Jean Barthel, RepairFlow : "Les frais de remise en état des VO ont augmenté de 4 %"

Le Journal de l'Automobile : RepairFlow a débarqué sur le marché des éditeurs de logiciels de gestion des centres de reconditionnement de voitures d'occasion en 2024. Comment s'est passée votre première année pleine de commercialisation ?
Jean Barthel : Nous avons fait une très belle année 2025 dans l'ensemble. Après avoir fait des promesses, nous avons apporté la preuve de notre qualité. Le logiciel de RepairFlow a permis aux exploitants de centres de reconditionnement de voitures d'occasion d'améliorer leur productivité. Cela a été le cas chez Atelier 5000 du groupe Bernard, par exemple. Une efficacité qui nous a ouvert les portes des CRVO d'Emil Frey France, dont il nous reste que le site de Lens (62) à déployer.
J.A. : Comment se porte le marché des éditeurs de logiciels en général ?
J.B. : Il arrive à maturité, selon moi. Il y a des acteurs généralistes qui trouvent progressivement leur place dans des structures à moins de 3 000 véhicules d'occasion par an et d'autres qui jettent l'éponge. Nous sommes désormais deux références sur le marché pour les structures plus grandes. Mais notre travail a fait de RepairFlow la seule solution capable de faire tourner un centre de reconditionnement sans outil complémentaire.
J.A. : Une concurrence exacerbée qui tient surtout au ralentissement des ouvertures de centres de reconditionnement, non ?
J.B. : En effet, entre 2024 et 2026, il y a eu comme un gel des projets. Très rares ont été les ouvertures durant cette période. Depuis quelques mois, fort heureusement, nous observons une recrudescence de l'activité. Des groupes de distribution de taille moyenne et des pure-players souhaitent investir dans les centres de reconditionnement et lancent des appels d'offres.
J.A. : Entre les murs des centres de reconditionnement, quelles sont les statistiques concernant les voitures d'occasion, d'après vos outils ?
J.B. : Nous avons pu consolider des chiffres et ils nous en apprennent un peu plus sur l’évolution de la situation entre 2025 et le premier semestre 2026. Notre volume de 6 000 à 7 000 VO traités par mois tous sites confondus révèle que les FREVO ont augmenté de 4 % pour osciller entre 950 et 1 100 euros selon le niveau de gamme. Cela tient à l'inflation des pièces et de la main-d'œuvre, mais aussi au vieillissement des VO. Comme ils ont 4,1 ans et 43 000 km de moyenne, ils demandent plus de travaux.
J.A. : Les réceptionnaires n'ajustent-ils pas ?
J.B. : Justement, nous voyons que le taux d'acceptation des travaux recommandés dans les devis a grimpé à 70 %, soit 7 points de plus. Certains y voient la traduction d'une pression accrue sur la qualité attendue pour les voitures d'occasion. Il en résulte un allongement de la durée des travaux, qui passe d'une moyenne de 8,9 heures à 11,2 heures. Le lead time moyen s'établissant à 12 jours.
Le taux de conformité au premier passage à la fin des travaux devient alors le marqueur principal
JA. Plus d'acceptation, certes, mais que refusent-ils ?
J.B. : Les petites rayures sur les pare-chocs, les menus dégâts sur les parties inférieures et les jantes ne font plus forcément l'objet de réparation. Comme les VO sont de plus en plus âgés, il y a une forme de logique. Ces derniers mois, les véhicules en centres de reconditionnement ont été concernés pour 90 % par des travaux de mécanique, pour 60 % par des travaux de carrosserie et évidemment pour 100 % par des interventions de préparation esthétiques.
J.A. : Les équipes y voient-elles réellement défiler des échantillons représentatifs du parc automobile ?
J.B. : Les voitures à moteur essence représentent 40 % des exemplaires reconditionnés au premier semestre 2026. Les diesel sont passés à 18 %, soit moins que les HEV qui atteignent 21,5 %. En forte augmentation, les voitures électriques sont à 14 %. Les PHEV étant à 3,5 %.
J.A. : Avec le recul, quelles recommandations faites-vous à vos clients ?
J.B. : À la création d'un centre de reconditionnement, il faut se concentrer sur le rapport entre le volume et le délai de traitement. Il faut 18 à 24 mois pour roder la chaîne logistique complète. Ensuite, ils doivent se concentrer sur les indicateurs de qualité. Le taux de conformité au premier passage à la fin des travaux devient alors le marqueur principal. Il ne faut pas réfléchir VO par VO, mais par lot de 1 000 unités pour mesurer la performance. La direction doit avoir par ailleurs des statistiques sur les taux d'encours rapportés à la capacité de production.
J.A. : Quelles sont vos prochaines actualités ?
J.B. : Notre prochaine actualité relève justement de cette capacité à accompagner nos clients dès le départ. En septembre 2026, nous lancerons le tout premier outil du marché qui permet de simuler la création d'un centre de reconditionnement. Les groupes entreront leurs données et le système fait une projection à 5 ans, selon divers scénarios, pour les éclairer sur les décisions à prendre en termes de configuration.
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