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Constructeurs

Chery va ouvrir un centre de recherche et développement en France

Publié le 4 mars 2026

Par Christophe Bourgeois
4 min de lecture
Alors que les marques Omoda et Jaecoo commercialiseront officiellement leurs premiers modèles dans les semaines à venir, le constructeur chinois Chery annonce l'ouverture de son deuxième centre de recherche et développement en Europe. Il sera implanté à Paris.
Chery
Chery va ouvrir un centre de recherche et développement à Paris, le deuxième centre européen après celui de Francfort. ©AdobeStock

Alors que tous les constructeurs chinois n'ont ouvert que des filiales commerciales en France pour distribuer leurs modèles, Chery s'apprête à ouvrir un centre de recherche et de développement. Il sera installé en proche banlieue parisienne et emploiera rapidement une vingtaine de personnes.

 

 

Il s'agit de la deuxième entité européenne de la sorte pour le premier exportateur chinois de véhicules. "Le premier a été ouvert en 2018, à Francfort (Allemagne), rappelle Jochen Tüting, directeur général de Chery Europe. Il s'agissait d'un site qui a permis, plusieurs années avant la commercialisation de nos produits en Europe, d'analyser le marché et de mettre nos produits en conformité, non seulement d'un point de vue réglementaire, mais également de les adapter aux attentes des clients."

 

Paris planchera sur une plateforme B

 

Le site parisien travaillera en étroite collaboration avec celui de Francfort qui emploie plus de 80 personnes. "Nous allons partager nos ressources et coordonner les équipes, présente Jochen Tüting. "Le centre parisien va se concentrer sur les segments A et B, l'une des particularités du marché français. Chery ne dispose pas actuellement de plateforme A et B, mais il est indispensable pour nous de faire une proposition dans ce sens le plus rapidement possible. Il était donc tout à fait logique que nous nous appuyions sur une entité installée en France pour répondre à ce défi."

 

 

Un modèle du segment B, probablement sous le label Jaecoo qui, rappelons-le, avec Omoda, est une marque du groupe Chery exclusivement conçue pour les marchés d'exportation, sera disponible dans les deux ans à venir. "Ce type de modèle pourrait également intéresser l'Amérique du Sud, région dans laquelle Chery est très présent", glisse Jochen Tüting.

 

La France, un marché unique en Europe

 

Il rappelle en effet que la France, troisième marché européen, est à part en Europe. "Non seulement les constructeurs nationaux sont très forts, mais en plus la fiscalité est assez unique", analyse le dirigeant. Si l'on additionne les différentes taxes (malus au CO2, malus au poids, écoscore, fiscalité au sein des entreprises, etc.), cela peut effectivement donner le tournis à un constructeur étranger.

 

Une approche locale

 

Le centre de R&D de Paris aura trois missions : analyser le marché pour concevoir des véhicules adaptés ; les rendre conformes à la réglementation et à la fiscalité de chaque pays et s'appuyer sur un écosystème de fournisseurs locaux.

 

"Nous avons pour ambition de travailler le plus possible avec des sous-traitants européens", tient à rappeler Jochen Tüting. Chery a par exemple repris l'ancienne usine Nissan de Barcelone pour y assembler des modèles Ebro, une ancienne marque espagnole remise au goût du jour par le constructeur chinois.

 

Cette stratégie va-t-elle s'accompagner d'un partenariat avec un constructeur européen ? "Nous sommes très pragmatiques, souligne Jochen Tüting. Nous sommes ouverts à tout type de collaborations, y compris avec d'autres constructeurs, du moment qu'elles soient pérennes."

 

Une forte volonté de s'adapter aux marchés locaux

 

Cette stratégie, assez unique pour un constructeur chinois, montre une grande capacité d'adaptation. "En Chine, 60 % des acheteurs de véhicules neufs sont non seulement des primo-accédants à l'automobile, mais ils sont beaucoup plus jeunes, insiste Jochen Tüting. Le premier critère d'achat se fait sur la recommandation de son cercle proche et s'appuie sur le design. Ce qui explique en partie les gammes pléthoriques et le nombre de marques des constructeurs chinois, où la cannibalisation entre modèles n'existe pas."

 

Si aucune date n'a été confirmée, Chery ne cache pas son ambition d'ouvrir d'autres centres de recherche et développement en Europe, à l'instar de celui de Paris.

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