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Constructeurs

Gouvernance Stellantis : les actionnaires votent pour la continuité

Publié le 15 avril 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
4 min de lecture
L’assemblée générale de Stellantis a reconduit la gouvernance du groupe et acté la rémunération du directeur général Antonio Filosa à 5,4 millions d'euros. Après une année 2025 dite "de transition", le constructeur vise une amélioration de ses performances en 2026.
Assemblée générale de Stellantis 2026
De gauche à droite : Dirk-Jan Smit, notaire chez Freshfields Bruckhaus Deringer ; John Elkann, président de Stellantis ; Antonio Filosa, directeur général de Stellantis ; Giorgio Fossati, avocat général de Stellantis. ©Stellantis

L’assemblée générale annuelle des actionnaires Stellantis a battu des records de vitesse. Après à peine 40 minutes, la réunion, retransmise en direct depuis les Pays-Bas (siège social de l’entreprise), s’est close. Pour l'essentiel, John Elkann a été maintenu au poste de directeur exécutif, tout comme Robert Peugeot et Henri de Castries en tant qu’administrateurs non exécutifs. En parallèle, l’assemblée générale nomme Juergen Esser comme administrateur non exécutif supplémentaire. Les administrateurs sont nommés pour un mandat de deux ans.

 

Précisons que le conseil d’administration a reconduit John Elkann au poste de président, Robert Peugeot à celui de vice-président et Henri de Castries comme administrateur indépendant principal. Au cours de l’événement, John Elkann et Antonio Filosa, respectivement président et directeur général de Stellantis, ont rappelé que 2025 était avant tout une année de transition dans un contexte compliqué et marqué par des changements dans la direction.

 

 

Les actionnaires n’ont pas pu obtenir de réponse à leurs questions sur la future stratégie du groupe. Ces derniers devront ainsi patienter jusqu’au 21 mai 2026, date de la présentation de la feuille de route. Le reste des thèmes a largement été approuvé par les actionnaires, à plus de 90 %, notamment la rémunération de 5,4 millions d’euros d’Antonio Filosa, à 93 %.

 

"Stellantis a dû relever des défis stratégiques et opérationnels tout en évoluant dans un environnement externe complexe, marqué par des droits de douane, une incertitude réglementaire, une concurrence accrue et une instabilité géopolitique croissante, souligne John Elkann. Nous avons rapidement simplifié notre organisation, renoué avec nos clients et les communautés au sein desquelles nous opérons, et entrepris de repositionner l'entreprise pour une croissance durable et rentable."

 

Une année 2025 "de transition" pour Stellantis

 

L'année 2025 aura été mouvementée pour le groupe aux 14 marques, qui la qualifie d’"année de transition". En effet, Stellantis a dû faire face à des difficultés économiques et à des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Des turbulences, y compris réglementaires, avec notamment, comme Antonio Filosa l'a rappelé, les droits de douane imposés par Donald Trump en avril 2025. Le constructeur italo-franco-américain a ainsi dû effectuer une réorientation stratégique. Par ailleurs, le directeur général a précisé que le groupe avait lancé dix nouveaux véhicules en 2025, de différentes motorisations.

 

 

Les livraisons consolidées s’élèvent à 5,5 millions d’unités, en hausse de 1 % par rapport à 2024. Une croissance principalement constatée en Amérique du Sud et du Nord, ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique. Comme annoncé en février 2026, Stellantis a passé une charge exceptionnelle dans ses comptes d’environ 22 milliards d’euros, ce qui a impacté ses résultats en 2025. "Ces mesures, bien que difficiles, étaient nécessaires pour rectifier le tir, rationaliser notre modèle opérationnel et préserver la création de valeur à long terme. Dans ce cadre, nous avons mené un examen approfondi de notre stratégie et de nos opérations", a détaillé Antonio Filosa aux actionnaires.

 

 

2026, l'espoir de la reprise

 

Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 153 milliards d’euros et accuse une baisse de 2 % par rapport à 2024. Quant à la marge d’exploitation ajustée, celle-ci s’établit à -0,5 % et "reflète la phase initiale de notre reprise, des charges tarifaires nettes importantes et plusieurs éléments exceptionnels ayant impacté l'exercice", souligne le directeur général du groupe.

 

D’autre part, les fluctuations du taux de change ont également impacté négativement, à hauteur d'un milliard d’euros, le résultat d’exploitation. En ce qui concerne le flux de trésorerie industriel disponible, celui-ci s’améliore nettement sur l’ensemble de l’année et au second semestre 2025. Il s’établit à -1,5 milliard d’euros au second semestre, soit une amélioration de 50 % par rapport au premier semestre et de 73 % sur un an.

 

 

Pour cette année 2026, le groupe anticipe une amélioration de son chiffre d’affaires net, de ses marges et de la génération de flux de trésorerie industriel disponible, "grâce à une solide liquidité et à un modèle opérationnel plus résilient", selon Antonio Filosa. Le groupe prévoit une croissance de son chiffre d’affaires net de 5 % et une marge d’exploitation de 10 %. Une amélioration "progressive" est également attendue entre le premier et le second semestre 2026.

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