Essai Audi Q4 e-tron : voir plus grand

Quasiment cinq ans, jour pour jour, après son arrivée sur le marché français, l'Audi Q4 e-tron est remis à niveau. Il faut dire que le monde de l'électrique évolue rapidement même s'il ne répond pas encore à la loi de Moore dans l'électronique.
Audi a donc revu son best-seller électrique pour le rendre plus cohérent avec les dernières productions de la marque, à l'image du Q6 e-tron ou de l'A6. L'occasion aussi d'asseoir encore un peu plus l'électrique dans les ventes.
Après un léger retard à l'allumage, Audi est bel et bien devenue une marque de poids sur le marché de l'électrique. De 5 262 immatriculations de VE en 2024 (soit 12 % de ses immatriculations), Audi a multiplié ce chiffre quasiment par trois en 2025 (+170,8 %) pour atteindre 14 252 immatriculations, soit une part de 29,2 %.
Les chiffres 2026 sont dans la même lignée avec 7 403 livraisons électriques (+4,8 %), soit 29,6 % des immatriculations du premier semestre.
Avec cette cuvée 2026 du Q4 e-tron, Audi se montre ambitieux. En effet, Robert Breschkow, directeur d'Audi France, vise environ 8 500 unités en 2026. C'est même 8 473 pour être précis, car il s'agit de l'allocation de production pour la France cette année. Pour mémoire, le modèle avait totalisé 6 338 unités en 2025.
Un intérieur profondément remis à niveau
Les mensurations du SUV n'ont pas changé, il affiche toujours 4,60 m de longueur et peut compter sur un empattement de 2,7 m. Le design évolue en douceur.
Les plus gros changements sont visibles dans l'habitacle. Audi annonce un retour aux fondamentaux, avec un univers plus proche des autres produits de la marque et une nette hausse de qualité des matériaux.
En creux, on peut comprendre que la première mouture du Q4 était peut-être un peu trop proche des autres produits du groupe Volkswagen qui reposent sur la même plateforme MEB et qui sont produits au même endroit, dans l'usine de Zwickau en Allemagne.
On retrouve donc "la scène numérique" incurvée avec deux écrans, l'un de 11,9" pour l'instrumentation et un central de 12,8" pour l'infodivertissement. En option, le passager peut également en avoir un de 12". Un affichage tête haute à réalité augmentée vient compléter le dispositif.
Fini également le "black piano" sur la nouvelle console centrale, le Q4 cuvée 2026 propose de nouveaux matériaux plus flatteurs et moins sujet aux rayures et autres traces. Les contre-portes évoluent aussi.
Jusqu'à 580 km d'autonomie
Au chapitre technique, les évolutions là encore. L'efficience globale gagne 10 %. L'autonomie du modèle deux roues motrices, équipé de la batterie de 82 kWh, passe ainsi de 559 à 580 km (+6 %). On note également une légère amélioration du CX, en passant de 0,28 à 0,27 et même 0,26 sur la variante Sportback.
La consommation mixte WLTP baisse ainsi de 6 %, pour être comprise entre 15,6 et 16,9 kWh/100 km. C'est de 0,3 à 0,5 kWh/100 km de moins. Les moteurs électriques et les logiciels ont également été peaufinés. Même chose pour la puissance de charge qui culmine maintenant à 185 kW contre 175 kW précédemment (+6 %). De quoi passer de 10 à 80 % en 27 minutes.
Le SUV reste disponible avec deux batteries (63 et 82 kWh) et trois niveaux de puissance. Les deux offres propulsion s'appuient sur un moteur électrique de 204 ch (150 kW) ou 286 ch (210 kW) alors que la version Quattro affiche 340 ch (250 kW) en cumulant un bloc de 109 ch (80 kW) à l'avant et un de 286 ch (210 kW) à l'arrière.
Le modèle dispose de la fonction one pedal et, plus largement, d'un système de régénération qui peut être automatique ou gérable avec des palettes derrière le volant.
Pour le reste, le Q4 conserve ses qualités routières, pouvant alterner confort ou dynamisme à la demande. Le tout avec une ribambelle d'Adas, bien calibrées, qui ne viennent pas perturber l'agrément.
La première Audi V2L et V2H
Pour la première fois chez Audi, le Q4 propose le V2L et le V2H. Si pour ce dernier c'est encore compliqué en France d'alimenter sa maison avec son VE, pour le V2L le modèle dispose d'une prise 2,3 kW dans le coffre et la puissance passe même à 3,6 kW avec un adaptateur branché sur la prise de recharge.
Autre avantage selon Audi : les prix. Pour ce modèle 2026, la marque fait état d'un avantage client de 4 500 euros. La gamme débute à 45 990 euros. Mais de nécessaires packs d'options viennent vite faire grimper la facture.
Le mix devrait dominer à plus de 70 % par les versions deux roues motrices avec la grande batterie (Performance) quand la variante Quattro Performance s'adjugera près de 20 % des ventes et la version e-tron (avec la petite batterie) devrait se limiter à 10 %.
Contrairement à son cousin Q3, la carrosserie SUV devrait représenter 55 % des ventes, contre 45 % pour la variante coupée Sportback.
Écoscore et Coup de pouce CEE
Les particuliers devraient peser 52 % des ventes et le BtoB 48 %. Une part plus importante que la moyenne chez Audi car toutes les variantes de la gamme Q4 conservent l'écoscore. Pour cela, une personne travaille à temps plein sur le sujet chez Audi France afin de disséquer et surtout bien comprendre les textes et actionner les bons leviers. Qu'il s'agisse de l'acheminement des modèles, de la production des batteries ou de la part de l'aluminium dans la construction.
Il faut naturellement que la filiale travaille, et convainque, la maison mère de l'aider. En l'occurrence Ingolstadt a joué le jeu pour que le Q4 conserve le précieux sésame et que le Q6 e-tron l'obtienne il y a peu (les versions Performance produites en année modèle 2027).
Ce travail a un autre effet positif puisque le Q4 est maintenant éligible au Coup de pouce CEE, le bonus électrique. Cela doit aussi beaucoup au fait qu'Audi ait décidé, comme nombre de concurrents, de revoir sa construction de gamme en fonctionnant avec des packs d'options qui n'entrent pas dans le calcul.
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