Lisi ferme une usine dans le Val-d'Oise

Quelques jours après Bosch, le groupe Lisi vient d'annoncer la fermeture de l'une de ses cinq usines françaises. Il s'agit de celle de Puiseux-Pontoise (95). La direction de l'équipementier a décidé de délocaliser la production de ce site en Allemagne et au Maroc.
Une décision qui va entraîner 135 suppressions de postes sur les 153 du site. Les 18 emplois restants, des commerciaux, seront transférés sur un site à Saint-Ouen-l'Aumône (95), à une dizaine de kilomètres, a expliqué Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solutions Clippées, branche de Lisi Automotive qui chapeaute l'usine.
Le groupe Lisi, un leader français de la visserie-boulonnerie pour l'automobile et l'aviation coté en Bourse, fait valoir que le site "perdait plusieurs millions d'euros par an depuis 2020 car il n'était pas compétitif", avec "un écart de prix de 20 à 25 % sur la concurrence en Turquie, en Inde ou en Chine".
Auprès de ses clients comme Renault, Stellantis ou Mercedes, le site n'était pas parvenu à décrocher de marchés pour les nouveaux modèles automobiles et tournait sur la production d'anciens modèles.
Informés la semaine dernière de cette décision inattendue, les salariés ont aussitôt décidé de se mettre en grève, au moins jusqu'au début des négociations fin janvier, a rapporté samedi 24 janvier 2026 Le Parisien.
"Le marché automobile européen est durablement impacté depuis 2020, et sous pression, les constructeurs font pression pour baisser les prix sur toute la chaîne de production", a commenté Vincent Quinaux, "donc soit on baisse nos prix, soit on perd des marchés".
Lisi envisage aussi de faire une activité de négoce, en achetant des pièces en Asie pour les revendre en Europe.
Le contenu local arrive trop tard
Quant au prochain règlement européen sur un pourcentage de "contenu local" dans les voitures électriques, attendu pour fin février, "il arrive un peu tard", a-t-il commenté.
Le groupe assure qu'il proposera à ses salariés des reclassements internes sur ses autres sites, notamment dans la branche aérospatiale, mais ils se trouvent dans d'autres régions, vers Bordeaux (33), Toulouse (31) et Bar-sur-Aube (10).
Dans une récente étude pour l'Association européenne des équipementiers européens (Clepa), le cabinet Roland Berger a averti que le secteur pourrait perdre 23 % de valeur ajoutée d'ici à 2030 et 300 000 à 350 000 emplois, sur 1,8 million au total, si l'UE ne protège pas le secteur de la concurrence internationale, en raison d'un écart de coût de 25 à 30 % face notamment à la Chine. (avec AFP)
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