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Automobile : un tandem franco-allemand pour un lobbying plus efficace à Bruxelles

Publié le 9 avril 2024

Par Christophe Bourgeois
4 min de lecture
Mobilians en France et la ZDK en Allemagne s'associent pour mieux faire entendre leurs voix à la Commission européenne. Les deux fédérations, qui représentent plus 900 000 emplois dans les services automobiles en Europe, veulent peser dans les décisions européennes.
Automobile : un tandem franco-allemand pour un lobbying plus efficace à Bruxelles
De gauche à droite : Docteur Kurt Christian Scheel, directeur général de la ZDK, Arne Joswig, président de la ZDK, Xavier Horent, directeur général de Mobilians et Dorothé Dayrault, directrice des affaires publiques et de la communication de Mobilians. ©Journal de l'Automobile

Mobilians et son homologue allemand, la ZDK (Zentralverband Deutsches Kraftfarhrzeuggewerbe) ont annoncé aujourd’hui, le 9 avril 2024, à Bruxelles, une étroite collaboration dans le but de peser fortement auprès des institutions européennes. L'objectif de cette association est de mener des actions de lobbying à la Commission européenne.

La ZDK, fondée en 1909, représente 36 170 concessionnaires et ateliers en Allemagne, 430 000 emplois et un chiffres d’affaires de 207 milliards d’euros. De son côté, Mobilians représente 180 000 entreprises et près de 500 000 emplois dans les services de l'automobile en France.

Lire aussi : Mobilians quitte le Cecra pour mener son propre lobbying à Bruxelles

 

Jusqu’à présent, ces deux organismes, qui étaient membres du Cecra, estimaient que leur voix n’était pas assez entendue par Bruxelles. De fait, les actions de lobbying, au Parlement comme à la Commission européenne, concernent essentiellement les constructeurs automobiles. "Même si elle représente un tiers des investissements en Europe, l'automobile ne se résume pas uniquement à son activité industrielle", résument Xavier Horent, directeur général de Mobilians et Arne Joswig, président de la ZDK.

Une feuille de route commune

 

Ils ont donc édité un document commun, appelé "Automobile et mobilité en Europe : Allons de l’avant !", une feuille de route pour promouvoir la filière automobile, alors que se profilent les élections européennes, le 9 juin 2024.

 

Ce document s’articule sur sept axes : la décarbonation du parc automobile, la gestion durable du parc roulant, la compétitivité des entreprises de l’automobile, la préservation du maillage en Europe, la formation et la montée en puissance des compétences, l’innovation et l’évolution des méthodes de travail au niveau européen.

 

Lire aussi :  "Le barycentre de la filière automobile s’est déplacé vers les services"

 

"Depuis le Dieslegate, le monde automobile n’a connu que des situations compliquées : le Covid, la pénurie des semi-conducteurs, la situation géopolitique...,  énumère Xavier Horent.  Ce à quoi se sont ajoutées des réglementations européennes avec le Green Deal et le Fit for 55  sans que des études d’impact sur ces mesures n’aient été réalisées."

 

"La mise en place de la politique européenne a eu pour conséquences l’augmentation du prix des véhicules, des difficultés de souveraineté sur les métaux stratégiques pour mener à bien cette décarbonation, le manque d’industrialisation pour répondre aux besoins des constructeurs et l’arrivée de nouveaux acteurs, principalement chinois, mettant à mal la souveraineté européenne", résume-t-il.

Faire un lobbying stratégique pour Bruxelles

 

Mobilians et la ZDK souhaitent donc être un partenaire stratégique auprès des institutions européennes et mettre en place des études d’impacts sur les mesures enclenchées. "Trop de décisions ont été prises sans que les parties prenantes n'aient été consultées", regrette Arne Joswig.

 

Surtout, ils militent pour une politique à moyen terme afin que le monde de l’automobile et les clients puissent avoir de la visibilité. Arne Joswig prend l’exemple de l’Allemagne qui a brutalement arrêté les subventions pour les voitures électriques en décembre 2023. Résultat, les ventes se sont effondrées de 14 % sur les trois premiers mois 2024.

Une mobilité individuelle et abordable

 

"La décarbonation n’est plus un sujet de discussion. Nous ne remettons pas en cause 2035, mais nous faisons appel à Bruxelles pour une nouvelle vision de la mobilité abordable et durable. Les clients qui ont été oubliés dans les politiques de décarbonation, doivent avoir de la visibilité et disposer de produits et de services adaptés à leurs attentes et à leurs besoins", insistent les deux représentants.

 

"Le monde automobile ne doit plus subir, ont-ils poursuivi. C’est une activité industrielle et de services stratégique pour le 21è siècle qui tracte l’innovation. Nous devons renouer une nouvelle relation de confiance, mettre en place un New deal." Les deux organismes souhaiteraient d’ailleurs mettre en place un forum sur le sujet dans les semestres à venir.

 

Ils rappellent que le parc automobile européen représente 360 millions de véhicules ; il est soumis à des réglementations très hétérogènes, avec une moyenne d’âge d’environ de douze ans et ne cesse de vieillir.

La bataille des données

 

La décarbonation n'est pas le seul sujet qui préoccupe les deux organismes. "La révolution que connait l’automobile est beaucoup plus large que les questions environnementales", souligne Xavier Horent. Ils ont également une approche commune sur la gestion des données qui sera dans les prochaines années, un enjeu majeur.

 

 

 

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