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Constructeurs

Guillaume Sicard, Renault : "La R5 E-Tech participe à la transformation du marché"

Publié le 2 avril 2025

Par Christophe Jaussaud
7 min de lecture
Portée par ses modèles électriques et hybrides, la marque Renault a affiché une bonne performance au premier trimestre 2025 avec une part de marché VP-VUL de 19,1 %. Guillaume Sicard, le directeur du commerce France, fait un point d'étape après trois mois d'activité.
Guillaume Sicard
Guillaume Sicard, directeur du commerce France de Renault. ©Renault

Avec 71 573 immatriculations VP enregistrées au soir du premier trimestre 2025, la marque Renault affiche une croissance de 10,6 %. Alors que le marché total recule de 7,8 % selon les chiffres de AAA-Data. Autant dire que Guillaume Sicard, directeur du commerce France de Renault, peut être satisfait.

 

En ajoutant le VUL, dont la performance est toutefois en recul, la marque affiche une part de marché de 19,1 %, "en hausse de 1,7 point" souligne le directeur. De quoi rester leader du marché VP/VUL.

 

La performance est donc satisfaisante dans ce contexte, mais Guillaume Sicard reste prudent et concentré : "Nous devons confirmer notre performance mois après mois."

 

S'il avoue un niveau de commandes légèrement inférieur au premier trimestre 2025, "de quelques points", il estime qu'il n'y a pas "de décrochage du marché". Il va même plus loin, "sans la part du leasing social de l'année dernière, la baisse du marché est ramenée à 5 %."

 

70 % de conquête avec la R5 E-Tech

 

La bonne tenue de Renault doit beaucoup aux modèles électriques et hybrides. En effet, la marque revendique 21,5 % de part de marché sur le premier segment, et 33 % sur le deuxième.

 

Cette part sur le marché des hybrides est en hausse de dix points selon le directeur. "Il s'agit de deux segments essentiels pour la qualité de nos ventes, mais aussi pour le respect de nos objectifs CAFE", ajoute-t-il.

 

 

Sur le segment des électriques, la R5 E-Tech est une bonne contributrice à cette performance. La citadine, qui représente environ 3 000 unités par mois avec un prix moyen d'environ 31 000 euros, joue pleinement son rôle et les choses devraient encore s'améliorer avec la montée en puissance de la "petite" R5 avec la batterie 40 kWh qui représente déjà 35 à 40 % des commandes. Puis, avant l'été, l'entrée de gamme à 25 000 euros, la R5 Five, sera aussi dans les showrooms.

 

La R5 affiche un taux de conquête de 70 % et totalise, à fin mars, 9 187 immatriculations. Elle est par ailleurs 5e meilleure vente, toutes énergies confondues, sur le canal des particuliers avec 6 851 unités.

 

Au-delà des bienfaits du modèle pour Renault, Guillaume Sicard estime que "la R5 E-Tech participe à la transformation du marché".

 

Bientôt la R4 E-Tech

 

La performance du Scenic est aussi notable sur ce premier trimestre avec 4 396 immatriculations, dont 2 229 en BtoB. Le modèle perce donc dans le BtoB en étant en tête des ventes électriques sur ce canal.

 

Mais le chapitre électrique est encore loin d'être clos, puisque la R4 sera une réalité commerciale en juin et, dès la rentrée, les équipes de Renault vont commencer à travailler sur l'arrivée de la Twingo, durant la première partie de l'année 2026.

 

 

Les hybrides amènent aussi leur écot avec 33 % de part de marché. Dans le mix de la marque, les hybrides pèsent 52,8 % des ventes sur le trimestre, en évolution positive de 31 %.

 

Le Symbioz, exclusivement disponible en hybride, trouve sa place même si le directeur souligne que "l'installation d'un nouveau nom prend toujours un peu de temps." La performance hybride est également bonne sur le Captur dont 75 % des modèles cachent cette motorisation. Une part qui atteint 44 % sur la Clio.

 

Le Rafale, avec 2 265 immatriculations, participe également à cette trajectoire. Certes, les volumes sont plus restreints (2 265 unités), mais le modèle fait progresser la marque sur le segment D et affiche un taux de conquête de deux tiers.

 

 

L'ensemble de ces performances fait dire à Guillaume Sicard : "Nous sommes en ligne avec nos objectifs."

 

Dans l'éventualité où le marché continuerait de se tendre, avec notamment une agressivité sur les prix, Renault n'entend pas sacrifier de valeur. "Nous n'allons pas changer notre stratégie commerciale" indique le directeur, "mais cela ne nous empêche pas de travailler, par exemple, sur de nouvelles offres de financement."

 

Aujourd'hui, pour la R5, par exemple, 85 % des ventes se font au travers d'une LOA et passer à des offres locatives sur 4, 5 ou 6 années fait partie des possibilités futures.

 

Le VUL dans le dur

 

Si presque tous les voyants sont au vert sur le VP, le premier trimestre a été plus compliqué sur le VUL. En effet, Renault, qui reste leadeur avec une pdm de 27 %, recule de 21,4 % après trois mois d'activité, à 23 061 immatriculations.

 

Le directeur explique les raisons de cette contre-performance : "Nous sommes encore en phase de transition sur le Master où nous ne disposions que de 70 % des possibilités de la gamme. Mais avant l'été, nous arrivons à 90 %."

 

Ensuite, le directeur pointe un problème de production avec le Trafic. En effet, à cause d'un changement de fournisseur de boîtes automatiques, la production de ces modèles BVA a été stoppée pendant environ trois mois. Le problème est aujourd'hui réglé et les cadences remontent.

 

Enfin, le troisième point noir sur le VUL est la disparition du catalogue de l'Express, l'entrée de gamme en fourgonnette. Là en revanche, pas de solution à court terme car le modèle ne répondait plus aux normes GSR2. Ce modèle ne reviendra pas au catalogue. Conscient de ce manque, le directeur avoue qu'il faudra sans doute mettre des moyens sur ce segment pour rester compétitif.

 

L'impact du CEE dans le VUL

 

Quant à l'électrification des VUL, Renault indique atteindre environ 10 % de ses ventes aujourd'hui, alors qu'il vise 15 %. "Peut-être encore plus que sur le VP, il y a un besoin d'éducation à l'électromobilité dans l'univers du VUL", affirme Guillaume Sicard, pointant notamment du doigt la nécessaire explication de la fiscalité aux clients professionnels et des opportunités qu'elle peut faire naître.

 

 

Le directeur souligne que les récents CEE sont une aide précieuse dans cette volonté de croissance de l'électrification des VUL. Le constructeur a beaucoup travaillé sur le sujet pour pouvoir proposer des CEE dès le 3 mars 2025. Un travail de l'ombre qui a permis une intégration du process dès la commande dans le réseau.

 

Depuis cette date, Renault indique avoir traité 3 500 dossiers de CEE, très majoritairement dans le VP. Le système va encore être amélioré dans les jours à venir avec un décret qui va permettre d'intégrer les VD dans les CEE. Pour l'heure, 200 VUL ont bénéficié d'une aide.

 

Les objectifs demeurent

 

Enfin, l'assouplissement de l'Europe sur les normes CAFE, avec un lissage sur trois ans, ne modifie en rien les objectifs du constructeur sur l'électrique. Le directeur concède toutefois que cela pourrait ouvrir des opportunités, notamment sur le thermique, dans le cadre d'un pilotage très fin des ventes.

 

Quant à la concurrence chinoise, il veut plutôt y voir "une motivation supplémentaire pour toujours mieux travailler, toujours mieux réfléchir pour faire la différence et mieux répondre aux attentes des clients."

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