Sodexo, les coulisses d’une flotte en pleine électrification

En 2018, lorsque Stéphane Neviere intègre le département véhicules de Sodexo en tant que chef de projet, l’électrification en est encore à ses prémices. À l’époque, la grande majorité de la gestion de flotte est, en effet, externalisée et Stéphane Neviere, qui est déjà convaincu par l’électrique, conduit donc le groupe à revoir en profondeur l’organisation de son département véhicules. "Nous avons étudié pendant près d’un an les différentes possibilités et nous avons finalement choisi de réinternaliser la totalité de la gestion de notre flotte", nous explique‑t‑il.
Depuis, les effectifs du département véhicules ont plus que doublé, passant de deux à cinq gestionnaires (dont un apprenti). Ces derniers s’occupent désormais de l’ensemble du cycle de vie des véhicules, de la car policy à l’assistance aux conducteurs, en passant par la gestion des commandes, la fiscalité ou encore la sensibilisation au risque routier.
La flotte, elle, compte plus de 3 000 unités. On y retrouve environ 1200 véhicules de fonction, auxquels s’ajoutent près de 800 véhicules de service et 200 utilitaires, ainsi que 700 véhicules frigorifiques Le Petit Forestier destinés en grande partie à la livraison des repas. Mais cette diversité constitue également l’une des principales difficultés du verdissement du parc de Sodexo.
"Nous ne pouvons pas électrifier une flotte comme la nôtre avec une seule stratégie. Les usages sont très différents entre un véhicule de fonction, un utilitaire et un véhicule frigorifique", souligne le responsable.
De l'hybride à l'électrique
En 2019, l’offre de VE était encore limitée. Sodexo a donc commencé par introduire massivement des modèles hybrides, notamment Toyota, qui représentent encore aujourd’hui plus de la moitié du parc de l’entreprise. Une manière, selon Stéphane Neviere, d’acculturer progressivement les salariés à l’électrification. "Je voulais faire prendre conscience aux collaborateurs des avantages de la propulsion électrique. Avec un hybride, ils découvraient déjà le silence, le confort et l’agrément de conduite d’un véhicule électrique", nous raconte Stéphane Neviere.
Entre 2019 et 2023, le mix énergétique de la flotte de Sodexo a considérablement évolué. Le nombre de véhicules roulant au diesel a, en effet, chuté de manière significative, de 2 600 à 1 500, tandis qu’à l’opposé, le nombre d’hybrides est passé de 20 à 1 100 unités.

À fin 2025, Sodexo comptait 249 véhicules électriques, soit environ 8 % de sa flotte totale. ©JDF
Pour ce qui est des véhicules 100 % électriques, la flotte de Sodexo commence véritablement à s’en équiper entre 2021 et 2022. La progression est aujourd’hui nette puisqu’à fin 2025, l’entreprise comptait 249 véhicules électriques, soit environ 8 % de sa flotte totale. Le diesel représente encore 29 % du mix, tandis que les véhicules hybrides en constituent encore 61 %.
Mais le mix devrait continuer à évoluer puisque sur les 228 véhicules actuellement en commande, 156 sont 100 % électriques, soit près de 70 % des commandes en cours. "À la fin de l’année 2026, nous estimons que nous passerons la barre des 500 véhicules électriques", anticipe Stéphane Neviere.
La fiscalité comme moteur de l'électrification
Pour convaincre ses collaborateurs de passer plus rapidement à l’électrique, Sodexo a fait le choix de proposer des véhicules familiaux suffisamment polyvalents. Un élément important puisque, dans environ 85 % des cas, la voiture de fonction constitue le véhicule principal de la famille. Exit donc, ou presque, les modèles électriques trop compacts ou disposant d’une autonomie limitée.
"Pour inciter les collaborateurs à passer à l’électrique, nous devons leur proposer des véhicules familiaux avec une bonne efficience. Au début, nous étions autour de 450 km d’autonomie WLTP. Aujourd’hui, nous visons plutôt 500 à 550 km au minimum" , détaille le responsable. Le catalogue comprend donc actuellement des modèles Ford, Volvo, BMW, Mercedes‑Benz, Tesla, Renault, Kia, Hyundai ou encore Toyota.
Si Sodexo a engagé son virage électrique bien avant la réforme des avantages en nature de février 2025, cette dernière a clairement accéléré la demande des collaborateurs. "Il y a eu ceux qui voulaient passer à l’électrique, ceux qui hésitaient et ceux qui préféraient attendre. Depuis la réforme des avantages en nature, nous avons également une quatrième catégorie : ceux qui viennent nous demander quand ils pourront passer à l’électrique", observe Stéphane Neviere.
Le responsable constate même que certains salariés devancent désormais leur renouvellement pour bénéficier d’un modèle électrique. "Les collaborateurs qui sont réfractaires à l’électrique peuvent toujours opter pour un véhicule hybride, en l’occurrence une Toyota Corolla Break. Mais dans ce cas, l’avantage en nature est beaucoup plus élevé que celui d’un SUV électrique, plus spacieux et d’un standing supérieur. La fiscalité devient alors un véritable moteur de l’électrification" , précise‑t‑il.
Maîtriser le coût de la recharge
Si le véhicule électrique présente de nombreux avantages, il n’est pas automatiquement moins cher à exploiter. Le TCO dépend notamment du comportement du conducteur et de la manière dont celui‑ci recharge son véhicule. "Au mieux, aujourd’hui, avec la fiscalité et tous les autres paramètres, l’électrique nous coûte à peu près la même chose. Il peut devenir moins cher, mais il faut mettre les moyens pour que cela fonctionne" , estime le responsable.
La recharge constitue ainsi un nouveau sujet pour les gestionnaires de flotte de Sodexo. Contrairement au carburant, dont les prix sont relativement homogènes entre les différents points de distribution, celui de l’électricité peut varier fortement selon la borne utilisée. Sodexo doit donc accompagner ses conducteurs pour leur permettre d’identifier les bornes les plus pertinentes en fonction de leur localisation, de leur puissance et de leur tarif.
"En entreprise, le conducteur ne raisonne pas toujours comme lorsqu’il utilise son véhicule personnel", constate Stéphane Neviere. Une minorité de conducteurs peut d’ailleurs suffire à dégrader significativement les coûts. "Vous pouvez avoir 85 à 90 % des utilisateurs qui font attention et 10 % qui ne regardent absolument pas le prix de la recharge. Ceux‑là peuvent vous coûter très cher", souligne‑t‑il.

Le siège de Sodexo dispose de 29 bornes de recharge. ©JDF
Mais la question de la recharge ne concerne pas uniquement les conducteurs. Elle se pose également sur les sites de Sodexo. L’entreprise compte plus de 3 000 sites clients en France, mais ne dispose pas d’une vision consolidée de leur équipement en bornes. Certains permettent aux collaborateurs de Sodexo de recharger leur véhicule, d’autres non.
Les infrastructures des propres sites du groupe restent, en effet, encore limitées. Le siège dispose de 29 bornes de recharge, tandis que les différentes directions régionales commencent progressivement à en être équipées. Sur la partie itinérance, Sodexo fournit à ses salariés des cartes de recharge Bump. L’entreprise utilise également la solution de VoltaBack pour rembourser la recharge à domicile à ses collaborateurs.
Mais cette montée en complexité pousse aujourd’hui Sodexo à s’interroger sur son organisation. Car si le métier de gestionnaire de flotte a profondément changé ces dernières années, "mon effectif n’a lui pas bougé, mais nous avons deux à trois fois plus de travail aujourd’hui pour mettre un véhicule à la route. Ce que nous voulons conserver en interne, c’est la relation avec nos conducteurs. En revanche, nous pourrions avoir besoin d’une brique d’expertise extérieure pour nous accompagner sur certains sujets, notamment lorsque les enjeux économiques et les usages opérationnels permettent un passage à l’électrique", conclut Stéphane Neviere.
Grâce à Bump, Sodexo réduit sa facture de recharge
Les nombreux déplacements effectués par les collaborateurs de Sodexo font de la recharge en itinérance un sujet clé pour la multinationale française. Elle a retenu Bump pour l’accompagner dans ce projet depuis le mois de février 2026 avec sa solution Bump Pass. Un choix qui repose sur la distinction Pro/Perso assurée par son Pass, la compétitivité de son offre ainsi que la promesse d’un TCO maîtrisé.

Depuis février 2026, ce sont plus de 300 Bump Pass, exclusivement utilisés sur les voitures de fonction, qui ont été déployés chez Sodexo. ©JDF
Le Bump Pass donne accès à 350 000 bornes en Europe, un réseau partenaire sans commission qui permet d'économiser en moyenne 7 à 10 % sur les coûts de recharge en itinérance par rapport aux tarifs classiques de roaming. L’application Bump permet également aux conducteurs d’accéder à la carte des prix pratiqués par les bornes de recharge en tout lieu. Sodexo recense actuellement 300 Bump Pass, utilisés pour ses véhicules 100 % électriques, exclusivement des voitures de fonction.
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