Mobilians réclame un gel des malus en 2027

"On se concentre sur le malus." Pour Virginie de Pierrepont, la priorité de cette rentrée est clairement définie. Fraîchement élue à la présidence de Mobilians, elle entend empêcher un nouveau durcissement de la fiscalité automobile dans le projet de loi de finances pour 2027.
L’urgence tient à la situation du marché français. Malgré son redressement depuis le début de l’année, celui-ci reste installé autour de 1,6 million de voitures particulières neuves, très loin de ses niveaux d’avant-crise. Un volume insuffisant pour les constructeurs, mais aussi pour les distributeurs, les loueurs et l’ensemble de la filière.
"Plus personne ne croit à un marché à 2,1 millions, mais nous avons quand même 200 000 à 300 000 véhicules à aller chercher. Nous pouvons peut-être flirter avec 1,9 million", estime Virginie de Pierrepont.
Une variable d'ajustement
Le contexte budgétaire ne pousse pourtant pas à l’optimisme. Lors de ses échanges avec le gouvernement, Mobilians s’est vu rappeler l’absence de marge de manœuvre financière de l’État. Même une reconduction du budget à l’identique nécessiterait, selon les chiffres présentés à l’organisation professionnelle pendant la REF (Rencontres des entrepreneurs de France) organisée par le Medef fin août 2026, de trouver 23 milliards d’euros supplémentaires.
Dans ces conditions, Virginie de Pierrepont redoute que le secteur automobile ne soit une nouvelle fois mis à contribution. "Ce que nous pourrions craindre, c’est que l’automobile serve de variable d’ajustement et que le gouvernement aille encore chercher davantage d'économies", prévient-elle.
Cette accumulation de contraintes contribue, selon elle, à maintenir les ventes à un niveau trop faible. Elle s’appuie notamment sur les travaux menés par Roland Berger avec la PFA et plusieurs organisations de la filière sur les véhicules qui n’ont pas été vendus depuis la crise sanitaire.
La présidente de Mobilians juge pourtant que la France subit déjà une "double peine", avec des objectifs européens de réduction des émissions auxquels s’ajoute une fiscalité nationale de plus en plus lourde.
Un gel du malus CO2 en 2027
Une prime à la conversion pour simplifier
Avec la PFA et les autres partenaires de l’étude réalisée par Roland Berger, Mobilians défend également le rétablissement d’une prime à la conversion. Le dispositif devrait, selon l’organisation, être accessible aux véhicules d’occasion et ne pas se limiter aux voitures électriques ou hybrides neuves. "Si nous nous contentons d’une prime à la conversion sur des véhicules neufs, électriques et hybrides, nous excluons une partie de la population qui n’a pas les moyens d’y accéder", souligne Virginie de Pierrepont.
Ce choix en faveur de la prime à la conversion implique, pour Mobilians, de renoncer au leasing social. Virginie de Pierrepont affirme avoir obtenu l’assurance de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, qu’aucune nouvelle édition ne serait lancée avant l’élection présidentielle. "Il ne peut pas y avoir à la fois du leasing social et une prime à la conversion. Il ne faut pas tout mélanger, ce ne serait pas cohérent", juge-t-elle.
La dirigeante reconnaît que les tensions provoquées par la première édition du leasing social se sont atténuées, notamment depuis que certains constructeurs ont repris à leur charge les engagements de rachat des véhicules. Mais les retours des premiers contrats vont venir alimenter les préoccupations financières des réseaux de distribution dès janvier 2027.
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