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Constructeurs

L’ACEA s’inquiète de la position du Parlement sur les objectifs de baisse des émissions de CO2

Publié le 31 janvier 2022

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Alors que le Parlement européen souhaite accélérer la baisse des émissions de CO2, l’ACEA demande un peu de cohérence dans les discussions avec le règlement sur les infrastructures de recharge. Il faudrait notamment plus de 7 millions de bornes de recharge contre un peu plus de 200 000 à ce jour.
L'ACEA s'inquiète du manque de cohérence entre la Commission et le Parlement européen sur les objectifs de baisse de CO2 et les infrastructures de recharge.
L'ACEA s'inquiète du manque de cohérence entre la Commission et le Parlement européen sur les objectifs de baisse de CO2 et les infrastructures de recharge.

Irréaliste ! Le directeur général de l’ACEA, Erik-Mark Huitema a décidé de durcir le ton face à la position du Parlement européen de renforcer les objectifs de baisse des émissions de CO2 par rapport à la proposition de la Commission européenne. La réponse, face à cette proposition en date du 14 décembre 2021, tend à montrer l’impossible mise en œuvre d’objectifs intermédiaires. Si l’objectif final reste d’atteindre le 0 émission en 2035, le rapporteur nommé pour Parlement européen, Jan Huitema, du parti Renew, propose quant à lui de fixer des objectifs intermédiaires à partir de 2025.

 

L'Europe, toujours en manque de bornes

 

L’ACEA pointe du doigt les incohérences de cette proposition. D’autant que deux règlements distincts, sur le CO2 d’une part et sur les infrastructures d’autre part, n’évoluent pas dans la même direction et sur le même calendrier. "Les objectifs de CO2 mentionnés dans le projet de rapport de l'eurodéputé Jan Huitema sont malheureusement irréalistes. La proposition de la Commission visant à réduire de 55 % les émissions de CO2 d'ici 2030 (par rapport à 2021) est déjà très ambitieuse. Elle ne serait réalisable qu'avec une augmentation massive de l'infrastructure pour atteindre un total de quelque 7 millions de chargeurs, contre les 3,9 millions proposés par la Commission et un peu plus de 200 000 disponibles aujourd'hui", précise le directeur général de l’ACEA.

 

A lire aussi : L'Europe en manque de bornes de recharge rapide

 

 

 

Avec la proposition du rapporteur au Parlement, ces 7 millions de chargeurs ne seraient même pas suffisants. Pour mémoire, ce dernier propose, en effet, de baisser de 25 % les émissions de CO2 pour les voitures particulières en 2025 (contre 15 % prévus initialement dans le texte de la Commission européenne) et de 20 % pour les véhicules utilitaires légers contre 15 % également envisagés par Bruxelles.

 

Par ailleurs, le rapporteur voudrait introduire une nouvelle étape intermédiaire en 2027. A cette date, les constructeurs automobiles devront respecter un nouvel objectif correspondant à une baisse de 45 % des émissions enregistrées en 2021 pour les voitures particulières et de 40 % pour les utilitaires légers.

 

"Il ne reste que trois ans jusqu'en 2025, et ce, en supposant qu'un accord final sur les objectifs de CO2 puisse être conclu cette année. L'ACEA partage donc l'avis de la Commission selon lequel les objectifs de 2025 doivent rester inchangés", rétorque Erik-Mark Huitema. "Si l'Europe continue à changer d'avis sur les objectifs de réduction des émissions de carbone tous les deux ans, nous risquons d'assister à une vaste agitation sociale. Nous avons besoin d'une action décisive sur le changement climatique, cela ne fait aucun doute, mais nous ne pouvons pas risquer de perdre le soutien du public en rendant la mobilité personnelle inabordable pour de nombreux Européens", conclut Erik-Mark Huitema.

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