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Distribution

Rentabilité réseaux 2025 : Toyota en tête de peloton

Publié le 29 avril 2026

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
De toutes les marques, y compris asiatiques, Toyota a enregistré la meilleure rentabilité en 2025. Avec 1,8 %, son réseau a passé une bonne année. C'est pas le cas chez les autres japonais. Si Suzuki limite la casse, cela a été plus compliqué chez Mazda et Nissan.
Toyota a enregistré la meilleure rentabilité de toutes les marques disponibles en France. ©DR

Toyota : l’élève modèle

Être désignée marque préférée des réseaux en 2025 dans le classement de Mobilians ne doit rien au hasard. Si Toyota n’a pas encore publié ses chiffres définitifs, Florian Aragon évoquait début 2026 une rentabilité comprise entre 1,9 % et 2 %, quand les distributeurs l’estiment plutôt entre 1,7 % et 1,8 %.

 

Un niveau parmi les plus élevés du marché, dans un contexte pourtant marqué par la baisse des volumes. Cette performance repose sur plusieurs leviers : fidélité des clients, développement soutenu du véhicule d’occasion et stratégie multitechnologique. "Nous ne proposons pas uniquement de l’électrique, ce qui nous donne une base plus équilibrée", souligne Florian Aragon.

 

 

Côté réseau, la situation est jugée saine sur l’ensemble des activités. La gamme hybride, cœur de l’offre Toyota, continue de rencontrer un fort succès.

 

À l’inverse, la faible exposition à l’électrique est perçue comme un atout : les retours de véhicules hybrides génèrent des VO plus valorisables, là où l’électrique pèse sur les marges.

 

Porté par un parc roulant en forte croissance depuis dix ans, le réseau bénéficie également d’une activité après-vente solide, renforçant la résilience du modèle.

 

Lexus  : volonté de mieux faire

©Adobe Stock

 

Dans la foulée de sa maison mère, Lexus affiche une performance correcte avec une rentabilité de son réseau à 0,95 %. La marque premium du constructeur nippon enregistre des résultats commerciaux plutôt solides, avec 6 150 véhicules neufs et 4 500 VO immatriculés en 2025 en France, portés par son modèle phare, le LBX.

 

Des chiffres solides pour le réseau, mais insuffisants. "La rentabilité n’est pas dans les objectifs du constructeur, précise un distributeur Mais, les volumes doivent s’améliorer en 2026".

 

Lexus s’est donné pour mission d’améliorer sa rentabilité et, plus globalement, ses performances pour 2026, en misant avant tout sur les volumes, tant VN que VO. Ainsi, la marque premium souhaite franchir la barre des 7 000 VN et des 5 600 VO en 2026.

 

 

Mazda : une année à l’équilibre

2025 a été une année neutre pour le réseau Mazda. La rentabilité est en effet à l’équilibre, "à 0,05 %", annonce le constructeur.

 

La légère baisse de volume VN (-3 %) a pesé sur la rentabilité, mais le plan déployé et l’amélioration de la rentabilité de l’après-vente ont permis de limiter l’impact au niveau de la rentabilité.

 

Mazda a également accompagné le réseau avec le maintien des marges variables au premier semestre et une prise en charge de certaines dépenses de communication. Pour en revenir à l’après-vente, ces activités représentent aujourd’hui 56 % des marges contributives des sites, confirmant leur rôle central dans la rentabilité.

 

 

Par ailleurs, Mazda estime qu’il existe encore des leviers à optimiser, notamment le parc 10 ans, qui est à 50 % "non traité".

 

En 2026, le constructeur vise notamment la simplification des opérations commerciales. Les marges sont désormais harmonisées pour l’ensemble des modèles, facilitant la compréhension et le pilotage. La marge variable a également été revue. Enfin, la prime de volume est élargie aux professionnels, une évolution destinée à dynamiser ce segment.

 

Nissan :  la traversée du désert

Au sein du réseau Nissan, la déprime est de mise. En l’absence de chiffres précis, la plupart des distributeurs s’avancent pour dire que la rentabilité s'affiche en négatif.

 

Pour un professionnel souhaitant rester anonyme, le problème majeur réside dans la baisse des volumes de vente de véhicules neufs, où il y a "de véritables trous dans la raquette" au sein de la gamme.

 

Ces faibles volumes sont également dus à une gamme électrique dont les prix freinent la demande. "Si vous prenez l’ancienne Micra essence, j’en vendais entre 70 et 80 par an pour un prix inférieur à 20 000 euros. Aujourd’hui, la Micra électrique est à 30 000 euros, démontre un concessionnaire.

 

 

"La part de marché des VE reste encore faible, donc nous ratissons beaucoup moins large, avec des voitures beaucoup plus chères et des marges plus faibles. Pour vous donner une idée, sur une Micra, c’est 5 % de marge", ajoute-t-il.

 

Le VO a toutefois permis de limiter la casse. Certains distributeurs Nissan ont acheté davantage de véhicules d’occasion chez le constructeur. "Nous avons multiplié par trois ou quatre nos achats VO pour compenser la baisse des ventes VN " explique un distributeur.

 

Suzuki : limiter les dégâts

Malgré une année compliquée, le réseau Suzuki arrive à tirer son épingle du jeu. Certes, la rentabilité est moins élevée que celle de 2024, mais à 0,43 %, elle reste bien supérieure à celle de nombreuses enseignes.

 

 

La principale raison de cette baisse est la contraction des ventes VN. Elles ont ainsi reculé de 16,3 %, sous l’effet d’une gamme qui s’est réduite comme peau de chagrin, ce que regrette le réseau. L’arrivée de l’e-Vitara dans les concessions pourrait redonner un peu de baume au cœur.

 

(avec Gredy Raffin et Jean-Baptiste Kapela)

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