La balance commerciale automobile européenne penche désormais en faveur de la Chine

En six ans, l’Europe est passée d’un large excédent à un déficit face à la Chine. Pour la première fois en 2025, les importations de voitures chinoises vers l'Union européenne ont dépassé les exportations européennes vers Pékin, selon une analyse du cabinet EY publiée vendredi 20 mars 2026.
Les ventes de véhicules et de pièces de l'UE vers la Chine ont chuté de 34 % en 2025, à 16 milliards d'euros, tandis que les importations chinoises ont augmenté de 8 %, à 22 milliards. Résultat : l'excédent commercial de 23 milliards affiché en 2019 avec la Chine s'est mu en déficit de six milliards l'an dernier.
Cette évolution se fait également sentir en Allemagne, pilier de l'industrie automobile européenne. En 2025, la Chine n'était plus que le sixième marché d'exportation pour les constructeurs allemands, contre le second en 2024. Les ventes vers la Chine ont été divisées par plus de deux depuis 2022, passant de 30 milliards à 13,6 milliards d'euros, tandis que les importations chinoises ont bondi de deux tiers, à 7,4 milliards.
Les véhicules chinois concurrencent les marques allemandes
"Si ces tendances se poursuivent, importations et exportations pourraient s'équilibrer dès 2026", souligne Constantin Gall, du cabinet EY. Interrogé en conférence de presse régulière, un porte-parole du ministère de l'Économie n'a pas souhaité commenter l'étude d'EY.
À l'instar du géant BYD, qui produit des véhicules 100 % électriques, les constructeurs chinois restent encore en difficulté sur le marché allemand, où Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW défendent pour l'instant leurs parts de marché.
Sur d'autres marchés européens, en revanche, ils enregistrent des succès notables, prenant alors des parts de marché aux marques allemandes. "La concurrence va s'intensifier et la pression sur le site automobile allemand va continuer d'augmenter en 2026", prévient Constantin Gall.
Le secteur automobile allemand sort d'une année 2025 marquée par la poursuite de son déclin. Le chiffre d'affaires a reculé de 1,6 %, à près de 528 milliards d'euros, et l'emploi a chuté plus vite encore, de 6,2 %, soit près de 50 000 postes supprimés, pour atteindre 725 000 salariés, au plus bas depuis 14 ans.
Les équipementiers en première ligne
Les équipementiers sont les plus touchés : près d'un emploi sur quatre a disparu depuis 2019, avec des réductions notamment chez Bosch et ZF, et la fermeture de sites. Le ralentissement du passage à l'électrique y est pour beaucoup : de lourds investissements réalisés en prévision d'une forte augmentation des ventes de ces véhicules peinent à être rentabilisés, poussant certains constructeurs comme Porsche et Mercedes-Benz à réinvestir dans les moteurs thermiques.
L'an dernier, les groupes allemands ont obtenu un répit sur l'interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs en Europe d'ici 2035, mais au prix de fortes concessions. (Avec AFP)
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