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Industrie

Batterie : Tiamat renonce à son usine française

Publié le 17 septembre 2026

Par Christophe Jaussaud
3 min de lecture
Envisagée pour 2028 à Amiens (80), l'usine de fabrication de batteries de Tiamat, spécialiste du sodium-ion, ne verra finalement pas le jour. Un financement trop complexe a eu raison du projet. Mais pour Hervé Beuffe, le PDG de l’entreprise, l'avenir reste prometteur.
Tiamat usine batterie sodium France
Tiamat, spécialiste de la batterie au sodium, renonce à son projet de construire une usine en France, à Amiens (80). ©Tiamat

Tiamat, entreprise française spécialiste de la batterie sodium-ion, ne va finalement pas construire son usine en France.

 

"Ce n'est pas de gaieté de cœur" et "ce n'est pas non plus l'option la plus sécurisante à long terme", mais aujourd'hui c'est "la seule solution" pour Tiamat, a expliqué Hervé Beuffe, le PDG de la société.

 

La raison ? "Le financement aujourd'hui d'un projet de ce type-là est relativement complexe", il était "très difficile à clôturer pour une jeune entreprise comme la nôtre", a justifié Hervé Beuffe.

 

Frilosité des investisseurs privés sur les batteries

 

Le projet était situé dans la Somme, à Amiens, et une ouverture en 2028 était visée. Cette première phase, représentant un investissement d'environ 200 millions d'euros, devait générer quelque 400 emplois directs, selon le dirigeant.

 

Selon Frédéric Fauvet, le maire (PS) d'Amiens, "la moitié du chemin" avait été faite au sujet du financement avec les aides publiques.

 

Pour l'édile, le report sine die du projet "n'est pas une bonne nouvelle" pour le territoire, soulignant que les difficultés de l'industrialisation des batteries pour véhicules électriques en Europe participent à la "frilosité" des investisseurs privés pour l'ensemble du secteur actuellement.

 

Le démarrage difficile d'ACC n'a pas aidé pour la confiance et les prochains à ouvrir, comme Verkor notamment, vont être surveillés.

 

 

Tiamat, fondée en 2017 à Amiens, va donc poursuivre son activité avec son schéma actuel. "On fabrique nos volumes en Asie" avec des sous-traitants, a indiqué Hervé Beuffe.

 

Pour lui, l'entreprise "a un avenir prometteur", assure le PDG, soulignant notamment son partenariat depuis l'an dernier avec l'américain Endeavour pour absorber les pics de consommation de centres de données.

 

Déjà des applications dans l'automobile

 

Même si pour l'heure Tiamat vise plutôt les marchés du petit électroménager, de l'outillage ou de l'énergie d'appoint pour des centres de données, avec ses batteries sodium-ion, l'automobile pourrait aussi être un débouché important.

 

Malgré leur densité énergétique plus faible que des accus au lithium, de telles batteries ont d'autres avantages comme les transferts de puissance charge/décharge élevés et un fonctionnement sur une plage de température bien plus large.

 

Autre avantage, le prix. Le sodium reste bien moins cher que le lithium, car moins rare : la croûte terrestre est constituée de 2,6 % de sodium contre 0,06 % de lithium. De ce fait, pour l'Agence internationale de l'énergie (AIE), une cellule sodium-ion coûte a minima 30 % de moins qu'une lithium-ion.

 

Les chinois BYD ou CATL fabriquent des batteries au sodium (depuis 2021 pour CATL) et de nombreux modèles, essentiellement chinois, en sont équipés.

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