Essai Peugeot 408 : trouver une place

Malgré un indéniable caractère, la Peugeot 408, apparue fin 2022 sur le marché, n'a pas vraiment trouvé son public. En effet, en 2025, seulement 35 000 unités environ ont pris la route au global. La France a compté pour 4 647 unités dans ce total.
La Turquie a aspiré le plus gros de la production du site de Mulhouse (68) avec environ 15 000 modèles écoulés dans l'année. La tendance n'est logiquement pas meilleure au premier trimestre 2026.
En effet, le modèle recule de 6,9 % dans l'Hexagone, totalisant 1 352 immatriculations, dont seulement 150 unités de la version 100 % électrique. Malgré son appétence théorique pour le BtoB, la 408 n'a séduit que 260 professionnels en trois mois, eux qui ont pourtant basculé vers les modèles électriques.
Seulement 456 km d'autonomie
Pour tenter de relancer la machine, cette 408 cuvée 2026 s'offre de nouveaux traits. La face avant a totalement été revue avec un bouclier et une calandre qui proposent une nouvelle signature lumineuse, mettant toujours en valeur les trois griffes et le logo maintenant éclairé. Même évolution à l'arrière où la marque Peugeot apparaît en toutes lettres, éclairée elle aussi, sur un bandeau entre les feux.
L'habitacle évolue aussi légèrement avec de nouveaux matériaux et de nouveaux sièges mais les fondamentaux demeurent, avec notamment l'i-Cockpit 3D.
La berline fastback du Lion ne manque donc pas de personnalité et de caractère mais elle paye, en quelque sorte, des choix techniques passés. En effet, elle repose sur une plateforme EMP2 modifiée pour l'électrique, comme la 308. Contrairement au SUV e-3008 qui s'appuie sur la plateforme STLA Medium, pensée dès le départ pour l'électrique.
Même si cette 408 est bien suspendue et agréable à conduire, car elle est aussi plus légère que le SUV (de 1 544 à 1 979 kg), elle a du mal à suivre la course à l'armement actuelle. Notamment sur l'électrique. Impossible pour elle de mettre plus de cellules et de modules que les 18 actuels.
Avec sa batterie de 58,3 kWh, l'e-408 et ses 213 ch (157 kW) offrent une autonomie WLTP de 456 km. C'est peu malgré une belle efficience liée à une consommation de 14,7 kWh/100 km annoncée.
Mais Peugeot se défend : "Cette autonomie répond aux besoins de la majorité des clients du segment C qui parcourent en moyenne 45 km par jour selon les études." Le Lion et les études n'ont pas tort, mais la course à l'autonomie est devenue un argument massue même si l'usage réel est bien différent.
Le raisonnement vaut aussi pour la recharge avec seulement 120 kW en recharge rapide, ce qui autorise un 20 à 80 % en 30 minutes. Là encore, ces valeurs ne sont pas flatteuses et un e-3008 fait mieux.
L'hybride léger domine les ventes
Maintenant affublée de la dénomination commerciale Plug-in Hybrid 240, la variante hybride rechargeable ne cache finalement rien de nouveau sous le capot. Il s'agit toujours du bloc 1.6 turbo de 180 ch associé à un moteur électrique de 92 kW et une batterie de 14,6 kWh.
Ce groupe motopropulseur peut offrir jusqu'à 85 km d'autonomie électrique. Là encore, c'est insuffisant face à la concurrence qui est souvent au-delà des 100-120 km. La "lionne" affiche une consommation WLTP de 2,6 à 2,9 litres, soit des émissions de CO2 comprises entre 56 et 60 g/km.
Une variante qui n'est pas aidée par la fiscalité qui a largement fait sortir les hybrides rechargeables du marché français avec le malus au poids notamment.

©Peugeot
Finalement, la majorité des ventes (près de 80 % au global en 2025 et 61,7 % en France au T1 2026) est assurée par la proposition en hybride léger, rebaptisée Hybrid 145 Auto. Il s'agit toujours du trois cylindres électrifié en 48 V qui permet d'annoncer une consommation de cinq litres, soit des émissions de CO2 de 113 à 116 g/km.
La concurrence (même interne) fait mieux
Au final, en rendant les clés de cette 408, des sentiments contradictoires s'affrontent. À son indiscutable agrément de conduite viennent se heurter les carences de sa fiche technique.
Si l'usage réel des automobilistes conditionnait leur achat, la 408 aurait sa chance, mais bien souvent les réassurances (souvent inutiles) l'emportent.
D'autant que la "lionne" s'affiche en entrée de gamme à 38 500 euros (Hybrid 145) et à 49 700 euros pour la version haut de gamme PHEV.
L'électrique s'échange entre 43 900 et 49 700 euros. Un Renault Scenic grande autonomie (625 km) débute à 42 160 euros et le Peugeot e-3008, avec 526 km d'autonomie, débute à 42 140 euros. La vie de la 408, même revisitée, ne s'annonce pas comme un long fleuve tranquille.
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