Volvo Cars : le rebond attendu laisse place aux pertes et à 2 500 suppressions de postes

Le rebond espéré n'est pas arrivé. En juillet 2026, Volvo Cars espérait retrouver le chemin de la croissance pendant ce second semestre de l'année. Mais la publication des résultats pour le compte du troisième trimestre, ce vendredi 23 octobre 2026, douche les ambitions du constructeur et des marchés financiers. Le constructeur suédois, contrôlé par Geely, accuse une perte nette de 5,7 milliards de couronnes, soit près de 513 millions d'euros, contre un bénéfice de 4,5 milliards de couronnes un an plus tôt. Son chiffre d’affaires recule de près de 23 %, à 66,9 milliards de couronnes, contre 86,4 milliards au troisième trimestre 2025. La perte d’exploitation atteint 5,6 milliards de couronnes, pour une marge opérationnelle de -8,4 %, contre +7,4 % un an plus tôt. La trésorerie subit une dégradation similaire avec un free cash flow de -8,9 milliards de couronnes, soit environ -800 millions d'euros.
La Chine et les États-Unis plombent les résultats
"Les faibles performances enregistrées aux États-Unis et en Chine signifient que la moitié de nos activités ne contribuait pas à notre rentabilité", explique Håkan Samuelsson, directeur général de Volvo Cars, sur le départ. En Chine, le chiffre d’affaires du constructeur a chuté de près de 50 % sur un an. Volvo Cars décrit une concurrence exacerbée des nouvelles marques locales, accompagnée d’une forte pression sur les prix. Une situation qui, selon son dirigeant, a pratiquement supprimé les possibilités de rentabilité des marques premium historiques.
Aux États-Unis, les droits de douane et la suppression des aides à l’achat de véhicules électrifiés pèsent sur les marges. Les comptes trimestriels intègrent aussi une réévaluation négative de 1,1 milliard de couronnes des crédits réglementaires CAFE, liée aux évolutions de la législation américaine. À ces difficultés s’ajoutent une évolution défavorable des matières premières et une charge de 900 millions de couronnes correspondant à la prise en compte des pertes de Polestar au deuxième trimestre 2026.
2 500 postes supprimés et des économies attendues fin 2027
Face à cette dégradation, Volvo Cars renforce son plan de redressement avec un objectif de 5 milliards de couronnes d’économies supplémentaires sur les dépenses indirectes et les coûts variables. Ces mesures s’ajoutent aux précédents programmes de réduction des coûts, que le constructeur indique avoir achevés. Elles entraîneront la suppression d’environ 2 500 postes dans le monde, dont 2 000 en Suède. Le groupe prévoit de mettre fin à des contrats de consultants, de s’appuyer sur les départs naturels et de proposer des dispositifs de départ ciblés aux salariés. Volvo Cars entend également adapter ses effectifs de production aux volumes actuels en utilisant les dispositifs de flexibilité existants.
L’objectif est de réduire le seuil de rentabilité et d’améliorer les flux de trésorerie. Les effets financiers complets sont attendus d’ici à la fin de 2027. À cette échéance, les dépenses indirectes du constructeur devraient avoir diminué de près de 25 % par rapport à 2024.
Une organisation industrielle plus étroitement liée à Geely
La restructuration concerne aussi l’outil industriel. Volvo Cars prévoit de concentrer sa production sur cinq usines dédiées à sa marque dans le monde. Pour les sites de Chengdu, en Chine, et de Gand, en Belgique, le groupe étudie avec Geely la possibilité d’un assemblage multimarque. Le rapprochement doit également porter sur les achats et les composants. Volvo Cars veut élargir sa base de fournisseurs communs avec le groupe chinois et accroître l’utilisation de pièces matérielles partagées entre les véhicules.
La réduction des coûts s’accompagne d’une offensive produit. Volvo Cars annonce treize nouveaux véhicules d’ici à la fin de 2030, avec des offres adaptées à l’Europe, aux États-Unis et à la Chine, ainsi qu’une production davantage localisée. En Europe, le constructeur peut s’appuyer sur une meilleure résistance de son activité électrique. Les modèles à batterie représentent 45 % de ses ventes dans la région au troisième trimestre. À l’échelle mondiale, leur part atteint 32 %, contre 22 % un an auparavant. En incluant les hybrides rechargeables, les véhicules électrifiés pèsent 53 % des ventes, contre 46 %.
L’EX60 a recueilli plus de 50 000 commandes européennes. Volvo Cars estime qu’il figurera parmi ses modèles les plus rentables, mais reconnaît une montée en cadence plus lente que prévu, liée notamment à l’introduction de la technologie d’intégration de la batterie à la structure du véhicule, dite "cell-to-body".
Des hybrides rechargeables aux États-Unis, des technologies chinoises en Chine
Sur le marché américain, Volvo Cars réorganise ses activités commerciales en quatre régions pour accélérer les décisions et soutenir les ventes. Le constructeur accélère aussi le lancement en production des versions hybrides rechargeables à grande autonomie des XC90 et XC60. Leurs livraisons doivent commencer en Europe dès cette année, puis aux États-Unis. La production du XC60 sera localisée à Charleston au premier trimestre 2027. Un second véhicule entièrement nouveau, proposé avec plusieurs motorisations, doit y être industrialisé d’ici à la fin de la décennie.
En Chine, la réponse passera par une coopération plus étroite avec Geely. Les deux premiers des six nouveaux modèles conçus pour ce marché seront dévoilés et entreront en production à la mi-2027. Ils utiliseront une architecture technologique chinoise et les dernières technologies d’aide à la conduite. Après avoir renoncé en 2024 à vendre uniquement des véhicules électriques en 2030, Volvo Cars adapte ainsi plus nettement sa stratégie aux réalités régionales : l’électrique en Europe, un soutien accru des hybrides rechargeables aux États-Unis et une intégration technologique renforcée avec Geely en Chine.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
