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Constructeurs

Stellantis vise le retour dans le vert de son réseau dès fin 2026

Publié le 24 juin 2026

Par Christophe Bourgeois
6 min de lecture
Réunis à Paris à l'occasion de la convention nationale du constructeur, les investisseurs Stellantis ont entendu un discours de rupture avec les années Tavares. Nouveaux contrats de distribution, assouplissement des standards, soutien renforcé à l'après-vente et objectif de retour à la rentabilité, le constructeur entend remettre son réseau au cœur de sa stratégie.
Stellantis s'est mis en ordre de marche pour que son réseau soit rentable en 2026. ©Stellantis

La convention du réseau Stellantis en France, organisée le 23 juin 2026 à Paris en parallèle du congrès Mobilians et du salon Moove On, aura marqué un changement de ton.

 

Devant la majorité de ses investisseurs, le constructeur a multiplié les messages d'apaisement et de soutien à un réseau qui a traversé plusieurs années particulièrement mouvementées, entre baisse du marché, réorganisations successives, difficultés logistiques et tensions autour des standards de distribution.

 

L'objectif affiché est clair : tourner définitivement la page de l'ère Carlos Tavares et reconstruire une relation de confiance avec les distributeurs. Tous les sujets ont été abordés, des futurs contrats à l'après-vente en passant par les standards, le multimarquisme ou encore la rentabilité des points de vente.

 

Des contrats de concession renforcés

 

Première annonce forte : les contrats d'agents appartiennent désormais au passé. Dans le cadre des nouveaux contrats qui entreront en vigueur le 1er janvier 2027, Stellantis a tenu à rassurer son réseau. "Nous allons renforcer le contrat de concessionnaire afin de nouer des relations encore plus étroites", a insisté le constructeur.

 

Parmi les nouveautés, les contrats Abath et Topolino passent dans le giron de Fiat, tandis que l'Ami intègre Citroën. Le constructeur s'est également engagé à ne pas dépasser les 5 % de ventes directes afin de ne pas concurrencer son propre réseau.

 

Au-delà des aspects contractuels, le groupe promet un accompagnement accru des distributeurs. Il prévoit notamment des mécanismes de soutien en cas de retard de livraison et un assouplissement des critères financiers. "Nous sommes là pour aider le réseau, le soutenir en cas de difficultés", n'a cessé de répéter le constructeur devant le parterre d'investisseurs.

 

Autre sujet sensible : les standards de distribution. Après la levée de boucliers provoquée en 2024 par le projet Stellantis Brand House, le constructeur a choisi une approche beaucoup plus pragmatique. Aucune transformation extérieure ou intérieure des sites ne sera imposée.

 

Les exigences porteront essentiellement sur une surface minimale dédiée à chaque marque, avec des adaptations possibles selon les territoires et les implantations. "Pour tous les distributeurs qui ont récemment investi ou qui sont sur le point de le faire dans les mois à venir, nous ne leur demanderons aucune modification avant 2031", a insisté le constructeur.

 

Le multimarquisme, pas une fin en soi

 

La question du multimarquisme s'est naturellement invitée dans les discussions. Sans remettre en cause le principe des Brand Houses, le constructeur a rappelé que leur efficacité reposait sur certaines règles.

 

"Premièrement, nous conseillons de limiter à moins de cinq le nombre de marques par site, a tenu à rappeler Stellentis. Les marques doivent être complémentaires entre elles et des synergies organisationnelles, de back-office, dans le VO et l'après-vente, doivent être mises en place." Sur les 164 investisseurs Stellantis en France, 64 disposent de plus de cinq marques.

 

 

Pour autant, Stellantis ne considère pas le regroupement des enseignes comme une finalité. Il a rappelé que "là où les concessions monomarques Peugeot ou Citroën étaient rentables et performantes, il fallait les conserver". Pour rappel, 43 investisseurs possèdent une seule marque du groupe dans leur portefeuille.

 

Le discours est encore plus prudent sur le véhicule utilitaire. Les analyses menées par Stellantis montrent qu'au-delà de deux marques VU sur un même site, la rentabilité se dégrade sensiblement. Seuls quatre investisseurs exploitent aujourd'hui plus de trois marques utilitaires, tandis que les trois quarts du réseau restent monomarques.

 

À propos des agents du réseau secondaire, le constructeur considère toujours ces acteurs comme essentiels pour préserver son maillage territorial et soutenir les volumes de vente. En revanche, il reconnaît que leur modèle économique devra évoluer afin de garantir une rentabilité suffisante des différents points de service.

 

Une après-vente à (re)développer

 

Le sujet de l'après-vente a également été abordé. Stellantis compte reprendre les fondamentaux, "repartir sur un nouveau socle". Le constructeur va renforcer l'assistance technique afin de mieux répondre aux attentes des ateliers. Il prévoit également de fiabiliser les outils informatiques et surtout de les mutualiser à toutes les marques et à tous les réseaux (concession et agents). Ce déploiement commencera au deuxième semestre 2026.

 

Le groupe entend également renforcer la fidélisation de sa clientèle en après-vente avec le lancement, dès l’an prochain, d’un programme dédié. Le constructeur reconnaît avoir manqué certaines opportunités ces derniers mois.

 

"Lors des différentes campagnes de rappel, nous n’avons pas toujours eu le réflexe de collecter et d’exploiter les données clients", admet-il. Un enjeu d’autant plus stratégique que le marché des véhicules neufs s’est contracté de 20 % depuis le début de la décennie. Une baisse qui commence désormais à se répercuter sur l’activité des ateliers, confrontés à un ralentissement progressif de leur fréquentation.

 

En outre, Stellantis a rappelé qu'avec un parc qui ne cesse de vieillir, les marges sur l'après-vente sont de plus en plus contraintes, les clients rebutant à dépenser pour leur véhicule ancien. Pour faire face à la contraction du pouvoir d'achat, Stellantis travaille pour baisser les prix sur certaines lignes de produits, comme les freins. "Nous devons développer encore plus des forfaits pour rendre les ateliers attractifs", présente le constructeur. Nous devons nous appuyer sur nos forces qui s'appellent Distrigo, Eurorepar et surtout un parc à dix ans de huit millions de modèles Stellantis !"

 

Une rentabilité positive fin 2026

 

Toutes ces mesures et accompagnements doivent permettre au réseau de retrouver de la rentabilité. "Nous visons a minima 0,5 point à la fin de l'année", a souligné le constructeur. Pour rappel, il n'y a que Peugeot, qui avec 0,1 %, soit l'épaisseur du trait, avait réussi à être dans le vert en 2025.

 

"Aujourd'hui, la situation est bien connue", résume Stellantis. Sur le VN, les marges unitaires ont été relevées, mais le volume n'est pas présent. Sur le VO, c'est l'inverse. Les volumes sont bien présents, mais nous rencontrons un décrochage sur les buy back." À ce sujet, le constructeur conserve son soutien financier jusqu'à fin 2027. Il encourage son réseau à inciter ses clients à conserver les véhicules du leasing social afin de réduire les retours massifs.

 

Des résultats encourageants

 

Pour autant, les premiers résultats semblent encourager le groupe. Au premier trimestre 2026, la plupart des marques ont amélioré leur rentabilité ou sont parvenues à la stabiliser. Par rapport à la même période en 2025, Opel gagne ainsi 2,4 points, passant de -3,7 % à -1,3 %, tandis que Fiat progresse de 1,3 point, à -0,9 %. DS Automobiles améliore également sa performance de 0,6 point pour atteindre -1 %.

 

Seule Peugeot fait exception. La marque au lion voit sa rentabilité reculer de 0,6 point et repasse dans le rouge, à -0,2 %, après avoir affiché +0,4 % un an plus tôt.

 

Malgré cette situation encore contrastée, le message délivré à Paris était sans ambiguïté : Stellantis veut désormais faire du redressement économique de son réseau une priorité. Après plusieurs années de tensions, le constructeur semble avoir compris qu'il ne pourra retrouver durablement de la croissance sans l'adhésion de ses distributeurs.

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