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Constructeurs

Continental et Ford font rouler la caravane du Tour de France à l’électrique

Publié le 27 juillet 2026

Par Romain Baly
4 min de lecture
Partenaire principal de la Grande Boucle depuis huit ans, le manufacturier allemand est aussi un acteur engagé de cet évènement. Depuis 2021, grâce au soutien de Ford, Continental déploie chaque été sur les routes du Tour de France une flotte de véhicules 100 % électrique, avec cette année la nouvelle Capri en tête d'affiche.
La caravane déployée cette année par Continental sur les routes du Tour de France comprenait une dizaine de véhicules mis à disposition par Ford, dont la nouvelle Capri. ©A.S.O. Morgan Bove
La caravane déployée cette année par Continental sur les routes du Tour de France comprenait une dizaine de véhicules mis à disposition par Ford, dont la nouvelle Capri. ©A.S.O. Morgan Bove

Alors que l'événement s'est conclu le 26 juillet dernier sur les Champs-Elysées par une cinquième victoire du coureur slovène Tadej Pogacar, la dernière édition du Tour de France a encore été un spectacle hors norme. Car au-delà de l'aspect sportif, pendant trois semaines, l'enjeu était aussi logistique. Monter et remonter les structures d'une ville à une autre, acheminer les équipes, transporter les techniciens ou les personnels d'accueil, tout cela nécessite une immense organisation pensée bien en amont et millimétrée pendant l'événement.

 

Mais ce paradis suspendu porte aussi en lui son lot de déconvenues, régulièrement mis en lumière par différentes polémiques. De la gestion des déchets, qui se comptent quotidiennement en dizaines de tonnes, aux flux de personnes, avec des millions de spectateurs suivant la course, en passant par l'impact environnemental de cette immense caravane, les sujets clivants ne manquent pas. Amaury Sport Organisation (ASO), aux manettes de la Grande Boucle, en a pleinement conscience et s'est engagé depuis plusieurs années à améliorer la situation.

 

Misant sur la sensibilisation plutôt que l'obligation, ASO entend notamment emmener ses partenaires dans des démarches plus vertueuses. Partenaire du Tour depuis 2018, Continental suit précisément cette voie. Si elle admet que les marques engagées sur ce chemin sont encore rares, Léa Lucas, responsable des partenariats et aux manettes du dispositif Tour de France depuis le début, note que "la problématique environnementale a toujours été intégrée à notre réflexion."

 

Le pari électrique de Continental

 

Hormis les goodies distribués (qui doivent avoir une utilité et pouvoir resservir), rien n'est vraiment défini et Continental a donc construit sa propre feuille de route. Sa caravane publicitaire, qui comprenait cette année un char, des véhicules légers et des utilitaires, a notamment fait l'objet d'une intense réflexion. Si l'électrique s'est rapidement imposé comme une évidence, sa concrétisation demeure aujourd'hui encore très perfectible avec 3 333 km officiels à parcourir mais près de 5 000 km en comptant les transitions, avec des arrivées et des départs parfois mal desservis en bornes.

 

"Les véhicules électriques ont mis énormément de temps à faire leur apparition dans la caravane, consent Léa Lucas. Nous, dès 2018, nous avons cherché des solutions." Il aura fallu attendre trois ans pour en trouver une. En 2021, Continental se rapproche de Ford pour intégrer dans sa flotte des modèles électrifiés de l'américain. Le premier fut alors une Mustang Mach-E, le véritable flagship de la firme à l'ovale, testée lors de deux étapes. Un essai rapidement validé. "Nous n'étions alors que la deuxième marque à prendre une telle initiative" rappelle encore Léa Lucas.

 

Dès l'année suivante, l'ensemble de la caravane du manufacturier (hormis son char) passait au zéro émission avec toutefois une contrainte de taille. "Nous nous sommes fait accompagner par un prestataire qui nous suivait avec un camion de recharge puisque nous n'avions pas accès à des bornes tout au long du parcours, précise Marie Brochard, responsable communication de Continental France. Aujourd'hui, les choses ont changé mais, ce qui demeure, c'est que l'électrique oblige à tout anticiper. L'improvisation n'est pas permise."

 

La Capri, nouvelle vitrine du dispositif

 

Désormais, tous les véhicules du géant d'Hanovre peuvent aller d'un point A à un point B sans rupture de charge même si Continental continue d'être soutenu par un prestataire spécialisé (Drop'N Plug). Mustang Mach-E, Explorer, Kuga et Transit, sa flotte d'une dizaine d'unités comprenait cette année les modèles les plus en vogue du constructeur américain. Avec toutefois une nouveauté qui n'est pas passée inaperçue puisque deux Ford Capri – un nom mythique dont la version contemporaine n'a plus rien à voir avec son illustre ancêtre des années 1970 et 1980 – ont été intégrées au dispositif.

 

Prenant désormais la forme d'un C-SUV coupé électrique de 4 634 mm de long, ce modèle, à l'instar de l'Explorer, est produit à Cologne, en Allemagne, et repose sur la plateforme MEB du groupe Volkswagen. Il bénéficie par conséquent des mêmes motorisations et batteries que celles employées pour les ID.4 et ID.5. Sa version de 286 ch (545 Nm de couple), associée à une batterie de 77 kWh, est commercialisée à partir de 49 400 euros.

 

À ce prix-là, la Capri dévoile une autonomie théorique de 627 km, pouvant même atteindre les 800 km en cycle urbain. Une sacrée prouesse alors qu'elle affiche plus de deux tonnes sur la balance. En outre, cette version de la Capri accepte jusqu’à 135 kW en charge rapide. De quoi recharger à 80 % la batterie en moins de 30 minutes. Des atouts forcément très importants pour le grand public et pour la caravane du Tour. Continental ne s'y est pas trompé.

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