Essai Denza Z9GT : une démonstration de force

Ceci n'est pas une voiture, ceci est un manifeste. Avec la Z9GT, Denza, la marque haut de gamme du chinois BYD, ne veut pas se présenter comme une marque premium comme les autres, mais bien marquer une rupture. Et par la même occasion, s'imposer comme la nouvelle référence sur un marché très concurrentiel et dominé par des acteurs ayant des décennies d'histoire derrière eux.
Avec un style proche d'une Porsche Taycan, il n'est pas très difficile de deviner qui est la cible de la Z9GT, mais la comparaison avec le fleuron électrique du constructeur allemand s'arrête là. Car Denza transcende la voiture électrique avec une batterie LFP et des technologies uniques sur le marché.
À commencer par sa capacité de charge, celle qui sera probablement la plus utile sur le marché européen. Là, fini le tuyau d'arrosage pour remplir une piscine, Denza passe à la vitesse supérieure et promet une recharge complète en dix minutes. Cette promesse "Prêt en 5 mn, rechargé en 9 mn, (+3 mn) par temps froid" n'est pas qu'un vain concept marketing. Grâce à sa puissance de recharge de 1 000 kW, la Z9GT peut passer de 20 % à 97 % en douze minutes.
Une autonomie dans la moyenne
Paradoxalement, cette nouvelle génération de batterie "maison" de 112 kWh n'affiche qu'une autonomie de 600 km, ce qui paraît relativement modeste eu égard à la débauche de technologies sur le véhicule. Mais avec un temps de recharge aussi rapide, l'autonomie importe moins. BYD promet une version propulsion d'ici à la fin de l'année qui permettra d'atteindre les 800 km.
La batterie alimente trois moteurs, un à l'avant, d'une puissance de 230 kW (313 ch) et deux à l'arrière, développant chacun 310 kW (422 ch), ce qui donne une puissance totale de 1 156 ch pour un couple de 1 120 Nm ! Pour rappel, la première voiture à avoir dépassé les 1 000 ch (en thermique) était la Bugatti Veyron en 2005.
La Z9GT ne se résume pas à une capacité de recharge ultrarapide et à des performances démesurées. Elle embarque à son bord une multitude de fonctionnalités regroupées sous la plateforme e3. Au cœur de ce système, le Vehicle Motion Control (VMC) agit comme un véritable cerveau électronique, coordonnant en seulement dix millisecondes le freinage, la suspension et la direction pour un contrôle ultraprécis des mouvements du véhicule.
Des roues "intelligentes"
Cette réactivité permet à la Z9 GT de gérer des situations critiques, comme l’éclatement soudain d’un pneu à haute vitesse. En un instant, le système redistribue le couple et la puissance sur les roues intactes, corrige la trajectoire et limite le lacet, garantissant une stabilité maximale jusqu’à 180 km/h.
Autre atout spectaculaire : ses quatre roues directrices pilotées indépendamment. Les roues arrière peuvent tourner dans le même sens que les roues avant pour améliorer la stabilité, en sens inverse pour réduire le rayon de braquage, ou encore permettre une "marche en crabe" jusqu’à 8,5° pour se déplacer latéralement. Résultat : malgré plus de 5,18 m de long, la Z9GT affiche un rayon de braquage record de 4,62 m, digne d’une citadine.
Enfin, la plateforme e3 autorise un stationnement autonome, pilotable depuis l’habitacle ou à distance via un smartphone. Une démonstration technologique impressionnante mais non homologuée en Europe !
Plus limousine que sportive
Et au volant ? Avec ses 1 156 ch, la Denza Z9GT promet de catapulter ses presque trois tonnes comme une fusée. Launch control enclenché, suspension abaissée, pied gauche libéré et c’est le décollage : 0 à 100 km/h en 2,9 s mesurés. Impressionnant sur le papier… un peu moins volant en main. Car sous la poussée, la grosse GT chinoise se met à louvoyer, tandis que sa direction, un brin floue, n’inspire pas toujours confiance.
Dans les virages, son cerveau électronique mouline à toute vitesse pour garder le cap. ESP off ? Il veille quand même. ESP on ? Il coupe net l’accélération au moindre geste brusque. Résultat : une conduite ultrafiltrée, parfois artificielle, loin des sensations d’une Porsche Taycan Turbo, sa concurrente directe. Bref, une vitrine techno spectaculaire, plus limousine supersonique que vraie sportive.
Voyage en première classe
À l'intérieur, la qualité des matériaux et de l'assemblage est irréprochable. Nous sommes bien à bord d'un véhicule de standing. Le confort des sièges l'est tout autant. La planche de bord s'articule autour d’un écran central de 17,3'' positionné en suspension. Celui-ci est complété par deux écrans de 13,2'', l’un dédié aux informations de conduite et l’autre aux interactions du passager avant. Un affichage tête haute en réalité augmentée de 50'' vient compléter l'ensemble.
À l'arrière, le confort est digne d'une limousine (empattement : 3,12 m) avec un espace aux jambes adapté à toutes les morphologies. Enfin, la Denza Z9GT, qui se veut un palace ambulant, offre un coffre de 495 l avec un frunk à l'avant de 53 l pour ranger les câbles.
Avec la Z9GT, Denza est clairement dans la démonstration de force. Mais à partir de 115 000 euros pour cette version électrique, on se demande quelle sera la cible pour un modèle d'une marque sans aucune image. Et si la version hybride rechargeable (776 ch – 1 075 Nm) et ses 200 km d'autonomie (batterie de 63 kWh) est facturée à "seulement" 105 000 euros, elle hérite d'un malus au poids d'environ 30 000 euros.
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