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Distribution

Yann Abrassart, Carizy : "L'heure de la voiture électrique d'occasion est arrivée"

Publié le 30 octobre 2026

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Par Gredy Raffin
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4 min de lecture
La contraction du marché des voitures d'occasion met les acteurs du secteur à rude épreuve, dont ceux qui opèrent exclusivement en ligne. Yann Abrassart, le directeur général de Carizy, explique ses projets prioritaires pour la plateforme digitale.
Yann Abrassart s'exprime sur les ambtions et les projets de Carizy.
Yann Abrassart, directeur général de Carizy, lors du Mondial de l'Auto 2026. ©Le Journal de l'Automobile

Le Journal de l'Automobile : Alors que le dernier trimestre 2026 a été entamé, quel regard portez-vous sur la performance de Carizy ?

Yann Abrassart : En tant que plateforme digitale, Carizy réalise une année honorable sur un marché des voitures d'occasion compliqué. Le segment des ventes entre particuliers nous sauve. Si nous n'avions que l'activité BtoC, le bilan serait différent. Je pense qu'en nous tenant à des offres de voitures de moins de 15 ans, nous nous coupons d'une part de marché. Mais pour prendre ce virage, il nous faut d'abord trouver des solutions de garantie. Conscient de cette réalité, notre partenaire Opteven se penche sur une nouvelle formule.

 

J.A. : L'activité CtoC est perturbée par la loi antidémarchage, entrée en vigueur le 12 août dernier. Quel est l'impact sur votre quotidien ?

Y.A. : Nous ne sommes pas directement impactés car nous fonctionnons autrement. Mais il faut avouer que les agences d'intermédiation ont de plus en plus recours à de la publicité digitale pour attirer des clients. La concurrence s'accroît donc sur les supports de communication que nous utilisions depuis toujours.

 

J.A. : Outre l'achat d'espaces publicitaires, il y a les infomédiaires. Quel est votre rapport à ces moyens de diffusion ?

Y.A. : Pendant longtemps, ils constituaient un investissement impératif. Tout est question de profitabilité derrière. Pour le commerce CtoC, ces plateformes sont rentables. Il n'y a aucun doute. En ce qui concerne le BtoC, le prix du lead s'avère plus élevé. Nous avons donc révisé nos pratiques et avons décidé de mettre moins de lignes à l'eau. Carizy possède 1 500 voitures d'occasion en stock, mais nous sélectionnons celles qui feront l'objet d'une annonce.

 

En 2027, Carizy se positionnera comme un vecteur de diffusion des VE d'occasion

 

J.A. : L'intelligence artificielle s'invite dans toutes les conversations. Le Mondial de l'Auto nous l'a encore prouvé. Que dites-vous à son sujet chez Carizy ?

Y.A. : Selon moi, il y a beaucoup de projets, mais peu de maturité. 2026 a été une année de grandes déclarations, 2027 sera celle des concrétisations. Nous y réfléchissons aussi sans avoir encore arrêté la stratégie. Nous pourrions développer une solution en interne, la prendre sur étagère ou la mixer à notre convenance.

 

J.A. : Quel serait le but premier ?

Y.A. : Nous voulons automatiser le traitement des leads, d'abord avec du texte et ensuite avec de la voix. Elle doit permettre de répondre durant les heures de nuit et le dimanche. Il y a des enjeux forts comme, par exemple, l'assurance que l'IA ne communique pas de mauvaises informations car la DGCCRF veille au grain. Nous menons donc beaucoup de tests pour identifier la meilleure solution.

 

 

J.A. : 2026 a aussi été l'année de l'envolée pour l'électrique d'occasion…

Y.A. : Clairement ! Avec notre actionnaire Cofidis du groupe Crédit Mutuel, nous sommes convaincus que l'heure du VEO est arrivée. Le leasing, les concessionnaires et le CtoC sont des canaux appropriés pour alimenter la plateforme digitale en voitures électriques.

 

J.A. : Que vous manque-t-il ?

Y.A. : Nous avons les voitures avec le SOH (certificat de santé de la batterie, ndlr) à afficher et les formules de financement : il nous faut maintenant passer à l'échelle. D'autant plus que notre actionnaire, qui est une entreprise à mission, nous considère comme un atout dans son effort de décarbonation. En 2027, Carizy se positionnera comme un vecteur de diffusion des VE d'occasion.

 

J.A. : Pour finir, avant de basculer vers 2027, quel sera votre bilan 2026 ?

Y.A. : D'après nos calculs prévisionnels, nous espérons réaliser entre 2 000 et 2 100 transactions de voitures d'occasion cette année. Compte tenu des crispations du segment BtoC, nous savons que 80 % de notre activité reposera cette année sur l'intermédiation entre particuliers qui connaît une forte croissance sur notre plateforme.

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