fidèles sur une deuxième ou troisième vie du véhicule. Par ailleurs, l'objectif est de développer les formules locatives sur l'occasion, à l'image des réflexions sur le coût de détention mensuel déjà courantes sur le véhicule neuf.
JA : Quelle est la proportion du leasing entre le véhicule neuf et l'occasion ?
N.J. : Chez les particuliers, le leasing dépasse 70 % sur le véhicule neuf, contre bien moins de 30 % en occasion la plupart du temps. Pourtant, la formule locative sécurise l'acheteur de VO face aux craintes sur l'usure de la batterie, même si les études démontrent aujourd'hui une excellente durabilité des packs de batteries dans le temps.
L'objectif est toujours d'atteindre plus de 40 000 immatriculations en 2026
J.A. : Vous quitterez votre poste de directeur des ventes quelques jours après la fin du Mondial de l'Auto. Quel bilan dressez-vous de votre mandat ?
N.J. : À mon arrivée en février-mars 2025, le contexte était tendu avec l'instauration de l'écoscore, la fin de cycle de la famille Cee'd et un ralentissement du marché. En nous concentrant sur les fondamentaux commerciaux, le dialogue avec les distributeurs et la préservation des valeurs résiduelles, la dynamique a été relancée. Le portefeuille de commandes a été quasiment quadruplé, passant d'environ 1 500 à 1 600 unités en 2025 à plus de 7 000 véhicules aujourd'hui. Les immatriculations progressent de près de 7 % en cumul annuel par rapport à 2025.
J.A. : Quel est l'objectif fixé pour la clôture de l'année ?
N.J. : L'objectif est toujours d'atteindre plus de 40 000 immatriculations en 2026, sous réserve que les livraisons d'usines arrivent au rythme prévu.
J.A. : Au vu de l'offensive marquée des constructeurs chinois sur le salon, comment comptez-vous défendre vos positions ?
N.J. : Plusieurs atouts différencient Kia des autres marques entrantes, à commencer par le maillage du réseau, que nous travaillons et pérennisons depuis 30 ans. Nous faisons aussi valoir un parc roulant et un portefeuille de clients à choyer et à fidéliser pour le renouvellement. L'autre élément important concerne notre compétitivité sur les mensualités de leasing grâce à des valeurs résiduelles reconnues. Enfin, je soulignerai la stratégie industrielle du groupe Hyundai qui sécurise tous les composants et la logistique.
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