S'abonner
Industrie

Batterie : ProLogium confirme ses ambitions

Publié le 5 juin 2026

Par Christophe Jaussaud
5 min de lecture
De passage à Paris, Vincent Yang, fondateur et directeur général de ProLogium, a confirmé les ambitions affichées jusqu'ici. Avec sa batterie de quatrième génération, qui sera produite à Dunkerque (59) à partir de 2028, il compte bien bousculer l'ordre établi.
Vincent Yang ProLogium
Vincent Yang, fondateur et directeur général de ProLogium, le 14 mai 2024 à Paris-Saclay. ©ProLogium

La construction de l'usine de Dunkerque (59) est bien lancée ! Vincent Yang, fondateur et directeur général de ProLogium, de passage à Paris, a confirmé que les choses avançaient bon train.

 

Les premières cellules y seront produites en 2028, avant une phase de montée en puissance au second semestre et les premières livraisons de grand volume au deuxième trimestre 2029. La capacité de production en 2030 se situera à 4 GWh, avant de grimper à 12 GWh en 2032. Sachant que l'usine est dimensionnée pour pouvoir atteindre 44 GWh à terme.

 

 

Une future montée en puissance qui n'inquiète pas le fondateur de Prologium. En effet, Vincent Yang, cet ingénieur de formation avec plus de 28 ans d'expérience dans les batteries, a géré par le passé des productions allant jusqu'à un million d'unités par mois ! "Il connaît tout de A à Z", appuie un collaborateur.

 

Puis Prologium n'est pas vraiment une start-up, la société taïwanaise a ouvert sa première ligne pilote en 2013 et ne cesse depuis d'améliorer les choses et les process. En 2024, la société a ouvert une usine, près de Taipei (qui a déjà sorti plus de 800 000 cellules), qui permet de valider les process qui seront mis en place à Dunkerque.

 

Une densité énergétique de 360 Wh/kg confirmée

 

Prologium aurait sans doute pu aller plus vite à Dunkerque, mais la société a voulu démarrer son aventure française avec la dernière technologie de ses batteries solides, la quatrième génération. Il y a ainsi un décalage d'un an par rapport au plan initial.

 

 

Cela étant, de nombreuses cellules et batteries sont en ce moment en phase de test, en Europe et aux États-Unis. ProLogium travaille notamment depuis assez longtemps avec Mercedes-Benz et on peut ajouter FEV, Rimac et OPmobility. La liste est bien plus fournie mais Vincent Yang garde le secret et promet des annonces d'ici peu.

 

Avec cette quatrième génération de batterie, le directeur général affirme surtout qu'il respectera ses promesses. Notamment une densité d'au moins 360 Wh/kg. Car souvent, dans les batteries solides, les caractéristiques annoncées en laboratoire ne résistent pas à la production de masse. La sienne a passé les fourches caudines du TÜV Rheinland qui a confirmé une densité énergétique de 360 Wh/kg. Une densité énergétique environ deux fois supérieure aux batteries actuelles.

 

©ProLogium

 

De plus, avec sa technologie, ProLogium affirme que ses accus ne souffriront d'aucun emballement thermique. Mais il promet surtout de résoudre, en partie, la difficile équation mêlant l'autonomie/recharge et le coût.

 

Une recharge en six minutes

 

La densité a logiquement un impact important sur de nombreux facteurs. Ainsi, une batterie ProLogium de 45 kWh (environ 450 km d'autonomie) pèse seulement 220 kg. Un gain de masse qui influence positivement le rendement d'un véhicule électrique et diminue les coûts liés aux matières premières et donc le prix du kWh et du pack batterie. On parle ici de 20 à 30 % de moins.

 

©ProLogium

 

Pour le directeur général, l'économie se fait aussi sur les infrastructures de recharge puisque la batterie Prologium peut fonctionner en 400 V avec un temps de recharge (5-80 %) de six minutes environ. Un temps équivalent à un plein d'essence, sans infrastructure spécifique.

 

Le fait d'utiliser une architecture en 400 V (moins cher que le 800 V) permet d'enclencher un cercle vertueux qui va jusqu'aux exploitants de point de charge qui ne seront pas obligés d'investir dans des bornes très puissantes et très chères. Surtout, ils verront passer plus de deux voitures par heure sur leurs bornes.

 

Une entrée en Bourse pour lever 300 millions de dollars

 

Pour développer sa technologie, Prologium a déposé de nombreux brevets et cela continue. En 2025, la société en totalisait 1 052 et Vincent Yang promet qu'ils seront 1 250 cette année et plus de 1 500 en 2027. Et parmi eux, plus de 70 % sont actifs.

 

Et pour continuer à améliorer ses technologies, ProLogium va entrer en Bourse, à New York, via un Spac (Special purpose acquisition company). L'objectif est de lever 300 millions de dollars en mettant 8 % de son capital sur le marché. Ce qui valoriserait la société à environ 3,8 milliards de dollars.

 

L'automobile est naturellement la principale destination des batteries de ProLogium mais la société ne se limite pas à cela. En effet, elle vise aussi d'autres secteurs où la croissance s'annonce porteuse comme les data centers liés à l'IA, la défense ou encore la robotique et notamment les robots humanoïdes en plein développement. Dans ce domaine, ProLogium travaille notamment avec Delta aux États-Unis.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle